Montréal appelée à soutenir les artistes drags

Au début du mois de juillet, «Le Devoir» révélait que des pressions exercées par au moins une élue de Saint-Laurent auraient menacé d’entraîner l’annulation d’une heure du conte animée par la «drag queen» Barbada, personnifiée par Sébastien Potvin.
Jacques Nadeau Archives Le Devoir Au début du mois de juillet, «Le Devoir» révélait que des pressions exercées par au moins une élue de Saint-Laurent auraient menacé d’entraîner l’annulation d’une heure du conte animée par la «drag queen» Barbada, personnifiée par Sébastien Potvin.

Les élus montréalais seront appelés à se prononcer sur une motion du conseiller indépendant Serge Sasseville en soutien aux artistes drags de la métropole, le tout en marge de la quasi-annulation de L’heure du conte de Barbada dans des bibliothèques de Saint-Laurent, qui a depuis fait volte-face.

Au début du mois de juillet, Le Devoir révélait que des pressions exercées par au moins une élue de l’arrondissement avaient menacé d’entraîner l’annulation de l’activité animée par la drag queen Barbada, personnifiée par Sébastien Potvin. « Ça m’a particulièrement ébranlé », confie M. Sasseville, qui représente le district de Peter-McGill à titre d’élu indépendant.

Cette situation avait d’ailleurs soulevé un tollé et incité la mairesse de Montréal, Valérie Plante, à rappeler le rôle important qu’occupent les drag queens « dans nos bibliothèques et lieux de diffusion ». « Par leur présence et leur art, elles contribuent à faire de Montréal une ville plus ouverte, juste et inclusive », écrivait alors l’élue municipale sur les réseaux sociaux. 

L’arrondissement a corrigé le tir au début du mois d’août, en promettant que cette activité aura lieu comme prévu le 5 novembre dans les bibliothèques du Vieux-Saint-Laurent et du Boisé, après que Barbada eut rencontré le maire et des élus d’arrondissement pour leur expliquer en quoi consiste cette activité et rassurer ceux qui étaient préoccupés.

Malgré ce dénouement, Serge Sasseville estime que des leçons doivent être tirées de cette saga afin d’éviter qu’elle ne se reproduise. Il rappelle d’ailleurs, dans la motion qui sera débattue pendant la séance du conseil municipal du 22 août, que la lecture de contes par des artistes drags est une « activité fréquente » dans les bibliothèques municipales, qui a eu lieu « sans controverse » dans les dernières années « à des dizaines de reprises » à Montréal, « à la grande joie des parents et des enfants ».

« Il ne faut plus que ça se reproduise », insiste au Devoir M. Sasseville, au sujet de « l’incident » survenu à Saint-Laurent. « Le but de cette motion, c’est de lancer un message », explique l’élu, lui-même membre de la communauté LGBTQ +, qui souhaite rappeler que nous sommes « tous égaux ».

Prendre position

 

La motion demande ainsi que la Ville de Montréal « réaffirme qu’il y aura toujours de la place pour les artistes drags », incluant dans les bibliothèques municipales, en plus de s’engager à « lutter contre l’homophobie, la transphobie et contre toutes les formes de discriminations » qui affectent la communauté LGBTQ +.

« C’est important que Montréal prenne position là-dessus », estime M. Sasseville, dont le texte reçoit l’appui de la conseillère de Projet Montréal dans le district du Mile-End, Marie Plourde.

Le cabinet de la mairesse Valérie Plante n’a pas voulu commenter cette motion, préférant attendre que celle-ci soit présentée lors de la séance du conseil municipal. Serge Sasseville espère pour sa part que son document sera adopté à l’unanimité par les 65 élus qui siègent à cette instance.

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