Montréal annonce des mesures visant à sécuriser l’intersection Parthenais/de Rouen

Deux jours après le décès d’une fillette de sept ans happée par un automobiliste à l’angle des rues de Rouen et Parthenais, l’arrondissement de Ville-Marie a annoncé l’implantation de mesures visant à sécuriser l’intersection. Dès jeudi, des bollards ont fait leur apparition sur la chaussée afin d’inciter les automobilistes à ralentir.

Des panneaux d’arrêt surdimensionnés seront installés sur la rue Parthenais, à l’intersection de la rue de Rouen, et la présence policière sera accrue, a promis la Ville. Le rétrécissement de la chaussée de la rue Parthenais, aux approches nord et sud des intersections des rues de Rouen et Larivière, vise à limiter le flux et la vitesse des véhicules.

Les nouvelles mesures ont été annoncées jeudi après-midi par voie de communiqué. L’arrondissement a précisé que ces mesures seraient implantées rapidement et que d’autres modifications à l’intersection pourraient être apportées dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

« La sécurité des déplacements des piétons, jeunes et moins jeunes, est une priorité de notre administration, qui se traduit par des dizaines d’écoles sécurisées chaque année, des mises à sens unique dans les quartiers résidentiels, l’élargissement et le verdissement des trottoirs, notamment. La sécurisation du quartier Centre-Sud est particulièrement importante, [vu] la forte pression automobile », a souligné la mairesse Valérie Plante.

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L’arrondissement de Ville-Marie précise que dans les dernières années, 98 intersections ont été dotées de saillies qui rendent les voies de circulation automobile plus étroites. Une dizaine de rues ont été réaménagées, et des dos-d’âne ont été installés dans 11 rues dans les dernières semaines.

Mardi matin, la jeune Maria Legenkovska, sept ans, marchait vers l’école qu’elle fréquente avec son frère et sa soeur quand elle a été happée mortellement par un automobiliste. La victime était une jeune réfugiée d’Ukraine. Pour sa part, l’automobiliste Juan Manuel Becerra Garcia, 45 ans, a été accusé de délit de fuite mortel.

« Plateauiser » la ville

La question de la sécurisation des intersections a d’ailleurs fait l’objet de vifs échanges au conseil municipal jeudi matin, alors que les élus montréalais étaient réunis pour l’adoption du budget 2023 de la Ville.

Interpellée par la conseillère de l’opposition Alba Zúñiga Ramos, qui lui reprochait de ne pas être à l’écoute des demandes des citoyens en matière de sécurité des piétons, Valérie Plante a reproché au parti Ensemble Montréal et à son prédécesseur Denis Coderre d’avoir privilégié la fluidité de la circulation plutôt que la sécurité. « Dans l’équipe d’Ensemble Montréal, il fallait qu’il y ait quatre collisions importantes avant qu’on envoie des inspecteurs faire des vérifications. Denis Coderre refusait systématiquement dans Ville-Marie qu’on mette des dos-d’âne ou quelconque signalisation parce que ce n’était pas bon pour la fluidité », a-t-elle lancé.

La mairesse a enchaîné en évoquant le spectre de la « plateauisation » de la ville brandi par l’opposition pendant la campagne électorale. « Faites-vous un examen de conscience de l’autre côté parce que vous étiez les premiers à dire, pendant la campagne, qu’il ne faut pas “plateauiser”, a-t-elle dit. Vous savez quoi ? Moi, je suis fière qu’on “plateauise”, parce que ça veut dire qu’on met la sécurité en haut de la liste, contrairement à vous. »

La leader de l’opposition officielle, Chantal Rossi, a dit à la mairesse qu’il était temps, après cinq ans, qu’elle cesse d’évoquer « des gens qui ne sont plus là », en référence à Denis Coderre, maire de 2013 à 2017 et candidat à la mairie défait en 2021.

La présidente du conseil municipal, Martine Musau Muele, n’a pas semblé apprécier les échanges. « À titre personnel, je refuse de politiser le décès de ce bébé. S’il vous plaît, un peu de retenue », a-t-elle dit à l’assemblée.

La conseillère Zúñiga Ramos a cependant souligné qu’en 2018, Ensemble Montréal avait demandé l’ajout de brigadiers scolaires et la fin des quotas qui limitent les effectifs de brigadiers dans l’agglomération de Montréal. « Ça fait des années que le Centre de services scolaire de Montréal et les citoyens du Centre-Sud demandent un brigadier à l’angle de Parthenais et de Rouen », a-t-elle rappelé.



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