Desjardins accuse Holness de l’avoir floué

Marc-Antoine Desjardins explique que la fusion de son parti avec celui de Balarama Holness, Mouvement Montréal, fut une erreur et qu’il a cru «naïvement» qu’une telle alliance était réalisable.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marc-Antoine Desjardins explique que la fusion de son parti avec celui de Balarama Holness, Mouvement Montréal, fut une erreur et qu’il a cru «naïvement» qu’une telle alliance était réalisable.

Le chef du Ralliement pour Montréal, Marc-Antoine Desjardins, dit s’être senti floué par Balarama Holness après la fusion de leurs partis au mois de septembre dernier. Il affirme avoir été pris par surprise quand le chef de Mouvement Montréal a annoncé qu’un référendum pourrait être tenu sur le statut linguistique de la Ville de Montréal.

Marc-Antoine Desjardins a retiré sa candidature à la mairie d’Outremont le 19 octobre dernier, en disant vouloir se dissocier de Balarama Holness et de ses propos tenus le 12 octobre précédent, sans donner davantage d’explications.

En entrevue au Devoir mardi, M. Desjardins explique que la fusion de son parti avec celui de Balarama Holness, Mouvement Montréal, fut une erreur et qu’il a cru « naïvement » qu’une telle alliance était réalisable. Il accuse Balarama Holness d’avoir été « de mauvaise foi » dans cette affaire.

Lorsque les deux parties ont annoncé leur fusion le 30 septembre dernier, Balarama Holness avait affirmé que le statut linguistique de la Ville de Montréal ne serait pas modifié, mettant ainsi de côté sa demande pour un statut bilingue pour la ville.

« Vue de loin, cette alliance pouvait paraître bizarre, j’en conviens, mais ce n’était pas impossible parce qu’on voulait suggérer quelque chose d’encore plus ambitieux : rallier les deux solitudes », explique Marc-Antoine Desjardins. « On savait qu’on avait des divergences fondamentales, mais on a quand même pris un risque. En politique, qui ne risque rien n’a rien. »

Devenu co-chef de Mouvement Montréal, Marc-Antoine Desjardins a omis d’impliquer ses candidats dans la décision prise le soir précédent avec Balarama Holness. Ceux-ci ont donc été placés devant un fait accompli. « C’est une erreur et je l’assume », dit M. Desjardins.

Dans les jours suivants l’annonce de la fusion, les communications étaient difficiles entre les deux partis, avance M. Desjardins. « Dès le lendemain du 1er octobre, je me suis demandé si on avait fait une gaffe monumentale. »

Les deux chefs ont convenu de faire une déclaration commune le 12 octobre, sauf que Marc-Antoine Desjardins affirme n’avoir jamais vu la version finale du communiqué de Mouvement Montréal. C’est donc en conférence de presse que le chef du Ralliement pour Montréal a réalisé que Balarama Holness proposait une consultation sur le statut linguistique de la Ville et la tenue d’un référendum. « On avait convenu qu’on ne parlait pas de référendum, que c’était un sujet toxique et qu’on ne devait pas ouvrir une guerre linguistique », soutient Marc-Antoine Desjardins.

Il dit s’être retrouvé dans une situation embarrassante devant les journalistes. « Soit je provoquais un incident politique en interrompant la conférence de presse et en claquant la porte en direct, soit j’essayais de tempérer tout ça en faisant de la gestion de crise », a relaté Marc-Antoine Desjardins qui a finalement choisi la deuxième option.

Mais rapidement, sa position est devenue intenable, d’autant que plusieurs de ses candidats ont quitté le parti. « C’était invivable. Je me sentais trahir tout mon électorat et me trahir moi-même. J’ai enduré pendant une semaine », explique-t-il. N’y tenant plus le 19 octobre, il a annoncé dans une déclaration écrite sa décision de jeter l’éponge.

Marc-Antoine Desjardins estime que Balarama Holness n’a pas eu un comportement digne d’un chef et qu’il a agi comme un « provocateur » pour attirer l’attention sur lui. Selon lui, les quelque 30 000 votes qu’il a obtenus dimanche dernier ne peuvent être considérés comme un bon résultat et témoignent de la désertion de sa base électorale.

«30 000 personnes ont voté pour ma candidature à la mairie de Montréal et appuient la vision des candidats et candidates de Mouvement Montréal qui ont terminé la campagne avec succès», a commenté M. Holness mardi soir. «Bonne chance à M. Desjardins dans ces prochaines aventures.»

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