Montréal confirme la protection d’une partie du golf d’Anjou

L’avenir du Club de golf métropolitain Anjou est au centre d’une discorde entre l’administration Plante et le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, depuis des années.
Golf métropolitain d’Anjou L’avenir du Club de golf métropolitain Anjou est au centre d’une discorde entre l’administration Plante et le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, depuis des années.

Montréal franchit une autre étape pour protéger le Club de golf métropolitain Anjou. Le comité exécutif a approuvé mercredi matin la modification de l’affectation d’une partie de ce terrain de l’Est de Montréal en lui accordant la vocation de « grand espace vert ».

L’administration Plante compte aussi préserver le parc du Boisé-Jean-Milot, situé dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, un terrain reconnu depuis 2008 par l’arrondissement comme un milieu naturel à protéger.

En campagne électorale, Projet Montréal avait promis de créer un grand parc dans l’Est de Montréal et la protection du golf faisait partie des engagements à réaliser pendant les premiers 100 jours d’un deuxième mandat. En avril dernier, l’administration Plante avait d’ailleurs annoncé ses intentions quant à la protection du site dans une déclaration adoptée au conseil municipal.

L’avenir du Club de golf métropolitain Anjou est au centre d’une discorde entre l’administration Plante et le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, depuis des années, car celui-ci souhaitait qu’une partie de ce secteur puisse accueillir des activités industrielles. Compte tenu de son litige avec l’administration Plante, le maire d’Anjou avait conclu une alliance avec le candidat à la mairie de Montréal Denis Coderre pendant la campagne électorale.

Auparavant, en 2018, l’entreprise Solargise avait exprimé le souhait d’installer son usine de panneaux solaires sur le terrain du golf d’Anjou, mais le projet n’avait pu se concrétiser, faute d’une entente avec le propriétaire du terrain de golf. L’entreprise avait finalement décidé de s’implanter dans la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield. Le maire Luis Miranda avait alors reproché à l’administration Plante de mettre des bâtons dans les roues de l’entreprise.

Le maire d’Anjou mécontent

Valérie Plante estime qu’il vaut mieux protéger des terrains qui sont déjà verts, plutôt que d’acheter des terrains industriels et devoir les décontaminer pour ensuite les transformer en parcs. Elle a invoqué mercredi matin « une question de gros bon sens ». Selon les documents fournis par la Ville, le secteur visé par cette nouvelle protection est situé dans la partie sud du golf qui était identifié comme ayant une vocation industrielle dans le Schéma d’aménagement. Il s’agit d’un terrain appartenant à des intérêts privés — la famille Di Lillo — de 40 hectares, ce qui porte à 80 hectares la superficie bénéficiant de l’affectation de grand espace vert au Schéma d’aménagement.

« Cette modification que l’on fait pour le Club de golf métropolitain d’Anjou ne va pas empêcher les activités du club de golf », a tenu à préciser la mairesse. « On vient plutôt mettre un changement d’affectation qui va nous permettre de le protéger. »

Joint par Le Devoir, le maire Miranda dit avoir appris la nouvelle sur Twitter, en lisant les messages publiés par Projet Montréal. « Je trouve ça un peu particulier. » L’élu reproche à l’administration Plante son « amateurisme » et son manque de vision en matière de développement économique. « On n’a eu aucune communication de personne pour nous demander ce qu’on en pensait. »

L’élu soutient qu’il avait communiqué avec l’administration l’an dernier dans le but de discuter d’un plan global pour le site du Club de golf métropolitain Anjou afin de déterminer les zones à protéger et celles à développer. « La réponse, on l’a eue ce matin sur Twitter », indique M. Miranda, qui dit ignorer quels terrains sont visés par la nouvelle protection. « En quatre ans, on peut faire beaucoup de dommages à la réputation d’une ville comme Montréal alors qu’on sort d’un marasme économique de deux ans. Il faut créer de la richesse, des bons emplois. »

Le responsable d’urbanisme au comité exécutif, Robert Beaudry, estime que le maire d’Anjou ne peut s’étonner de la décision prise par l’administration. « M. Miranda a beau dire ce qu’il veut, il n’y a pas de surprise. Il y a eu des échanges pendant le dernier mandat. C’était très clair avec la déclaration [au conseil municipal] où il loge et où nous logeons », dit-il.

Le développement industriel ne sera plus possible sur cette partie du site, mais le propriétaire pourra continuer à opérer un golf et faire du développement en lien avec des activités récréatives, précise-t-il. « On juge qu’on est dans notre droit. Nos intentions avaient été annoncées au dernier mandat. On espère que le promoteur partage nos préoccupations sur la crise climatique qu’on vit actuellement », a commenté M. Beaudry.

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