Des allocations de plus de quatre millions pour les anciens élus montréalais

En vertu des règles en vigueur, les élus qui ont complété un mandat de quatre ans ont droit à l’équivalent d’un an de salaire à titre d’allocation de transition.
Photo: Archives Getty Images En vertu des règles en vigueur, les élus qui ont complété un mandat de quatre ans ont droit à l’équivalent d’un an de salaire à titre d’allocation de transition.

Des indemnités totalisant plus de quatre millions de dollars seront versées aux élus montréalais qui ont quitté la vie politique ou qui ont perdu leurs élections le 7 novembre dernier. Quarante anciens maires ou conseillers municipaux auront ainsi eu droit à des allocations de départ et de transition accordées en vertu de la Loi sur le traitement des élus municipaux.

Conseillère municipale pendant huit ans, puis mairesse de l’arrondissement de LaSalle pendant 18 ans, Manon Barbe est celle qui touchera le montant le plus important, soit 226 449 $. Rappelons que Mme Barbe avait décidé de ne pas solliciter un autre mandat l’an dernier.

Elle est suivie par François Croteau, qui a été maire de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie pendant 12 ans. M. Croteau, qui a récemment été recruté par la firme Ryan Affaire publiques à titre de conseiller spécial, a reçu une somme de 217 564 $ en indemnités.



 

Rappelons qu’en vertu des règles en vigueur, les élus qui ont complété un mandat de quatre ans ont droit à l’équivalent d’un an de salaire à titre d’allocation de transition. L’allocation de départ est pour sa part calculée en fonction du nombre d’années de participation au Régime de retraite des élus municipaux. Le calcul des indemnités tient aussi compte des fonctions occupées par les élus au sein des diverses instances telles que la Société de transport de Montréal (STM), la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ou l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

En 2017, les montants accordés par la Ville de Montréal avaient été d’un peu moins de quatre millions de dollars.

Modification à la loi

Parmi les anciens élus ayant reçu les indemnités les plus importantes figure l’ancien maire de Verdun, Jean-François Parenteau, qui a obtenu une somme de 171 334 $. Élu une première fois en 2013 avec l’équipe de Denis Coderre, M. Parenteau s’était vu confier par la mairesse Valérie Plante un poste au sein du comité exécutif en 2017. L’ancien maire de Verdun a récemment décroché un poste de directeur stratégique au CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal.

L’ex-chef de l’opposition Lionel Perez, qui avait mordu la poussière en novembre dernier contre la nouvelle mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Gracia Kasoki Katahwa, aura droit à un montant de 157 863 $.

L’ancien conseiller de Projet Montréal dans le Plateau-Mont-Royal Richard Ryan recevra pour sa part 151 825 $. Quant au doyen du conseil municipal, Marvin Rotrand, il touchera 127 498 $ après 39 ans de services.

Dans le passé, le versement d’indemnités de départ a suscité plusieurs controverses. Condamné pour fraude, l’ancien maire de Montréal par intérim, Michael Applebaum, avait touché un montant de 268 000 $ après sa démission en 2012. La Ville de Montréal s’était d’ailleurs adressée aux tribunaux pour tenter de récupérer cette somme — à laquelle l’ancien élu avait pourtant droit à l’époque —, mais en vain. Après la démission de M. Applebaum, la Loi sur le traitement des élus municipaux a été modifiée. Un élu poursuivi et condamné pour un acte criminel passible de deux ans ou plus d’emprisonnement s’expose désormais à une demande de remboursement de ses allocations.

À voir en vidéo