Balarama Holness ne sera peut-être pas de retour en 2025

Le chef de Mouvement Montréal croit que son parti survivra même si aucun candidat n’a été élu dimanche.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le chef de Mouvement Montréal croit que son parti survivra même si aucun candidat n’a été élu dimanche.

Bien que Mouvement Montréal n’ait réussi à faire n’élire aucun de ses candidats lors du scrutin de dimanche dernier, Balarama Holness croit que son parti survivra et sera de la course dans quatre ans. Mais le chef de Mouvement Montréal ignore s’il sera lui-même candidat à la mairie de Montréal en 2025.

Balarama Holness a recueilli 30 211 voix lors du scrutin de dimanche, soit 7,23 % des votes contre 52,14 % pour Valérie Plante et 37,97 % pour Denis Coderre. « Le fait d’avoir 30 000 voix, c’est une victoire pour moi », affirme Balarama Holness, deux jours après la soirée électorale. « Nous devions affronter des machines politiques avec Projet Montréal et Ensemble Montréal. Nous avions environ 40 000 dollars de budget, contre 1,2 million [pour les autres]. »

Selon lui, ce résultat démontre que de nombreux Montréalais adhèrent à la vision et aux valeurs de son parti. Balarama Holness croit que même sans élus au conseil municipal, Mouvement Montréal survivra et sera de retour en 2025. « Pour moi, ce résultat me confirme que notre mission doit continuer. »

Sera-t-il de la course à la mairie de Montréal en 2025 ? « Ça, je ne le sais pas, mais Mouvement Montréal, oui », répond-il.

Enjeux linguistiques

Dans le cadre de la campagne, Balarama Holness avait plaidé en faveur d’un statut bilingue pour Montréal et avait même suggéré la tenue d’un référendum sur le statut linguistique de Montréal. Il soutient que ses positions ont eu un impact sur le résultat des élections à la mairie de Montréal. Dans la dernière semaine de campagne, Denis Coderre s’est rapproché de la communauté anglophone et a annoncé son intention de demander à Québec de modifier le projet de loi 96 afin de revoir la définition d’« anglophones historiques ». Une partie du vote francophone de Denis Coderre est alors passée dans le camp de Valérie Plante, ce qui a avantagé la cheffe de Projet Montréal dimanche dernier, dit-il.

Balarama Holness avance aussi que les quelque 3000 votes recueillis par le candidat de Mouvement Montréal à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Matthew Kerr, ont nui au candidat d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, pour favoriser Gracia Kasoki Katahwa, de Projet Montréal. 

M. Holness croit qu’il pourra avoir une certaine influence à l’hôtel de ville même si son parti n’y compte pas d’élus. À titre d’exemple, il rappelle qu’en 2018, une pétition qu’il avait lancée avait forcé la Ville de Montréal à tenir une consultation sur le racisme et la discrimination systémiques.

« Et maintenant, la présidente du comité exécutif est Dominique Ollivier [d’origine haïtienne]. C’est elle qui était la présidente de l’Office de consultation publique de Montréal qui a veillé sur la consultation publique sur le racisme systémique. […] Même sans être élu, on peut pousser les sphères démocratiques vers les directions qu’on veut », ajoute-t-il en citant les enjeux d’environnement, d’économie et de logement.

Balarama Holness dit ne pas regretter avoir mis de l’avant les enjeux linguistiques dans la campagne même si ces questions lui ont fait perdre des votes chez les francophones et ont plombé son alliance avec le chef du Ralliement pour Montréal, Marc-Antoine Desjardins, qui s’est finalement retiré de la course à la mairie d’Outremont.

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