Denis Coderre rencontrera son caucus vendredi

Le chef d’Ensemble Montréal était discret depuis sa défaite de dimanche.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le chef d’Ensemble Montréal était discret depuis sa défaite de dimanche.

Discret depuis sa défaite de dimanche dernier, Denis Coderre rencontrera le caucus d’Ensemble Montréal vendredi matin afin d’aviser les nouveaux élus de ses intentions. Le candidat à la mairie de Montréal n’occupera vraisemblablement pas le poste de chef de l’opposition à l’hôtel de ville.

« Il n’y aura pas de surprise », a indiqué une source chez Ensemble Montréal au sujet de l’avenir de M. Coderre.

Denis Coderre, qui a échoué dans sa tentative de regagner la mairie de Montréal, n’est pas sorti de son mutisme depuis les élections de dimanche. Plusieurs sources indiquaient qu’il était peu probable qu’il veuille demeurer à l’hôtel de ville après sa défaite.

« Il est trop orgueilleux pour s’asseoir devant Valérie Plante tous les mois et se rappeler qu’il a perdu et qu’elle, elle a gagné », croit Anie Samson, ancienne mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

S’il décidait de ne pas occuper les fonctions de chef de l’opposition et quittait la vie politique, Denis Coderre laisserait un parti endetté, mais pas en aussi mauvaise posture financière qu’en 2017, indique-t-on à Ensemble Montréal.

En 2017, le soir même de sa défaite, Denis Coderre avait annoncé son départ de l’hôtel de ville, ce qu’il n’a pas fait dimanche dernier. Et il y a quatre ans, il avait laissé derrière lui un parti aux prises avec une dette de 223 000 dollars, alourdie à 424 000 dollars en date du 31 décembre 2020.

Anie Samson estime qu’il est bien capable de répéter ce scénario. En 2001, Pierre Bourque était resté après sa défaite contre Gérald Tremblay par souci de régler la dette de Vision Montréal avant de tirer sa révérence. « C’était un gentleman », dit-elle.

Ensemble Montréal est en meilleure situation financière qu’en 2017, indique toutefois une source du parti. « La structure financière est beaucoup plus responsable et autonome », soutient-on.

Ensemble Montréal a fait élire 38 candidats, soit davantage que le nombre d’élus que comptait le parti avant les élections. Il a cependant perdu des piliers importants, parmi lesquels Lionel Perez, qui a perdu contre Gracia Kasoki Katahwa à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, et Karine Boivin-Roy, qui a dû concéder la victoire à Pierre Lessard-Blais à la mairie de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« Une crise, c’est une occasion », croit Anie Samson. « Ils pourront enfin se rebâtir une équipe, sans l’ombre de Denis Coderre et repartir à neuf. Ils vont avoir un budget de la Ville pour faire leur travail d’opposition. »

À l’instar d’Hadrien Parizeau, Réal Ménard, battu dans le district d’Hochelaga, estime que la prise de position tardive de Denis Coderre concernant le projet de loi 96 et la protection des anglophones a nui à la campagne d’Ensemble Montréal. Mais les tergiversations concernant ses revenus dans les quatre dernières années ont aussi été très dommageables, dit-il. « Il n’y a pas de problème de faire de l’argent dans le privé, mais quand tu aspires à diriger une ville, il faut être capable de dire pour qui tu as travaillé », explique-t-il.

Le mécanisme de sélection des candidats soulève également des questions, selon lui. « Ça peut arriver qu’on en échappe un ou deux, mais là, c’était difficile de comprendre que les gens aient pu être confirmés comme candidats en ayant des passés difficilement conciliables avec l’accès à une charge publique. »

Résultats contestés

Deux demandes de dépouillement judiciaire ont été déposées par Projet Montréal jeudi. L’une concerne la mairie d’Outremont, où le candidat d’Ensemble Montréal, Laurent Desbois, l’a emporté contre le maire sortant, Philipe Tomlinson, par seulement 23 voix alors que 301 bulletins de vote ont été rejetés.

L’autre demande vise le district de Tétreaultville, où Julien Hénault-Ratelle, d’Ensemble Montréal, a devancé par 42 voix son adversaire Suzie Miron, de Projet Montréal.

Les partis ont jusqu’à lundi pour contester les résultats.

Ensemble Montréal demandera vraisemblablement un second dépouillement pour le poste de conseiller de ville dans le district de La Pointe-aux-Prairies, où seulement 13 voix séparent la candidate qui l’a emporté, Lisa Christensen, de Projet Montréal, et le candidat d’Ensemble Montréal, Vincent Girard.

La victoire in extremis de Gracia Kasoki Katahwa, de Projet Montréal, à la maire de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce pourrait aussi être contestée par Ensemble Montréal.

À la mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, la mairesse depuis 2018, représentant Projet Montréal, Caroline Bourgeois, a eu raison de Lyne Laperrière en récoltant 303 voix de plus que son adversaire, mais 1098 bulletins ont été rejetés.

Dans Loyola, 97 voix séparent Despina Sourias, qui l’a emporté avec Projet Montréal, et Gabriel Retta, d’Ensemble Montréal.

L’assermentation des nouveaux élus aura lieu le 18 novembre prochain.

 

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