Le SPVM tiendra un forum sur les violences armées

La rencontre réunissant des acteurs du milieu communautaire et institutionnel aura lieu les 26 et 27 janvier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La rencontre réunissant des acteurs du milieu communautaire et institutionnel aura lieu les 26 et 27 janvier.

Aux prises avec une flambée des événements violents impliquant des armes à feu, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) organisera un forum en janvier prochain afin de trouver des solutions à ce phénomène, qui a fait plusieurs victimes au cours des derniers mois.

Le SPVM souhaite réunir des représentants du milieu communautaire et du secteur institutionnel lors d’un événement qui se tiendra les 26 et 27 janvier, a expliqué le directeur adjoint du SPVM, Vincent Richer, lors d’une conférence de presse, lundi, en compagnie de Valérie Plante.

La mairesse a reconnu que la tenue d’un tel forum ne ferait pas cesser les fusillades, mais que l’exercice permettrait de dégager des solutions. « Il faut réfléchir collectivement », a-t-elle dit, évoquant la volonté de partenaires, tels que les directions d’écoles, à participer à de telles discussions.

Auparavant, le Service de la diversité et de l’inclusion sociale tiendra une rencontre avec des partenaires communautaires sur la violence et sur la prévention les 7 et 8 décembre afin de dresser un portrait de la situation.

Questionné sur le phénomène de scoring qui pourrait être à l’origine du décès de Thomas Trudel, 16 ans, Vincent Richer n’a pas voulu dévoiler de détails sur l’enquête de crainte de nuire au travail des policiers. Rappelons que ce phénomène s’appuie sur le désir de vengeance entre gangs de rue. Ces actes de violence sont toutefois susceptibles de faire des victimes qui n’ont rien à voir avec les conflits, comme cela pourrait être le cas pour Thomas Trudel.

« Immobilisme »

La mairesse Plante a par ailleurs admis que sa promesse électorale visant l’embauche de 250 policiers d’ici la fin de 2022 ne constituait pas un ajout net de policiers, mais permettrait notamment de remplacer les départs à la retraite. Elle a soutenu que cet objectif d’embauches avait été déterminé avec le SPVM et que des discussions avaient eu lieu avec la Fraternité des policiers. La mairesse n’a cependant pas voulu chiffrer l’augmentation nette du nombre de policiers envisagée d’ici la fin de 2022. « De la même façon que l’on a été à l’écoute et qu’on a ajouté des policiers en fonction des besoins, je pense à l’escouade ELTA entre autres, on va être au rendez-vous en fonction de la situation », a-t-elle affirmé.

Pour le chef de l’opposition, Aref Salem, l’idée d’un forum pour discuter des violences armées tient de l’« immobilisme ». « Il y a déjà des idées qui ont été mises en avant », a-t-il dit en rappelant les promesses d’Ensemble Montréal en matière de sécurité publique, dont la mise en place d’équipes mixtes et l’ajout d’effectifs. « Je pense qu’il faut agir beaucoup plus rapidement, beaucoup plus vite. On ne peut pas attendre qu’il y ait un autre homicide », a-t-il ajouté, estimant « très inquiétant » que ses propres enfants lui demandent de les accompagner à l’école.

Il a dénoncé le changement de cap de la mairesse au sujet de la promesse de Projet Montréal d’embaucher 250 policiers d’ici la fin de 2022. « Ç’a pris 22 jours à la mairesse pour briser sa première promesse électorale », a-t-il déploré. « Je pense qu’elle a induit volontairement les Montréalais en erreur. »

Rappelons qu’en campagne électorale, Denis Coderre, qui dirigeait Ensemble Montréal, avait promis l’embauche de 250 policiers, mais dans son cas, il s’agissait d’un ajout net d’effectifs qui aurait permis au SPVM d’atteindre le maximum autorisé, soit 4800 policiers, ce qui n’est pas le cas de Valérie Plante.

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