Montréal facilitera l’accès à la propriété

Selon la Ville, la mesure annoncée aura pour effet de doubler le nombre de ménages admissibles au programme.
Photo: Marc Bruxelle Getty Images / iStock Selon la Ville, la mesure annoncée aura pour effet de doubler le nombre de ménages admissibles au programme.

La Ville de Montréal élargit l’accès à son programme d’appui à l’acquisition résidentielle pour l’adapter à la flambée des prix dans le secteur immobilier. La mairesse Valérie Plante espère ainsi tisser des liens avec les promoteurs, sur lesquels elle mise pour concrétiser son engagement de réaliser 60 000 logements abordables dans la métropole dans les prochaines années.

« C’est le dialogue constant qui va permettre de développer les bons outils pour répondre aux besoins qui sont constamment en changement » dans le secteur de l’immobilier, a évoqué mardi Mme Plante, qui a ainsi tendu une main aux promoteurs lors d’un événement virtuel organisé par l’Institut de développement urbain du Québec (IDU), qui représente plusieurs d’entre eux dans la métropole.

La mairesse a alors annoncé la concrétisation prochaine de l’une de ses promesses électorales concernant la bonification du programme d’appui à l’acquisition résidentielle de la Ville, qui a permis depuis 2018 à près de 6400 familles d’obtenir le remboursement des droits de mutation (taxe de bienvenue) que celles-ci ont dû débourser dans le processus d’achat d’une propriété.

À partir du 16 février, le prix d’achat maximal des propriétés admissibles à ce programme gonflera de 15 % pour les habitations existantes et de 35 % pour les propriétés neuves, a confirmé Mme Plante mardi.

Le plus important montant admissible atteindra ainsi 305 000 dollars pour une personne seule procédant à l’achat d’une propriété neuve. Ce coût d’achat maximal passera par ailleurs de 630 000 à 725 000 dollars dans le cas d’une famille faisant l’acquisition d’une propriété existante.

Selon la Ville, cette mesure aura pour effet de doubler le nombre de ménages admissibles à ce programme, qui tiendra alors compte davantage de la hausse rapide des prix qu’a connue le marché immobilier montréalais dans les dernières années.

« On considère que ça répond à un grand besoin », a ainsi fait valoir Mme Plante, qui a rappelé que ce programme permet à une famille qui fait l’acquisition d’une propriété dans la métropole de recevoir jusqu’à 15 000 $ comme coup de pouce financier de la part de la Ville.

Main dans la main

L’IDU a accueilli favorablement cette annonce, lors de laquelle la mairesse a d’ailleurs fait état de son intérêt à travailler « main dans la main » avec les promoteurs pour faciliter la réalisation de 60 000 logements abordables dans la métropole, un projet dont l’ensemble du cadre financier n’a pas encore été détaillé. « Ce que je trouve intéressant, c’est la reconnaissance de la part de la Ville qu’il y a des efforts à faire du côté de l’accès [au logement] », a évoqué au Devoir le président-directeur général de l’IDU, Jean-Marc Fournier, en marge de cet événement.

Ce dernier a toutefois dit voir un manque de cohérence entre cette annonce et la décision de la Ville d’imposer aux promoteurs immobiliers des contributions financières plus élevées dans son Règlement pour une métropole mixte, par rapport à l’ancienne stratégie d’inclusion de la Ville. Une mesure qui risque, selon lui, de « pénaliser l’accès » à la propriété, puisque cette facture sera reportée sur les acheteurs, a-t-il fait valoir. « Ça défavorise la densification », contribuant ainsi à l’étalement urbain, a-t-il lancé.

Une position que ne partage évidemment pas la mairesse Valérie Plante, qui mise sur ce règlement pour accélérer la construction de logements sociaux et abordables à Montréal. « Là où on s’entend, c’est que l’assiette fiscale et les sources de revenus de la Ville doivent être diversifiées » afin que Montréal dépende moins de la taxe foncière pour financer ses activités, a-t-elle toutefois convenu pendant cet événement virtuel.

En plus d’envisager le recours à l’écofiscalité, qui pourrait prendre la forme d’une « taxe kilométrique », la Ville doit augmenter la pression auprès de Québec pour que le gouvernement finance davantage la construction de logements abordables et sociaux dans la métropole, a d’ailleurs soutenu M. Fournier mardi. Car, « si le provincial ne libère pas les fonds, ça n’avancera pas », craint-il.

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