Le PQ appréhende un choc des valeurs

Québec — La leader parlementaire de l'opposition officielle, Diane Lemieux, estime que le nouveau gouvernement conservateur risque de conduire à «un choc des valeurs» avec la société québécoise.

Selon la députée péquiste de Bourget, le fait que Stephen Harper ait confié à l'albertaine Rona Ambrose le portefeuille de l'Environnement dont dépend l'application du protocole de Kyoto est inquiétant pour le Québec. «Symboliquement, il y a un potentiel de choc des valeurs», a-t-elle affirmé au cours d'un entretien téléphonique avec Le Devoir. Et c'est sans parler de l'abandon du programme des garderies annoncé hier.

Kyoto

On sait que le Parti conservateur remet en question le protocole de Kyoto et les cibles qu'il impose au Canada. Avant son élection à titre de députée fédérale d'Edmonton-Spruce Grove, Mme Ambrose était la responsable principale des affaires intergouvernementales au ministère des Relations internationales du gouvernement de l'Alberta. À ce titre, elle a défendu la position de l'Alberta dénonçant le protocole de Kyoto. Elle a aussi travaillé sur l'Accord sur le financement de la santé de 2004 et sur la réforme du Sénat.

Stockwell Day

De même, Mme Lemieux voit d'un mauvais oeil la nomination de Stockwell Day, cet ancien chef du Parti réformiste, à titre de ministre de la Sécurité publique. La leader a souligné que le Parti conservateur prône un durcissement envers les jeunes contrevenants et le renforcement du système judiciaire.

Diane Lemieux est du même avis que Jacques Parizeau, qui croit que le gouvernement Harper ne pourra sans doute pas remplir ses engagements d'accorder un plus grand rôle au Québec sur la scène internationale, notamment à l'UNESCO, et d'éliminer le déséquilibre fiscal. «Le Canada n'a pas changé de fond en comble», a-t-elle dit.

«Stephen Harper a mené une bonne campagne au Québec. Il a été très séduisant. Il a mis le doigt sur l'arrogance des libéraux et sur le déséquilibre fiscal. C'était fort attrayant pour du monde qui est quelque part dans le milieu. Mais il faut maintenant qu'il livre la marchandise», a fait valoir Mme Lemieux.

Quant à la présence québécoise au sein du cabinet, «c'était assez prévisible», à l'exception de la nomination d'un non-élu, Michael Fortier, à titre de ministre des Travaux publics, estime la députée.

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2 commentaires
  • Claude L'Heureux - Abonné 7 février 2006 16 h 28

    Michael... Fortier!

    Son prénom me fait déjà froncer les sourcils... français, imaginons le reste! Que de colonialisme derrière ces prénoms anglais de plus en plus répandus!

  • FARID KODSI - Inscrit 7 février 2006 22 h 52

    De quelles valeurs parle-t-elle, la députée?

    Des valeurs rétrogrades entourant le mariage gai, l'avortement, la légalisation de la drogue, la multiplication des séparations et des divorces, l'augmentation du nombre de familles monoparentales, l'établissement de commissions scolaires non confessionnelles, le décrochage scolaire des garçons, le suicide chez les jeunes. Si c'est là que la leader parlementaire de l'opposition officielle trouve les valeurs de son parti, il faut qu'elle réalise que la majorité des Québécois ne partagent pas ce genre de valeurs. Bien au contraire, ils luttent pour la promotion de valeurs à la fois humaines et religieuses, celles de la foi, de la famille, de l'union, de l'entraide et de la vie.