Des travailleurs sociaux prendront les devants des policiers sur le Plateau et dans Hochelaga

Les travailleurs sociaux peuvent se rendre sur le terrain de leur propre chef ou encore à la demande du SPVM.
Photo: Jacques Nadeau archives Le Devoir Les travailleurs sociaux peuvent se rendre sur le terrain de leur propre chef ou encore à la demande du SPVM.

Une équipe d’intervenants psychosociaux civils déployée dès l’automne 2021 au centre-ville de Montréal pour désamorcer des situations de crise en lieu et place de la police sera bientôt présente dans deux autres arrondissements de Montréal, en plus d’être active 24 heures sur 24 dans le cadre d’un projet pilote.

Présente actuellement dans Ville-Marie et Le Sud-Ouest, l’Équipe mobile de médiation et d’intervention sociale (EMMIS) étendra d’ici quelques mois son champ d’intervention aux arrondissements de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et du Plateau-Mont-Royal, annoncera la Ville de Montréal mercredi matin. Le comité exécutif approuvera l’octroi en ce sens d’un contrat de près de 2,6 millions de dollars à la Société de développement social, l’organisme responsable de cette équipe.

La Ville entend ainsi se rapprocher tranquillement de son objectif d’étendre la présence de cette équipe à l’ensemble du territoire montréalais. Déjà, depuis septembre 2021, les 14 membres de l’EMMIS ont effectué plus de 10 000 interventions, principalement auprès de personnes vulnérables, notamment des personnes itinérantes ou intoxiquées.

Ces travailleurs sociaux peuvent se rendre sur le terrain de leur propre chef ou encore à la demande du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui leur transfère des appels commandant le désamorçage de situations de crise et de conflit dans l’espace public où la présence d’un policier n’est pas nécessaire. Ils répondent également « aux préoccupations du grand public directement affecté par les conséquences d’une occupation inattendue de l’espace public », soulignent des documents décisionnels de la Ville.

« C’est un service apprécié de tout le monde », relève au Devoir le responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Alain Vaillancourt. Ce dernier note que l’équipe intervient auprès de personnes en crise sans qu’il y ait recours à une quelconque forme de « répression » policière. « Ça ne fait pas partie du SPVM », rappelle-t-il.

Des embauches à venir

En élargissant la présence de l’EMMIS à deux autres arrondissements de la métropole, la Ville prévoit embaucher 18 intervenants supplémentaires afin de porter l’équipe à 32 membres d’ici quelques mois.

Du lot, quatre intervenants seront présents dans les quatre arrondissements ciblés la nuit, de minuit à 9 h, ce qui assure une activité 24 heures par jour dans le cadre d’un projet pilote qui s’étalera jusqu’à la fin de l’année. Celui-ci ne devrait toutefois pas être lancé avant la fin du mois d’avril, notamment parce que la Ville doit d’abord embaucher et former ces intervenants, et ce, en pleine pénurie de main-d’oeuvre.

14
C’est le nombre de membres qui composent actuellement l’Équipe mobile de médiation et d’intervention sociale.

« Ça va prendre quelques mois avant que tout soit en place », reconnaît M. Vaillancourt. Le contrat que compte accorder la Ville prévoit aussi de faire passer de deux à quatre le nombre de voitures louées pour répondre aux besoins de cette équipe mobile.

En tout, une somme de 50 millions de dollars a été prévue sur cinq ans pour le financement de l’EMMIS, qui est fourni par la Ville de Montréal et le ministère de la Sécurité publique.

À voir en vidéo