Des dépouillements judiciaires à prévoir, à Montréal comme ailleurs

Un recomptage des votes a notamment été demandé dans deux arrondissements de Montréal ainsi qu’à Pointe-Claire.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un recomptage des votes a notamment été demandé dans deux arrondissements de Montréal ainsi qu’à Pointe-Claire.

Les résultats très serrés et le nombre élevé de bulletins de vote rejetés dans certains arrondissements pourraient mener à des dépouillements judiciaires dans la métropole, mais aussi ailleurs sur l’île. Une demande en ce sens a été effectuée pour la ville liée de Pointe-Claire à la suite de la victoire du commerçant Tim Thomas à la tête de celle-ci, dimanche dernier.

Le parti Ensemble Montréal n’a pas indiqué au Devoir vendredi s’il entend demander un recomptage juridique dans l’arrondissement le plus populeux de Montréal, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-des-Grâce. Dimanche dernier, en soirée, les intentions de vote accordaient une avance au candidat à la mairie Lionel Perez, de la formation de Denis Coderre. Celui qui a été chef intérimaire d’Ensemble Montréal pendant quatre ans a toutefois été défait par la suite par la candidate de Projet Montréal Gracia Kasoki Katahwa, qui a accédé à la mairie de l’arrondissement lundi avec une avance de 212 voix sur son principal adversaire.

Projet Montréal, la formation de Valérie Plante, a pour sa part annoncé jeudi avoir déposé deux demandes introductives d’instance pour tenter d’obtenir un recomptage juridique pour la mairie d’Outremont ainsi que pour le poste de conseiller du district de Tétreaultville, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Le parti compte attendre qu’une « décision finale » soit rendue avant de commenter.

À Outremont, la mairie d’arrondissement était occupée depuis 2017 par Philipe Tomlinson, de Projet Montréal. Celui-ci a toutefois été défait par l’économiste et candidat d’Ensemble Montréal Laurent Desbois, qui a récolté 4151 votes, soit seulement 23 voix de plus que son principal adversaire.

La course a aussi été très serrée dans le district de Tétreaultville, où le candidat d’Ensemble Montréal Julien Hénault-Ratelle a détrôné l’ancienne présidente du conseil municipal Suzie Miron avec 42 voix d’avance.

Certains arrondissements ont d’ailleurs dénombré un nombre élevé de bulletins de vote rejetés. C’est notamment le cas dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, où 599 bulletins ont été rejetés concernant la mairie de l’arrondissement, par exemple parce que des électeurs avaient mal rempli ceux-ci. Pour la mairie d’Outremont, 301 bulletins de vote été rejetés, un nombre qui atteint 1098 en ce qui a trait à la mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, où Caroline Bourgeois a été réélue à la tête de l’arrondissement avec 303 voix d’avance sur la candidate Lyne Laperrière, d’Ensemble Montréal.

Selon la loi électorale du Québec, « toute personne qui a des motifs raisonnables de croire qu’un scrutateur ou que le directeur du scrutin a compté ou rejeté illégalement des bulletins de vote ou dressé un relevé du dépouillement inexact peut demander un dépouillement judiciaire des votes ».

Course serrée à Pointe-Claire

Le suspense persiste par ailleurs à Pointe-Claire, où le commerçant Tim Thomas a remporté une victoire à l’arraché sur le maire sortant John Belvedere dimanche dernier, en le dépassant de 61 voix à la tête de cette ville de plus de 31 000 habitants. Un juge doit décider mardi si un nouveau dépouillement aura lieu, a indiqué M. Thomas au Devoir vendredi.

« J’ai été surpris de ne pas être élu avec un plus fort vote », souligne M. Thomas en entrevue. L’homme de 62 ans ne se dit toutefois « pas inquiet » par l’éventualité d’un nouveau dépouillement dans la ville liée. « Je crois que j’ai au moins 61 votes de plus et peut-être plus. J’espère que le nombre final sera plus élevé et qu’on pourra continuer », indique-t-il.

Le nouveau maire de Pointe-Claire dit toutefois craindre que la multiplication des demandes de dépouillements judiciaires — qui ont aussi été effectuées dans plusieurs autres villes de la province — contribue au cynisme des électeurs à l’égard de la démocratie municipale. « S’il y a toujours des recomptages, ça rend le processus de vote moins solide », lance-t-il.

Tim Thomas s’était présenté à la mairie en 2017, mais avait terminé troisième derrière John Belvedere, alors élu maire, et Aldo Iermieri, en deuxième position.

Pendant la campagne électorale, Tim Thomas a notamment fait de la protection de la forêt Fairview, qui est menacée par un projet immobilier majeur prévu dans la ville liée, un de ses chevaux de bataille. Un dossier auquel il promet maintenant de s’attaquer en priorité.

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