Les coûts de restauration de l’hôtel de ville de Montréal grimpent à 182 millions

Lundi, le chef de l’opposition, Aref Salem, a révélé qu’un montant de 14 millions s’était ajouté pour le mobilier et des équipements en technologies de l’information et que la facture atteignait maintenant de 182 millions.
Jacques Nadeau Le Devoir Lundi, le chef de l’opposition, Aref Salem, a révélé qu’un montant de 14 millions s’était ajouté pour le mobilier et des équipements en technologies de l’information et que la facture atteignait maintenant de 182 millions.

Les coûts pour la restauration de l’hôtel de ville de Montréal grimpent encore et atteignent maintenant 182 millions de dollars, une situation qui inquiète vivement l’opposition.

En 2015, la Ville avait estimé à 22,5 millions le coût de mise aux normes de l’hôtel de ville. Deux ans plus tard, la facture était montée à 87,8 millions, la Ville ayant constaté qu’il lui faudrait remplacer les équipements électromécaniques et le réseau de chauffage, plutôt que de se limiter à les moderniser. L’année suivante, la facture passait à 116,4 millions. Finalement, en mai dernier, l’administration annonçait que les coûts atteignaient 168 millions en raison notamment de l’augmentation des coûts de construction et de l’absence de soumissions pour certains travaux.

Lundi, le chef de l’opposition, Aref Salem, a révélé qu’un montant de 14 millions s’était ajouté pour le mobilier et des équipements en technologies de l’information et que la facture atteignait maintenant de 182 millions. « Je pense que c’est un manque de planification », a-t-il dit. « Je peux comprendre qu’il y a une augmentation de coûts. C’est normal dans un tel projet. […] Mais c’est très inquiétant ce qu’on est en train de voir. »

La responsable du patrimoine, Émilie Thuillier, a fait valoir que le projet lancé par l’ancien maire Denis Coderre se limitait à une simple mise aux normes de certains équipements de l’hôtel de ville. « Pour nous, l’hôtel de ville, c’est le coeur de la vie citoyenne montréalaise. Le projet a évolué en un projet de restauration patrimoniale exemplaire et en un projet d’appropriation citoyenne de l’hôtel de ville », a-t-elle expliqué lundi.

L’élue a indiqué que le projet revu comprenait non seulement le remplacement des équipements électromécaniques et de ventilation, mais aussi la restauration des fenêtres, des boiseries et de la maçonnerie ainsi que des aménagements pour accueillir les citoyens. « Maintenant, les citoyens auront accès à plusieurs lieux dans l’hôtel de ville et, surtout, à la magnifique terrasse qui sera complètement refaite. Nous pourrons donc faire bénéficier l’ensemble de la population de cette vue extraordinaire à laquelle seulement quelques personnes triées sur le volet lors d’événements spéciaux avaient accès », a-t-elle dit.

Émilie Thuillier a aussi précisé les bureaux et les salles de travail avaient dû être adaptées au travail en mode hybride dans la foulée de la pandémie. Elle a soutenu qu’au pied carré, les coûts de restauration de l’hôtel de ville s’apparentaient à ceux d’autres projets comme l’agrandissement de la bibliothèque L’Octogone, à LaSalle, et celui de la bibliothèque Maisonneuve, dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, soit environ 1070 $ du pied carré.

Les travaux se termineront l’an prochain et les employés pourront réintégrer l’immeuble à la fin de 2023. « Nous allons être fiers de ce projet-là », a insisté Mme Thullier.

Construit entre 1872 et 1878, l’hôtel de ville de Montréal avait été ravagé par un incendie en mars 1922. Il a par la suite été reconstruit et un étage a été ajouté. De 2008 à 2010, les toits et les corniches en cuivre avaient été restaurés.

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