Valérie Plante demande à Luis Miranda de s’excuser auprès du jeune rabroué

Jeudi matin, la mairesse Valérie Plante a qualifié les propos tenus par Luis Miranda à l’égard d’un jeune homme la semaine dernière d’«irrespectueux» et d’«offensants».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jeudi matin, la mairesse Valérie Plante a qualifié les propos tenus par Luis Miranda à l’égard d’un jeune homme la semaine dernière d’«irrespectueux» et d’«offensants».

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, estime que le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, doit s’excuser auprès de l’adolescent de 15 ans qu’il a rabroué en plein conseil municipal la semaine dernière, ainsi qu’à ses parents. Ces derniers attendent toujours un appel de sa part et des excuses de vive voix.

« Je suis extrêmement en colère contre les propos de M. Miranda », a-t-elle déclaré jeudi matin en marge d’une annonce sur la prévention de la violence armée.

Hocine Ouendi s’est présenté au micro le 4 octobre dernier pour faire part au maire d’Anjou, Luis Miranda, de sa déception concernant l’interdiction, mise en place sans préavis à la fin août, de pratiquer le soccer libre sur quelques terrains synthétiques de l’arrondissement.

Cette séance du conseil d’arrondissement d’Anjou a depuis été vue des milliers de fois.

Le maire a expliqué les motifs à l’origine de sa décision — des « incivilités » commises à répétition sur les terrains —, mais devant l’insistance polie du jeune, il s’est énervé, lui disant que l’un de ses parents aurait dû parler à sa place et que s’il avait su son âge, il n’aurait pas daigné lui adresser la parole.

Jeudi matin, la mairesse Plante a qualifié ces propos d’« irrespectueux » et d’« offensants ».

Elle déplore que les paroles de M. Miranda risquent d’avoir un impact plus large et d’envoyer un mauvais message aux jeunes : qu’ils ne comptent pas et que les politiciens, comme les adultes, n’ont pas de considération pour eux.

« Je m’attends à ce que M. Miranda, par conscience professionnelle, s’excuse au jeune et à sa famille. »

Lors d’un entretien téléphonique jeudi avec le journaliste de TVA Yves Poirier, qui a été diffusé, M. Miranda s’est excusé de la façon dont il a répondu à l’adolescent, tout en indiquant qu’il n’était « pas prêt à prendre [la responsabilité] sur tout », rappelant avoir reçu de nombreuses plaintes de résidents concernant le comportement qu’ont les jeunes autour des terrains de soccer.

Le Devoir n’a pas pu joindre M. Miranda, qui est à l’extérieur du pays, selon son cabinet.

Quant au père de l’adolescent, Smail Ouendi, il attend toujours des excuses de l’homme politique.

« On n’a reçu aucun appel de la part du maire Luis Miranda ou de l’arrondissement d’Anjou, » a-t-il confié au Devoir jeudi après-midi, peu après la diffusion de l’échange à TVA.

« Je ne vois pas pourquoi les excuses ne sont pas directement [faites] aux personnes concernées », a-t-il déploré. Et puis, il estime qu’elles ne viennent « pas du fond du coeur », notant que le maire est sorti de son mutisme seulement après la demande de la mairesse Plante.

M. Ouendi réfléchit toujours à la possibilité de déposer une plainte contre M. Miranda. « On a patienté plus d’une semaine », dit le père, qui aurait aimé recevoir un coup de fil de lui.

Un maire sur la sellette

 

Le maire d’Anjou, qui occupe ce poste depuis 25 ans, n’en est pas à sa première controverse.

Il s’est notamment retrouvé sur la sellette en 2018 lorsqu’il a été visé par des allégations d’agressions sexuelles provenant d’une ancienne bénévole de son équipe politique de campagne électorale, Sandra Boursiquot. M. Miranda a entamé en 2019 une poursuite judiciaire contre elle pour diffamation, et la femme a répliqué avec sa propre poursuite au civil. Ces recours n’ont pas encore fait l’objet de jugements finaux.

De plus, il y a 13 ans, soit en 2009, les actions de M. Miranda avaient soulevé des questionnements lorsque La Presse avait rapporté que le maire était parti en vacances au Portugal — son pays natal — avec des amis entrepreneurs qui faisaient alors affaire avec l’arrondissement. L’hebdomadaire Le Flambeau de l’Est avait d’ailleurs réalisé des reportages la même année dans lesquels des experts s’interrogeaient sur la proximité entre le maire et des entreprises ayant obtenu des contrats de plusieurs millions octroyés par l’arrondissement.

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