Tirer les leçons de 20 ans de consultation publique

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
Les organisateurs du colloque ont pris la décision de déborder du strict cadre des activités de l’OCPM en se penchant sur la pratique même de la consultation publique.
Getty Images Les organisateurs du colloque ont pris la décision de déborder du strict cadre des activités de l’OCPM en se penchant sur la pratique même de la consultation publique.

Ce texte fait partie du cahier spécial Consultations publiques

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) profite de son vingtième anniversaire pour lancer une réflexion sur la pratique de la consultation publique. Celle-ci prend la forme d’un colloque intitulé Montréal participe !, qui se tiendra les 26 et 27 octobre prochains à la Maison du développement durable.

L’OCPM a pris la sage décision de demander au réseau Villes Régions Monde(VRM) de collaborer à l’élaboration du colloque, et trois de ses membres, soit Laurence Bherer, professeure en sciences politiques à l’Université de Montréal, Florence Paulhiac, professeure en études urbaines à l’UQAM, et Mario Gauthier, professeur en sciences sociales à l’UQO, ont accepté d’agir comme organisateurs. « En faisant appel au réseau VRM, précise Florence Paulhiac, l’OCPM reconnaissait d’emblée qu’elle n’était peut-être pas la mieux placée pour s’autoévaluer. »

VRM regroupe présentement 70 chercheurs environ, la plupart québécois, mais aussi quelques chercheurs étrangers, qui ont comme point commun de s’intéresser aux études urbaines, explique Mario Gauthier. Il ajoute que « le but, évidemment, est de collaborer et d’en faire profiter les étudiants, mais aussi d’assurer le transfert des connaissances vers les acteurs en affaires urbaines ».

Débattre des meilleures pratiques

 

L’objectif du colloque est d’abord de se pencher sur les pratiques en matière de consultation publique de l’OCPM. « Lorsque nous avons accepté le mandat il y a deux ans, nous nous sommes rapidement aperçus qu’il existait très peu d’études sur les pratiques de l’OCPM, raconte Florence Paulhiac. Notre première tâche a donc consisté à recueillir des données sur l’OCPM et à les analyser afin de dégager des pistes de réflexion. »

Les organisateurs ont par ailleurs pris la décision de déborder du strict cadre des activités de l’OCPM. « Oui, l’OCPM est au coeur de notre démarche, mais des consultations publiques, il s’en fait ailleurs qu’à Montréal, souligne Mario Gauthier. En quoi sont-elles différentes ? Est-ce que les connaissances sont transférables ? Quelles sont les meilleures pratiques ? Ces questions nous ont fait comprendre que le colloque devait aussi se pencher sur la pratique même de la consultation publique. »

Les organisateurs ont donc adopté une approche qui repose sur trois axes. « Dans un premier temps, il faut faire une rétrospective des activités des vingt dernières années afin de cerner l’évolution de la pratique, explique Florence Paulhiac. Ensuite, ilfaut poser un regard critique sur cettepratique afin de distinguer ce qui fonctionne de ce qui ne fonctionne pas. Et en dernier, il faut faire de la prospective. Quels seront les nouveaux défis sociaux qui nécessiteront une consultation publique ? Et comment la consultation publique doit-elle évoluer pour répondre à ces nouveaux défis ? »

Points de vue sur l’OCPM

Parmi les intervenants, Pierre Houssais, directeur de la Prospective et du Dialogue public du Grand-Lyon, donnera la conférence d’ouverture. « M. Houssais est un familier de Montréal et il est venu à de nombreuses occasions parce qu’il s’intéresse de près au travail accompli par l’OCPM », indique Mme Paulhiac. Et Mario Gauthier de préciser : « Bien sûr, il y aura des comparaisons entre les manières de faire à Montréal et celles qui se font à Lyon. Mais le gros de son allocution portera plutôt sur ce qu’il retient des pratiques de l’OCPM, ce qu’il a observé et ce qu’il a pu en apprendre. »

Évolution des consultations, rôle de l’OCPM à travers le temps, constats sociaux de telles démarches, leçons à en tirer… cette journée et demie sera l’occasion pour le réseau VRM de présenter les résultats de ses recherches au travers d’une dizaine d’activités.

Qui espère-t-on voir participer au colloque ? « Nous espérons ratisser le plus large possible, précise Mario Gauthier : universitaires, étudiants, décideurs publics et acteurs de la société civile. Bref, tous ceux concernés par la consultation publique. »

Trois panels à ne pas manquer

• Multiplier les espaces de participation pour inclure plus de citoyens : quelles leçons et quels défis pour la consultation publique ? Mercredi 26 octobre de 13 h 30 à 15 h. L’occasion de tirer les leçons des expériences d’inclusion à l’OCPM et de s’interroger sur les différentes manières d’encourager les citoyens à participer.
• Le droit d’initiative en matière de consultation publique : une méthode souple de démocratie directe ? Mercredi 26 octobre de 15 h 30 à 17 h. Une conversation qui reviendra sur les gains et les résultats tirés du droit d’initiative et de la manière dont il a permis de mettre à l’agenda montréalais certains sujets.
• 20 ans de participation du public et d’engagement citoyen : amélioration des pratiques et
bonification des façons de faire. Jeudi 27 octobre de 9 h à 10 h 30. Un panel qui dressera un bilan longitudinal de 20 ans de participation publique et d’engagement citoyen afin d’améliorer les pratiques.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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