La valeur des immeubles bondit de 32,4% sur l’île de Montréal

Le parc immobilier de l’île de Montréal compte près de 503 000 unités d’évaluation, dont la valeur totale atteint 526,3 milliards de dollars.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le parc immobilier de l’île de Montréal compte près de 503 000 unités d’évaluation, dont la valeur totale atteint 526,3 milliards de dollars.

L’effervescence immobilière des dernières années a fait bondir la valeur des édifices de la métropole. Le rôle d’évaluation foncière de l’agglomération de Montréal déposé mercredi par la Ville de Montréal pour les trois prochaines années fait état d’une hausse moyenne de 32,4 %. Pour le secteur résidentiel, cette augmentation atteint 35,5 %.

Il s’agit d’un bond important par rapport au rôle précédent, en vigueur de 2020 à 2022. La valeur des immeubles sur le territoire de l’agglomération de Montréal avait alors augmenté de 13,7 %. Mais cette hausse n’est pas inédite : en 2007, la valeur des édifices de la métropole avait grimpé de 38,6 %.

Ce sont les immeubles résidentiels de cinq logements ou moins qui ont connu la plus forte progression de leur valeur, avec une croissance de 35,6 %, tandis que pour les immeubles de six logements et plus, la hausse est de 35,1 %. La valeur des unifamiliales a grimpé de 38,6 %, contre 30,7 % pour les appartements dans une copropriété. La valeur moyenne des unifamiliales sur l’île de Montréal atteint 840 000 $ ; celle des appartements, 492 400 $.

Les immeubles non résidentiels affichent de leur côté une augmentation moyenne de valeur de 25,7 %. On note cependant une très forte hausse — 60,5 % — du côté des immeubles industriels. En revanche, plusieurs catégories d’immeubles non résidentiels très touchés par le ralentissement économique pandémique ont connu une augmentation inférieure à la moyenne.

Parmi les 15 villes liées, c’est à Montréal-Est (52,5 %), Senneville (45,9 %) et Dollard-des-Ormeaux (45,1 %) que l’on observe les augmentations les plus importantes.

Des 19 arrondissements montréalais, ce sont dans Lachine (42,6 %), Pierrefonds-Roxboro (40,8 %) et Saint-Laurent (39 %) que les hausses sont les plus salées. En revanche, l’arrondissement de Ville-Marie se démarque avec une augmentation modeste de 15,7 % de sa valeur foncière.

D’importantes haussesde taxes à venir ?

Révisé tous les trois ans, le rôle d’évaluation foncière sert de référence au calcul des taxes scolaires et municipales. Il se base sur les données du marché immobilier au 1er juillet 2021. À cette date, quelque 33 700 transactions avaient été enregistrées sur l’île de Montréal.

Les hausses de valeur n’entraînent pas nécessairement une augmentation des taxes du même ordre, puisque le rôle pourrait être étalé sur trois ans et que la Ville ajuste à la baisse son taux de taxation. Ainsi, pour le budget 2022 de la Ville, l’administration Plante-Ollivier avait limité les hausses moyennes de taxes du secteur résidentiel à 2 %. Reste que les propriétaires dont la résidence vaut plus que la moyenne peuvent s’attendre à devoir assumer une hausse de taxes plus importante.

Pour l’instant, la présidente du comité exécutif, Dominique Ollivier, refuse de s’engager au sujet des hausses de taxes qui seront imposées aux Montréalais lors du dépôt du budget 2023, en décembre prochain.

En campagne électorale, Projet Montréal s’était engagé à ne pas hausser les taxes foncières au-delà de l’inflation, mais ce taux frise maintenant les 8 %. « On va toujours avoir en tête de respecter la capacité de payer des Montréalais et des Montréalaises et que Montréal demeure une ville abordable », a soutenu Mme Ollivier. « Clairement, on n’ira pas à 8 %. En tout cas, je serais très surprise qu’on aille à 8 % ou à ces niveaux-là. »

L’élue insiste cependant pour dire que la Ville devra trouver d’autres sources de financement, car, à l’heure actuelle, elle est trop dépendante des taxes foncières.

De son côté, le chef de l’opposition, Aref Salem, estime que la hausse spectaculaire des valeurs foncières est susceptible de créer de l’anxiété, en particulier chez les familles et les aînés. Selon lui, l’administration Plante-Ollivier aurait dû se prononcer sur les hausses de taxes à venir pour les Montréalais. « Je pense qu’on devrait être à plus ou moins 3 %. Je pense que c’est dans la capacité de la Ville », a-t-il dit.

En janvier dernier, à l’occasion d’une séance de la Commission des finances, le directeur du Service de l’évaluation foncière, Bernard Côté, avait prévenu les Montréalais qu’ils devaient s’attendre à une hausse importante de la valeur foncière de leur propriété, de l’ordre de 30 %, compte tenu des tendances observées dans le marché immobilier.

Le nouveau rôle d’évaluation foncière de la métropole entrera en vigueur le 1er janvier 2023 ; il peut être consulté en ligne sur le site Internet de la Ville de Montréal. Le parc immobilier de l’île compte près de 503 000 unités d’évaluation, dont la valeur totale atteint 526,3 milliards de dollars.

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