L’opposition accuse l’administration Plante d’incompétence

Selon le chef de l’opposition, Aref Salem, l’administration de Projet Montréal considère l’argent public comme un « puits sans fond ».
Adil Boukind Archives Le Devoir Selon le chef de l’opposition, Aref Salem, l’administration de Projet Montréal considère l’argent public comme un « puits sans fond ».

L’administration Plante a perdu le contrôle des grands projets, dont les coûts ont explosé, a dénoncé mardi l’opposition à l’Hôtel de Ville, qui accuse les élus de Projet Montréal d’incompétence en matière de gestion et de manque de rigueur.

Selon le chef de l’opposition, Aref Salem, l’administration actuelle considère l’argent public comme un « puits sans fond ».

Mardi, Ensemble Montréal a fait la liste des grands projets aux prises avec des dépassements de coûts importants.

 

Parmi eux, celui du centre de transport Bellechasse, au coût initial estimé de 254 millions de dollars. Or, la facture de cette infrastructure dépasse maintenant les 600 millions. Celui de l’unité d’ozonation de l’usine de traitement des eaux usées connaît pour sa part un dépassement de coûts de 350 millions, a souligné Ensemble Montréal.

La facture de la restauration de l’hôtel de ville grimpe maintenant à 182 millions, soit 66 millions de plus que prévu. S’ajoutent les centres de traitement des matières organiques, avec un dépassement de 97,4 millions, et les coûts liés aux technologies de l’information, qui ont augmenté de 100 millions.

« On trouve qu’il y a un manque de [responsabilité], de transparence et de rigueur », a expliqué Aref Salem, qui va même jusqu’à taxer l’administration Plante d’incompétence dans la gestion des grands projets.

Selon Ensemble Montréal, la pandémie et l’inflation ne peuvent pas expliquer à elles seules ces hausses de coûts. L’opposition estime que l’administration Plante a des comptes à rendre aux citoyens, d’autant que la facture risque de leur être refilée par l’entremise de leur avis d’imposition. « On ne peut pas continuer à dilapider l’argent comme l’administration le fait », soutient Aref Salem.

La présidente du comité exécutif, Dominique Ollivier, estime que chaque projet est particulier. Selon elle, certaines augmentations sont attribuables à la hausse du coût des matériaux et à la pénurie de main-d’oeuvre.

D’autres projets, comme le centre de transport Bellechasse, se sont butés à des problèmes liés à la nature des sols excavés. « Je pense qu’il y a des choses qui ne sont pas prévisibles », a indiqué Mme Ollivier, tout en soulignant que ce projet relevait de la Société de transport de Montréal.

L’élue a soutenu que l’administration faisait preuve d’une grande transparence. « Tous les projets sont vus et revus au comité exécutif. Il y en a qu’on envoie à la Commission sur l’examen des contrats. Si vraiment les dépassements de coûts ne nous semblent pas justifiés, on retourne en appel d’offres », a-t-elle dit.

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