Aref Salem devient chef intérimaire d’Ensemble Montréal

Aref Salem remplace de manière intérimaire Denis Coderre à la tête du parti Ensemble Montréal.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Aref Salem remplace de manière intérimaire Denis Coderre à la tête du parti Ensemble Montréal.

Le conseiller dans l’arrondissement de Saint-Laurent Aref Salem a pris la tête mardi du parti d’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal, quelques jours jours après que Denis Coderre ait annoncé son départ de l’arène politique, laissant derrière lui une formation « à rebâtir ».

M. Salem, qui est conseiller du district Norman-McLaren depuis 2009, a ainsi dévoilé mardi matin être devenu chef intérimaire du parti Ensemble Montréal, au terme d’un vote secret auquel ont pris les élus de la formation. De son propre aveu, M. Salem hérite d’un parti « à rebâtir » au terme d’une élection municipale qui a mené à une seconde défaite de suite de la formation contre le parti Projet Montréal, dirigé par Valérie Plante. Cette dernière a récolté 52,14 %, contre 37,97 % pour Denis Coderre, qui a annoncé la fin de sa longue carrière politique vendredi dernier.

« Nous avons tous vu les résultat des dernières élections et nous savons déjà que nous avons beaucoup de défis devant nous », a reconnu M. Salem. Ensemble Montréal a fait élire 38 de ses candidats sur un total de 103 districts le 7 novembre dernier. En ce qui a trait uniquement au conseil municipal, qui exclut les conseillers d’arrondissement, le parti y obtient 23 sièges, contre 37 pour la formation de Valérie Plante.

« En tant qu’opposition officielle, on va tendre la main à l’administration actuelle sur des sujets, dans l’intérêt des Montréalais. Et on va aussi les talonner sur différents sujets », a renchéri M. Salem. Le conseiller a ainsi indiqué qu’il entend suivre de près l’adoption du prochain budget de la Ville afin de s’assurer que l’administration de Mme Plante « respecte son engagement », pris en campagne électorale, de ne pas hausser de plus de 2 % les taxes municipales des Montréalais, en 2022.

« Nous allons aussi les talonner pour l’embauche de 250 policiers rapidement », a ajouté M. Salem. Pendant la campagne électorale, Ensemble Montréal a d’abord promis, s’il était porté au pouvoir, d’embaucher 250 policiers supplémentaires rapidement. Mme Plante a ensuite promis le même nombre de nouvelles embauches, mais en se donnant un échéancier en ce sens, soit d’ici la fin de 2022.

« On ne peut pas juste attendre Québec pour voir ce qu’il compte faire. Il faut que la Ville procède avec l’embauche de 250 policiers, comme elle l’a promis », a insisté M. Salem.

L’élu, qui a été porte-parole d’Ensemble Montréal en matière de développement économique pendant le dernier mandat, promet d’autre part de contribuer à la relance de la métropole. « On sort d’une crise sanitaire et on devra rebâtir l’économie de Montréal, donc on va être au rendez-vous », a-t-il dit.

M. Salem s’est toutefois fait évasif lorsque questionné par les médias sur la santé financière du parti dont il hérite. Vendredi dernier, Denis Coderre a affirmé que la dette du parti serait épongée, notamment grâce au remboursement auquel a droit la formation au terme de la campagne électorale.

« Je vous reviendrai avec ça. Je veux juste prendre le temps de m’asseoir avec le parti », avant d’aborder l’état de ses finances, a répondu M. Salem. Ce dernier a d’ailleurs affirmé qu’il s’attend à siéger comme chef intérimaire pendant « les trois prochaines années », le temps que le parti trouve celui qui siègera officiellement à la tête du parti.

Le parti entend aussi faire le point sur les raisons qui auraient mené à sa deuxième défaite successive contre la formation de Valérie Plante, le 7 novembre.

« Le post mortem aura lieu prochainement. On devait commencer par savoir qui serait le chef de l’opposition et c’est ce qui arrive maintenant. Dans les prochains jours, on fera le point là-dessus », a assuré M. Salem.

Dépouillements judiciaires

Le parti espère d’ailleurs augmenter le nombre d’élus dans certains districts au terme des quatre demandes de dépouillements judiciaires qu’il a effectuées dans les derniers jours et qui concernent les arrondissements de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Celles-ci s’ajoutent aux deux demandes de recomptages effectuées par Projet Montréal à la mairie d’Outremont et dans un district de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« Je sais qu’on pense qu’il y a eu des erreurs [dans le décompte des votes], c’est pour ça qu’on a fait ces demandes », a fait valoir M. Salem.

Sous l’administration de M. Coderre, de 2013 à 2017, M. Salem, qui était homme d’affaires avant de se lancer en politique municipale, a été responsable des transports au comité exécutif de la Ville, en plus de siéger au conseil d’administration de BIXI Montréal, notamment. Il a ensuite été vice-président de la Commission sur le transport et les travaux publics sous le premier mandat de Mme Plante.

À voir en vidéo