Pour prévenir la violence, Montréal dédie des millions à des projets créés par les jeunes

Les jeunes ont été rencontrés et écoutés, a signalé la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les jeunes ont été rencontrés et écoutés, a signalé la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

La Ville de Montréal veut mobiliser les jeunes de la métropole afin de prévenir la violence et, dans ce but, elle réitère son engagement de verser sept millions de dollars à des projets qu’ils auront eux-mêmes concoctés.

La mairesse Valérie Plante a détaillé jeudi matin cet engagement pris au terme du Forum montréalais pour la lutte contre la violence armée de mars dernier. Ainsi, le deuxième budget participatif de la Ville — à hauteur de 30 millions de dollars — aura pour thèmes la jeunesse, la sécurité et l’équité, a annoncé jeudi matin la mairesse, entourée de plusieurs de ses collaborateurs.

Et pour garantir que ces jeunes sont entendus et placés au coeur des initiatives, la Ville confirme également la création du programme Par et pour les jeunes. Il s’agit d’un fonds spécial de deux millions de dollars qui soutiendra des projets proposés par les jeunes en collaboration avec des organismes communautaires — des campagnes de sensibilisation, de l’achat de matériel sportif, la création d’une maison des jeunes mobile, la production de balados, par exemple.

Avec les cinq millions issus du budget participatif servant à financer des infrastructures qui leur sont réservées, comme des terrains de soccer, le total à ce chapitre sera ainsi de sept millions de dollars.

Les jeunes ont été rencontrés et écoutés, a signalé la mairesse Plante, notamment dans le cadre du forum de mars dernier. Ils y ont parlé de l’importance d’un meilleur contrôle des armes à feu et de leur désir de faire partie de la solution, a-t-elle ajouté.

Ni baguette magique ni recette miracle

 

« Pour moi, […] pour [régler] entièrement la question de la violence, il faut aussi s’intéresser à ses causes profondes, je parle ici des inégalités qui existent entre les individus et entre les quartiers. » Ça prend donc à la source une égalité des chances et des milieux de vie de qualité, a précisé Mme Plante.

La mairesse ne prétend pas que la prévention de la violence va se faire uniquement avec des activités qui occupent les jeunes — il n’y a pas de baguette magique ni de recette miracle —, mais elle soutient qu’il s’agit là de l’un des éléments qui vont, de concert avec d’autres, mener à des résultats, une conclusion soutenue par des recherches sur la prévention, a-t-elle indiqué.

Plusieurs jeunes étaient présents lors de la conférence de presse, dont certains qui travaillent activement à la Table de quartier de Saint-Michel, l’arrondissement du nord de la métropole où avait lieu la conférence de presse de jeudi matin. Mais lorsque les participants à la conférence de presse se sont fait demander si des jeunes criminalisés avaient été consultés au sujet de ce qui aurait pu les empêcher de franchir le cap vers les activités illégales ou violentes, les réponses ont été plus que vagues : il n’est pas clair si leur avis a été sollicité.

Le message communiqué jeudi matin était toutefois le suivant : si les jeunes ont des perspectives, des endroits pour développer leurs talents et pour se faire des amis, le risque est moindre qu’ils se tournent vers des activités illégales.

Ouvrir la proposition de projets est une façon de donner du pouvoir aux jeunes, qui pourront demander ce qui est nécessaire selon eux pour qu’ils se sentent en sécurité et se réalisent pleinement, a déclaré la mairesse Plante.

L’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, Ensemble Montréal, n’est toutefois pas satisfaite des efforts de la mairesse.

Le porte-parole du parti en matière de sécurité publique, Abdelhaq Sari, a d’ailleurs qualifié l’annonce de jeudi d’« énième opération de communication de la part de Projet Montréal, qui tente de cacher son manque de proactivité en matière de sécurité publique, tant [que le plan] coercitif que préventif ».

Selon lui, les mesures présentées  — recyclées des annonces faites en mars dernier, dit-il — offrent uniquement aux jeunes de contribuer à des projets ponctuels « sans prévoir une vraie vision à long terme ».

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