Montréal signera un traité contre la prolifération des combustibles fossiles

Valérie Plante a rappelé que les énergies fossiles étaient responsables de 86 % des émissions de CO2 responsables des changements climatiques au cours de la dernière décennie
Valérian Mazataud Le Devoir Valérie Plante a rappelé que les énergies fossiles étaient responsables de 86 % des émissions de CO2 responsables des changements climatiques au cours de la dernière décennie

Montréal signera un traité de non-prolifération des combustibles fossiles. La résolution à cette effet déposée par Valérie Plante a reçu l’aval du conseil municipal lundi. La mairesse souhaite ainsi envoyer un « message clair » aux gouvernements supérieurs en faveur de la protection de l’environnement.

Quoique symbolique, ce geste est important aux yeux de la mairesse. « Ce n’est pas une question de politique, c’est une question de gros bon sens. Le GIEC [Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat] invite tous les gouvernements à agir pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici 2025 », a-t-elle indiqué lundi.

Elle a rappelé que les énergies fossiles étaient responsables de 86 % des émissions de CO2 responsables des changements climatiques au cours de la dernière décennie. Plusieurs villes, parmi lesquelles Toronto, Vancouver, Los Angeles et Paris, ont déjà signé le traité de non-prolifération des combustibles fossiles et l’Assemblée nationale a récemment voté une loi interdisant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en territoire québécois.

Au passage, la mairesse a écorché le projet pétrolier de Bay du Nord, qui a récemment reçu l’aval du gouvernement fédéral, qu’elle a qualifié de « contre-productif ». « C’est évidemment que le projet Bay du Nord va à l’encontre des efforts qui sont déployés par la Ville de Montréal pour faire sa part », a-t-elle souligné.

La Ville a pris plusieurs engagements envers le climat, a insisté la mairesse en citant la promesse de carboneutralité d’ici 2050, la réduction de 55 % des GES à Montréal d’ici 2030 (par rapport à 1990), la création du Grand parc de l’Ouest, l’interdiction des plastiques à usage unique et les restrictions concertant la distribution de circulaires.

La Ville tiendra d’ailleurs mardi prochain son premier sommet sur le climat, qui réunira des partenaires du privé et du public, afin de discuter de gestes à poser pour la protection de l’environnement et faire un suivi des actions déjà mises en place.

Ce sommet coïncide avec la tenue des funérailles nationales de Guy Lafleur, le 3 mai prochain, mais la Ville n’envisage pas de repousser l’événement. « La planète ne peut pas attendre », a dit Valérie Plante.

L’opposition estime que l’administration devrait se concentrer sur les enjeux montréalais en matière d’environnement avant d’envisager la signature de traités internationaux. « Valérie Plante fait beaucoup de demandes aux autres ordres de gouvernement, mais en ce qui concerne ce qui arrive réellement ici, dans notre ville, comme la crise du recyclage ou la décontamination des sols, il n’y a pas d’avancement dans ces dossiers-là », a fait remarquer la conseillère d’Ensemble Montréal, Stéphanie Valenzuela.

Hommage à Guy Lafleur

Questionnée lundi au sujet du décès de l’ex-numéro 10 du Canadien de Montréal, Valérie Plante a précisé que la Ville entendait rendre hommage au hockeyeur, possiblement en nommant un lieu à sa mémoire. « C’est sûr qu’on va trouver une façon d’honorer la mémoire et le legs de M. Lafleur », a-t-elle dit. « Vous imaginez bien que M. Lafleur était déjà dans les plans de la ville. Les grands Montréalais, on pense à eux même en amont. »

La mairesse a cependant rappelé que les règles en matière de toponymie à Montréal étaient strictes. « On doit attendre une année avant de pouvoir proposer officiellement un lieu, mais j’ai envie de vous dire que le travail est déjà commencé », a souligné Mme Plante.

La semaine dernière, le premier ministre François Legault s’était montré ouvert à renommer l’autoroute 50 en l’honneur de Guy Lafleur.

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