Barrage fluvial - Mulcair déçoit le président de la Société du Havre

Le président de la Société du Havre, Jacques Côté, déplore la mise au rancart définitive du projet de barrage fluvial par le gouvernement québécois, ce qui obligera les riverains du sud-ouest de la métropole, dit-il, à «se contenter de regarder passer le courant» qui s'écoulera, somme toute, en pure perte.

Dans une lettre qu'il a fait parvenir au Devoir, M. Côté, estime qu'il «serait un peu frustrant» qu'un des partenaires de la Société du Havre — le gouvernement québécois — n'attende même pas ses recommandations sur la pertinence de cet ouvrage avant de «tuer dans l'oeuf» une proposition qui, à son avis, aurait pu «redonner aux résidants du Sud-Ouest l'accès privilégié au fleuve qui leur a été littéralement dérobé au siècle dernier».

M. Côté réagissait à une déclaration faite la semaine dernière au Devoir par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, qui a déclaré que le projet de barrage fluvial présenté par la firme RSW ne verrait pas le jour et que le projet en question était définitivement mis de côté.

Première évaluation

Une première évaluation de ce projet par des biologistes gouvernementaux indiquait qu'il s'agirait d'un des projets les plus dévastateurs qui soient pour les espèces menacées ou vulnérables du Saint-Laurent parce qu'il les priverait de leur dernier corridor migratoire en même temps qu'il fermerait l'accès à des dizaines d'autres espèces qui frayent présentement dans le rapide Sainte-Marie, un des deux derniers de l'amont du fleuve.

Certes, reconnaît le président de la Société du Havre, le ministre Mulcair a raison de dire que la décision d'aller ou pas de l'avant avec ce projet relève ultimement d'Hydro-Québec. Mais, sans aller jusqu'à dire que le ministre Mulcair a fait oeuvre de précipitation, le président de la Société du Havre précise que cette dernière aurait préféré pouvoir, le cas échéant, produire ses recommandations sur ce projet désormais mort-né.

M. Côté termine sa missive en disant douter que les riches clubs nautiques du lac Saint-Louis accueillent les enfants de Pointe-Saint-Charles dans leurs écoles de yachting, l'accès à un lac fluvial artificiel lui apparaissant comme la meilleure façon de faire apprécier le fleuve aux résidants de ce quartier de la ville. Ce dernier est situé tout près du bassin de Laprairie, un autre lieu de nautisme populaire.

Ces enfants, conclut le président de la Société du Havre, auront, avec la mort du projet, «la consolation de savoir que, tout en bas de l'escarpement, les chevaliers cuivrés et les anguilles peuvent jouir de l'usage exclusif du fleuve sans avoir à s'embarrasser d'une passe à poissons, si efficace soit-elle».

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