Montréal investira 10 millions dans ses jardins communautaires

La Ville compte aussi augmenter la superficie d’espaces cultivables destinée aux résidents.
Valérian Mazataud Le Devoir La Ville compte aussi augmenter la superficie d’espaces cultivables destinée aux résidents.

Montréal investira 10 millions de dollars au cours des 10 prochaines années dans des projets d’agriculture urbaine afin de remettre aux normes ses jardins communautaires et d’aménager de nouveaux espaces destinés à la culture de fruits et de légumes.

Le comité exécutif approuvera mercredi matin un règlement d’emprunt pour ce projet lors de sa séance hebdomadaire.

L’engouement pour l’agriculture urbaine a pris de l’ampleur au cours des dernières années. Montréal compte près d’une centaine de jardins communautaires issus d’un programme lancé en 1975, mais certains d’entre eux ont besoin de rénovations. Et dans certains cas, l’attente pour obtenir un espace de jardinage peut s’étirer jusqu’à sept ans. L’espace manque pour les jardiniers amateurs. « La demande est vraiment forte », reconnaît la responsable de la transition écologique et de l’environnement au comité exécutif, Marie-Andrée Mauger. « C’est pour ça qu’on travaille à développer d’autres formes d’agriculture urbaine. La Ville s’est démarquée à l’échelle internationale avec cette formule de jardins communautaires née dans les années 1970. Mais avec la rareté de l’espace, je doute qu’on puisse réussir à répondre à toutes les demandes. »

Montréal aimerait privilégier le concept de jardins collectifs selon lequel un groupe entretient des espaces communs et partage les récoltes. De nouveaux espaces à cultiver pourraient aussi être créés sur des terrains sous-utilisés, sur les toits et dans des stationnements, par exemple. Mme Mauger évoque également la création d’îlots d’arbres fruitiers dans les parcs. 

Équité souhaitée

Montréal prévoit ainsi investir un million de dollars par année pendant 10 ans. La première année du programme servira notamment à la rénovation des installations jugées désuètes, comme les clôtures, les cabanons et les systèmes d’arrosage, à l’agrandissement des pourtours des jardins ou à l’installation de bacs.

Les arrondissements seront invités à soumettre au Bureau de la transition écologique et de la résilience des projets élaborés en collaboration avec des organismes communautaires. Marie-Andrée Mauger insiste sur l’importance d’assurer une équité entre les arrondissements.

Au fil des ans, plusieurs jardins communautaires ont dû être fermés ou utilisés pour la culture de fleurs en raison de la contamination des sols. Les coûts de décontamination sont cependant tellement élevés que la réhabilitation des sols n’est pas envisageable à court terme, admet Mme Mauger. « Pour l’instant, la décontamination ne fera pas partie des critères du programme. Par contre, dans ces espaces, il serait possible de cultiver en bacs. L’intérêt des bacs, c’est qu’en plus de contourner le problème des sols contaminés, on rend le jardinage possible pour les personnes à mobilité réduite et les aînés. »

L’an dernier, l’administration Plante avait adopté sa Stratégie d’agriculture urbaine 2021-2026 avec pour objectif de faire passer les superficies cultivables de 120 à 160 hectares en cinq ans.

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