Montréal nomme Martin Prud’homme directeur adjoint à la sécurité urbaine

Martin Prud'homme sera le premier à occuper ce poste nouvellement créé par l’administration de Valérie Plante.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Martin Prud'homme sera le premier à occuper ce poste nouvellement créé par l’administration de Valérie Plante.

L’ancien grand patron de la Sûreté du Québec (SQ) Martin Prud’homme deviendra le premier directeur adjoint à la sécurité urbaine de la Ville de Montréal, un nouveau poste administratif créé par l’administration de Valérie Plante.

« Je suis un homme heureux. J’accepte un mandat qui me fait grandement plaisir », a indiqué Martin Prud’homme lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville mercredi, en compagnie de la mairesse Plante et du directeur général de la Ville, Serge Lamontagne. « J’ai eu une belle carrière de 33 ans. Au gouvernement du Québec, j’ai eu de beaux mandats. J’ai eu un passage qui a été plus difficile, mais pour moi, la page est tournée. »

La création de ce nouveau poste avait été annoncée en février dernier par l’administration Plante, qui disait vouloir faire de la sécurité urbaine une priorité dans la foulée de la flambée de violence armée dans la métropole. À l’issue d’un processus d’affichage, la Ville a reçu des dizaines de candidatures, et c’est celle de M. Prud’homme qui a été retenue.

La mairesse a vanté sa grande connaissance du travail de policier, de même que sa solide expérience comme gestionnaire.

Le choix du chef

La première tâche de Martin Prud’homme sera de définir les modalités de la consultation publique que la Ville veut mener sur le choix du prochain chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Rappelons qu’après le départ à la retraite de l’ancien directeur Sylvain Caron, Montréal a nommé Sophie Roy de façon intérimaire à la tête du SPVM.

Martin Prud’homme a précisé que, selon lui, le prochain chef de police devra avoir des qualités de communicateur, être doté d’une grande intégrité et faire preuve de transparence. Selon lui, il n’y aura pas de confusion entre son rôle et celui du futur directeur du SPVM. « La chance que j’ai, c’est d’avoir occupé les deux chaises, de sous-ministre et de directeur », a-t-il dit. « Je vais respecter les responsabilités du directeur [du SPVM]. »

Les fonctions de M. Prud’homme seront administratives, et il relèvera du directeur général de la Ville, Serge Lamontagne. La nouvelle unité encadrera les activités du SPVM, mais aussi celles du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), du Greffe et des Affaires juridiques. Elle s’ajoutera aux quatre autres unités relevant de la direction générale de la Ville.

Les services, dont le SPVM et le SIM, conserveront leur autonomie, a insisté Serge Lamontagne. Celui-ci a rappelé que, mis ensemble, les budgets du SPVM et du SIM totalisaient 2 milliards de dollars et que leurs effectifs représentaient près de 20 % des employés de la Ville de Montréal. « Ça me prenait quelqu’un à temps plein, complètement voué à la sécurité urbaine, pour alimenter ces directions et pour se projeter à long terme », a affirmé M. Lamontagne.

Au-delà de la réponse policière

Selon M. Prud’homme, « Montréal est une des villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord », malgré la multiplication des événements violents. La sécurité publique est une question complexe qui ne se limite pas à la question policière, a-t-il fait valoir. « On peut avoir de bons résultats sur le plan policier, mais si le lien de confiance n’est pas là, les résultats sont considérés comme nuls. »

Ancien directeur de la SQ, Martin Prud’homme avait connu une fin de mandat difficile après qu’un comité d’experts eut recommandé sa destitution. À l’époque, Martin Prud’homme s’était dit victime d’une « vaste partie de pêche visant à [l’]associer aux fuites médiatiques » de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en raison de ses liens d’amitié avec le député lavallois Guy Ouellette et de ses liens familiaux avec l’ex-commissaire à l’UPAC Robert Lafrenière, dont il est le gendre.

Après une suspension de deux ans, M. Prud’homme avait finalement conclu une entente avec le gouvernement en 2021 afin de prendre sa retraite. Québec avait alors retiré sa demande d’enquête déontologique à la Commission de la fonction publique.

Rappelons que Martin Prud’homme avait aussi été nommé à la tête du SPVM en décembre 2017, dans la foulée du rapport de Michel Bouchard qui avait relevé de graves lacunes au sein du corps de police et qui avait amené Québec à suspendre le chef Philippe Pichet.

À Québec, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a été peu loquace au sujet de la récente nomination de M. Prud’homme. « C’est une embauche qui n’a absolument rien à voir avec le gouvernement du Québec. Donc, je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus », a-t-elle dit.

À voir en vidéo