Fady Dagher choisi pour devenir le prochain directeur du SPVM

La nomination de Fady Dagher à la tête du service de police montréalais devra recevoir l’aval du gouvernement du Québec.
Eric Myre La nomination de Fady Dagher à la tête du service de police montréalais devra recevoir l’aval du gouvernement du Québec.

Le comité de sélection chargé de choisir le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a retenu la candidature de Fady Dagher. Celui qui dirige le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) depuis 2017 effectuera donc un retour au SPVM, où il a oeuvré pendant 23 ans, dont quatre années comme directeur adjoint.

Sa candidature était plutôt inattendue : son contrat à la tête du SPAL avait été renouvelé en décembre dernier pour une durée de huit ans.

M. Dagher participera jeudi matin à une séance de la Commission de la sécurité publique, lors de laquelle il présentera sa vision du SPVM. Si sa nomination reçoit l’aval du gouvernement du Québec, il devrait entrer en poste en janvier prochain.

Né en Côte d’Ivoire de parents d’origine libanaise, Fady Dagher est arrivé à Montréal en 1985. Reconnu pour ses qualités de communicateur, il a implanté une approche axée sur la prévention au SPAL. Il a notamment mis sur pied l’an dernier le projet RESO (Réseau d’entraide sociale et organisationnelle), qui vise à rapprocher les policiers de la réalité vécue par certaines clientèles plus vulnérables, comme les personnes aux prises avec des problèmes de dépendance ou celles en situation d’itinérance. Ce projet avant-gardiste avait reçu une aide financière de Québec de 3,6 millions de dollars. L’automne dernier, une vingtaine de policiers avaient participé à un stage d’immersion sans arme et sans uniforme dans la communauté.

Pour Stéphane Wall, superviseur retraité du SPVM, la candidature de M. Dagher a de quoi étonner, d’autant que celui-ci venait de renouveler un lucratif contrat d’environ 300 000 $ par an à Longueuil. « C’était un secret bien gardé : personne ne s’attendait à ça. Mais en même temps, ce n’est pas surprenant parce qu’il cadre parfaitement avec la vision de la mairesse Plante. Pour elle, c’est vraiment un bon coup », dit-il.

M. Wall rappelle que Fady Dagher avait été candidat à la succession de Marc Parent en 2015. À l’époque, le maire Denis Coderre lui avait préféré Philippe Pichet. « C’est un retour à ses anciennes amours. Il n’avait pas réussi à devenir chef en 2015, mais cette fois, il a réussi », souligne-t-il.

Les défis seront nombreux pour le prochain directeur du SPVM. La force policière doit notamment composer avec un manque d’effectifs. À l’heure actuelle, au moins 200 postes de policiers sont à pourvoir pour répondre aux besoins, souligne Stéphane Wall.

Et si Fady Dagher veut implanter un projet « à la RESO » dans la métropole, le SPVM devra recruter bien plus d’agents, indique-t-il.

Le prochain chef de la police montréalaise devra aussi s’attaquer aux problèmes de violence armée et de profilage. « Il va falloir qu’il ramène le sentiment de confiance envers les policiers. Il y a beaucoup de patrouilleurs sur le terrain qui ne se sentent pas appuyés par la direction et par les élus montréalais. Il faut qu’il soit capable de faire le relais avec la Ville pour passer ses messages. »

Le cabinet de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, a indiqué avoir appris la nomination de M. Dagher en fin de journée mercredi. « Au sein du SPAL, avec le travail de son équipe et le concours de l’ensemble du corps policier, M. Dagher a contribué à implanter une vision de concertation unique au Québec qui est, selon nous, LA vision d’avenir, dont l’agglomération de Longueuil est devenue le porte-étendard », a souligné le bureau de la mairesse Fournier par communiqué.

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