L’OCPM recommande une réduction des hauteurs à Lachine-Est

Lachine-Est est un secteur industriel en déclin que la Ville veut développer afin d’y créer un écoquartier comportant des logements, des commerces et des lieux d’emploi.
Page Facebook de l’OPCM Lachine-Est est un secteur industriel en déclin que la Ville veut développer afin d’y créer un écoquartier comportant des logements, des commerces et des lieux d’emploi.

La hauteur maximale des immeubles du futur écoquartier Lachine-Est devrait être limitée à huit étages, et non à quinze, estime l’Office de consultation publique de Montréal dans un rapport rendu public mercredi. L’organisme est avis que la Ville devrait aussi prévoir davantage d’écoles dans le périmètre du site qui, à terme, pourrait compter jusqu’à 7400 logements.

Lachine-Est couvre un territoire de 60 hectares situé aux abords du canal de Lachine et à proximité du Vieux-Lachine. Il s’agit d’un secteur industriel en déclin que la Ville veut développer afin d’y créer un écoquartier comportant des logements, des commerces et des lieux d’emploi. Des 7400 logements envisagés, 1200 seraient des logements sociaux et entre 500 et 600 seraient des logements abordables. Les espaces verts et les parcs devraient occuper 22 % de la superficie du site à développer.

Dans le cadre de consultations menées au printemps dernier, l’Office a été confronté à deux visions opposées. D’un côté, des citoyens ont fait valoir que les hauteurs maximales proposées dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU), soit quinze étages, n’étaient pas compatibles avec l’idée d’un quartier « à échelle humaine » et en rupture avec les secteurs environnants. Pour leur part, les propriétaires et promoteurs ont plutôt réclamé des hauteurs plus élevées, jusqu’à 20 étages, afin d’assurer la rentabilité des projets compte tenu des coûts considérables liés à la décontamination des terrains.

L’OCPM recommande toutefois de limiter les hauteurs à un maximum de huit étages « de façon à protéger la vue sur le canal de Lachine et les gabarits dans les quartiers avoisinants, tout en poursuivant l’objectif d’une densification à échelle humaine ».

Malgré la recommandation de l’OCPM, la mairesse de l’arrondissement de Lachine, Maja Vodanovic, n’écarte pas la possibilité que des tours de 15 étages soient autorisées à certains endroits sur le site, notamment en bordure de chemin de fer du Canadien Pacifique (CP). « Mais ça ne sera pas donné automatiquement », prévient-elle.

Des terrains contaminés

 

L’arrondissement compte ainsi mettre en place un mécanisme pour conserver un contrôle sur le développement à venir, mais l’élue convient que la décontamination des terrains est un enjeu important pour les promoteurs. « Pour certains, la décontamination va coûter entre 20 et 30 millions. Le coût est substantiel. Mais je veux faire la preuve qu’on peut construire quelque chose de bien sur des friches à l’intérieur de Montréal afin qu’on n’aille pas développer dans des forêts et des terres agricoles autour [de la ville]. »

Le projet prévoit aussi l’implantation d’une école primaire sur un terrain acquis par le Ville le long de la rue Victoria. Ce terrain accueillera également un centre sportif et communautaire. L’Office estime cependant que la Ville doit déjà évaluer la nécessité de construire une autre école primaire ainsi qu’une école secondaire.

Maja Vodanovic convient que d’autres terrains pourraient être requis pour des écoles, mais de telles acquisitions sont coûteuses pour la Ville qui doit aussi assumer la décontamination des sols, souligne-t-elle. Cet enjeu fait d’ailleurs partie des demandes faites par la mairesse Plante dans le cadre de la campagne électorale provinciale. À l’instar d’autres villes québécoises, Montréal souhaite que Québec assume les coûts d’achat des terrains nécessaires à la construction d’écoles.

Transport collectif

 

L’enjeu du transport collectif est aussi considéré comme crucial pour la création d’un écoquartier. Le PPU évoque un « mode de transport structurant » dans l’axe de la rue Victoria pour relier Lachine-Est au centre-ville de Montréal, mais il ne précise pas quel type de transport est privilégié. L’Office recommande donc à la Ville s’entreprendre les démarches nécessaires pour que ce projet puisse voir le jour.

À ce sujet, Maja Vodanovic rappelle que le gouvernement du Québec a déjà promis un montant de 800 millions de dollars pour un lien vers le centre-ville après que Montréal eut consenti à ce que la Ville de Québec utilise sa part de fonds fédéraux pour son tramway. Ce qu’espère la mairesse Vodanovic, c’est que l’option du tramway entre Lachine et le centre-ville soit retenue.

Dans son rapport, l’OCPM aborde aussi la question du patrimoine. Plusieurs bâtiments et infrastructures témoignant du passé industriel sont toujours présents dans ce secteur. Lors des consultations, des promoteurs se sont d’ailleurs inquiétés de la « muséification » de certains bâtiments considérés d’intérêt patrimonial.

La recommandation faite par l’Office s’attarde plutôt au tracé de la promenade des Sulpiciens qui risque de réduire la taille des îlots situés au sud du boulevard Saint-Joseph et rendra difficile la planification d’un ensemble.

Maja Vodanovic prévient que les travaux de construction pour développer le site de Lachine-Est pourraient s’étendre sur 20 ans. Plusieurs étapes devront d’ailleurs être franchies avant que les premiers immeubles voient le jour. Les terrains devront d’abord être décontaminés et équipés d’infrastructures d’aqueducs et d’égouts, dit-elle.

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