En pleine « période trouble », Valérie Plante tente de rassurer

Valérie Plante réitère que Montréal est une ville sécuritaire, bien qu’elle reconnaisse que le «sentiment de sécurité» des résidents a été affecté.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Valérie Plante réitère que Montréal est une ville sécuritaire, bien qu’elle reconnaisse que le «sentiment de sécurité» des résidents a été affecté.

« Montréal ne va pas devenir le terrain de jeu des criminels », assure la mairesse de Montréal, Valérie Plante, au lendemain de deux meurtres par balle commis en plein jour, une violence qui a provoqué une autre « onde de choc » dans la population.

« C’est non », a-t-elle souligné.

Le « sentiment de sécurité » des résidents a été affecté par ces deux événements violents qui se sont produits à 30 minutes d’intervalle, convient-elle, tout en réitérant que Montréal demeure une ville sécuritaire.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne va pas baisser les bras, a renchéri Sophie Roy, sa directrice par intérim, en point de presse mercredi aux côtés de la mairesse.

 

Beaucoup de travail se fait en coulisses pour prévenir et combattre cette violence armée, et si certains résultats seront visibles rapidement, d’autres vont s’échelonner dans le temps, a expliqué Mme Plante.

« On traverse une période trouble, oui, mais il faut travailler ensemble et ne pas se diviser. »

Elle a parlé, comme solutions, d’embauche d’effectifs, notamment pour augmenter le nombre de policiers dans les postes de quartier — bien qu’il soit difficile de recruter, a-t-elle reconnu —, ainsi que de prévention se faisant par l’ajout de travailleurs sociaux sur le terrain. Elle souhaite aussi que la population soutienne les policiers.

Ressources réclamées

 

Mme Plante a discuté avec le premier ministre François Legault et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, depuis que les deux hommes ont été abattus, l’un au centre commercial Rockland, à Mont-Royal, et l’autre sur la terrasse d’une pizzeria de la rue Saint-Denis.

Se disant « tannée » de recevoir de l’argent « à la pièce », alors qu’elle a besoin de ressources supplémentaires pour cette lutte, elle fut satisfaite de la réaction de François Legault : « J’ai senti une réelle volonté du premier ministre de soutenir sa métropole. »

Ce dernier a d’ailleurs confirmé cette impression avec un message publié sur son compte Twitter : « On ne lésinera pas sur les moyens pour remettre de l’ordre et protéger les citoyens. On appuiera nos forces policières pour que cette violence cesse. »

Mme Plante a indiqué que des annonces étaient à venir, refusant toutefois de donner des détails, car elles ne seraient pas encore tout à fait prêtes.

Plus tôt cette semaine, la Fraternité des policiers avait dénoncé la baisse d’effectifs au sein du SPVM, ce qui a donné lieu à une guerre de chiffres avec l’administration Plante, qui a assuré que les embauches dépasseraient les promesses faites en campagne électorale. Interrogée à ce sujet mercredi, la directrice par intérim du SPVM a déclaré qu’elle ne dirait pas non à un plus grand nombre de policiers, tout en soulignant que lutter contre la violence armée passe aussi par la prévention.

Au premier ministre Justin Trudeau, la mairesse Plante a réclamé plus d’action à la frontière pour empêcher les armes de la traverser et a réitéré qu’elle souhaitait une interdiction complète — et pas juste un gel — des armes de poing.

Dans un message sur Twitter, le chef du gouvernement a promis « sa collaboration » — sans détailler ce qu’il a en tête.

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