Valérie Plante promet d’être à l’écoute des Montréalais

«Ensemble, nous allons faire de grandes choses», a déclaré Valérie Plante aux nouveaux élus et invités réunis au Palais des congrès pour la cérémonie d’assermentation.
Photo: Adil Boukind Le Devoir «Ensemble, nous allons faire de grandes choses», a déclaré Valérie Plante aux nouveaux élus et invités réunis au Palais des congrès pour la cérémonie d’assermentation.

La mairesse Valérie Plante a amorcé son second mandat jeudi soir lors de la cérémonie d’assermentation en insistant sur les dossiers prioritaires, comme l’habitation, la transition écologique et le développement économique.

« Ensemble, nous allons faire de grandes choses », a-t-elle déclaré aux nouveaux élus et invités réunis au Palais des congrès pour la cérémonie d’assermentation. « Nous allons être à l’écoute. Nous allons rester connectés aux réalités du terrain. »

Cet événement protocolaire officialise l’entrée en fonction des maires et conseillers pour leur mandat de quatre ans. Les élus étaient au nombre de 97 puisque six postes font l’objet de dépouillements judiciaires. Les résultats de ceux-ci ne seront pas connus avant la semaine prochaine.

La cérémonie s’est ouverte avec une allocution de Ka’nahsohon Kevin Deer, de la Mohawk Trail Longhouse. Après que les élus eurent prêté serment, la mairesse a pris la parole pour parler des grands thèmes qui devraient marquer son second mandat. « La métropole vit une période absolument unique. Après avoir traversé une pandémie mondiale que personne n’aurait pu prévoir, elle se remet sur pied et envisage un avenir plus vert et plus inclusif ».

Parité et diversité

« Jamais Montréal n’a pu compter sur un groupe d’élus aussi représentatifs de sa population, aussi à l’image de notre ville », a ajouté la mairesse. Rappelons que la nouvelle cohorte de maires et de conseillers municipaux est majoritairement féminine, avec 61 femmes et 42 hommes. C’est huit femmes de plus qu’en 2017. Elle est aussi plus diversifiée, les élus issus des minorités étant plus nombreux que lors du mandat précédent.

Valérie Plante entame son second mandat alors que la question de la violence armée fait les manchettes depuis le décès du jeune Thomas Trudel survenu dans le quartier Saint-Michel dimanche dernier. Lors d’un point de presse à l’issue de la cérémonie, la mairesse a réitéré son intention de s’attaquer à la question de la sécurité publique. Elle a promis de réaliser sa promesse de doubler le financement aux organismes communautaires qui travaillent en prévention et d’embaucher des policiers supplémentaires.

Elle juge toutefois que la position du gouvernement fédéral, qui affirme qu’aucun consensus n’existe au Canada concernant l’interdiction des armes de poing, est insuffisante. « Quand on est un dirigeant politique au pouvoir, des fois, il faut prendre des décisions, même lorsqu’elles ne sont pas consensuelles, lorsqu’il est question de l’intérêt public. […] On parle d’un enjeu qui fait que des jeunes et des moins jeunes ont peur de se promener dans la rue. Alors, pour moi, ce n’est pas une réponse acceptable. »

La mairesse a promis de montrer de l’audace dans les quatre prochaines années. « Ce dont j’ai envie de faire preuve dans ce mandat, c’est de courage, comme je l’ai fait dans le premier mandat en reconnaissant le racisme systémique, en allant de l’avant avec certains projets qui ont été contestés, mais qui maintenant sont salués. Je pense au REV Saint-Denis, salué autant pas les commerçants que par les cyclistes », a-t-elle expliqué.

La mairesse devra aussi former son nouveau comité exécutif, ce qu’elle prévoit faire la semaine prochaine. La présence accrue de femmes et de membres des minorités visibles parmi les élus se reflétera dans la nouvelle administration, a-t-elle dit : « Ça va venir influencer de façon très positive les décisions qui vont être prises et la façon d’aborder certains enjeux dans ce souci de représenter l’ensemble de la population. »

Au sujet des anomalies observées dans la compilation des bulletins de vote, Valérie Plante s’est dite ouverte à ce que des vérifications supplémentaires soient faites. « Je pense qu’il faut tout mettre en place pour s’assurer que le processus démocratique a été fait en bonne et due forme. Aller voter, c’est important. Alors, si Élections Montréal considère qu’il pourrait y avoir des anomalies, il faut faire le processus. Je suis [à l’aise] avec ça. »

De son côté, le nouveau chef de l’opposition, Aref Salem, s’est engagé à surveiller de près l’administration afin de s’assurer qu’elle concrétise ses promesses électorales, notamment en ce qui a trait à l’embauche de 250 policiers supplémentaires et à l’aide aux personnes en situation d’itinérance. « J’ai déjà dit que je tendrais la main à l’administration quand il le faut. On est tous élus pour rendre des services aux Montréalais et je vais travailler dans ce sens-là avec mon équipe. »

Femmes majoritaires

La présence de 61 femmes parmi les 103 élus réjouit Esther Lapointe, directrice générale du groupe Femmes, politique et démocratie. « Ça fait des années qu’on dit que les femmes aiment la politique. Mais ce sont les obstacles systémiques qui rendaient leur cheminement politique plus difficile. »

Mme Lapointe note d’ailleurs que les partis ont fait d’importants efforts pour présenter des candidatures féminines ou issues de la diversité en grand nombre lors de la campagne électorale. « En politique municipale, il y a quasiment une prime à l’urne pour les femmes. Sur le plan statistique, quand une femme se présente au municipal, elle a beaucoup plus de chances de l’emporter qu’au provincial ou au fédéral. »

Elle croit aussi que « l’effet Valérie Plante » a joué cette année, non seulement à Montréal, mais également dans d’autres grandes villes. « Les préoccupations sociales viennent beaucoup chercher les femmes. Ça fait un bout de temps que les femmes ont compris que ce n’est pas en restant chez soi qu’on va régler les problèmes. »

-30-

À voir en vidéo