La place du privé dans le système de santé - Le PQ veut un débat au plus tôt

Québec — Le chef du Parti québécois, André Boisclair, exige du gouvernement Charest qu'il amorce immédiatement la consultation publique sur la place du secteur privé dans le système de santé.

Dans la foulée de l'arrêt Chaoulli de la Cour suprême, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, avait promis de déposer un document de consultation en décembre et de lancer au début de 2006 une vaste consultation publique à ce sujet. Mais le ministre a décidé de reporter l'exercice après les élections fédérales, craignant que cette délicate question ne devienne un enjeu de la campagne.

Rappelons que, dans l'arrêt Chaoulli, la Cour suprême juge que l'interdiction de se procurer de l'assurance privée au Québec pour des soins couverts par le régime public est disproportionnée et contrevient à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Le gouvernement a jusqu'au 6 juin prochain pour se conformer à la décision des juges.

«Le temps presse. Nous ne connaissons ni l'interprétation qu'ils donnent au jugement ni les recommandations qu'ils veulent soumettre à la population», a indiqué André Boisclair. Le chef péquiste doute qu'un débat sur la place du privé en santé puisse se tenir dans de tels délais. «Ça n'a pas de bon sens qu'un débat aussi important comme celui-là se fasse en seulement trois mois», a-t-il prévenu, un débat qu'il juge comme «le plus important après la question nationale».

Le chef péquiste croit que le gouvernement devrait se servir des dispositions dérogatoires de la Charte afin que le débat puisse se poursuivre au-delà du mois de juin.

Au cours d'un point de presse hier, Philippe Couillard, qui semblait prendre un malin plaisir à jouer au chat et à la souris avec la presse, n'a pas voulu lâcher le morceau. Le ministre n'a montré aucun empressement à rendre public le document, qui sera dévoilé «assez prochainement». Il a refusé de répondre aux questions des journalistes de crainte de livrer des bribes de la cogitation gouvernementale.

Selon certaines informations, le gouvernement s'en tiendrait à une interprétation stricte de l'arrêt Chaoulli, n'ouvrant que de façon minimale la porte au privé en santé.

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