Valérie Plante promet de s’attaquer rapidement aux dossiers prioritaires

En conférence de presse, Valérie Plante a évoqué les enjeux de sécurité et d’habitation parmi ses priorités, mais aussi ceux liés à la relance verte et à la transition écologique.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En conférence de presse, Valérie Plante a évoqué les enjeux de sécurité et d’habitation parmi ses priorités, mais aussi ceux liés à la relance verte et à la transition écologique.

Au lendemain de son éclatante victoire contre Denis Coderre, Valérie Plante a promis de se mettre rapidement à la tâche pour faire avancer ses priorités dans les 100 premiers jours de son mandat. De son côté, Denis Coderre est demeuré muet au sujet de ses intentions et de son avenir politique.

« Hier, les Montréalais et les Montréalais nous ont offert une énorme marque de confiance », a dit lundi la mairesse désignée, accompagnée de plusieurs candidats. « On accepte ce mandat avec beaucoup d’humilité. C’est une grande responsabilité. […] Nous serons à la hauteur des attentes. »

Valérie Plante a évoqué les enjeux de sécurité et d’habitation parmi ses priorités, mais aussi ceux liés à la relance verte et à la transition écologique. « Quand on pense à l’environnement, pas le temps de niaiser. Il faut qu’on avance », a-t-elle lancé.

Mme Plante a déploré le faible taux de participation à Montréal, qui a à peine dépassé 38 %. « Historiquement, quand il y a deux élections qui se suivent, ce n’est jamais la deuxième qui est avantagée, a-t-elle souligné. Il peut y avoir un certain essoufflement. En plus, on est toujours en période de pandémie. »

Elle a réfuté les propos de Denis Coderre, qui, dimanche soir, a affirmé qu’il s’agissait de la campagne électorale la plus « sale » qu’il avait vécue. « Moi, j’ai trouvé que c’était une campagne qui mettait beaucoup l’accent sur les idées, a-t-elle dit. Une campagne pour notre part super positive, à l’image de Projet Montréal. Je pense qu’à un moment donné, il faut que chaque candidat puisse faire une introspection du travail qui a été fait, du processus de sélection de certains candidats. »

Elle s’est par ailleurs montrée ouverte à accueillir des membres de l’opposition au sein de son comité exécutif.

Lendemain de défaite

Dans le camp de Denis Coderre, c’était le silence radio lundi. Le chef d’Ensemble Montréal n’a pas fait de commentaires publics. Il a cependant écrit un message texte à Valérie Plante pour lui souhaiter bonne chance, a précisé Projet Montréal.

Les candidats d’Ensemble Montréal ont aussi été discrets. Joint par Le Devoir, Hadrien Parizeau n’a pas caché son amertume à la suite de sa défaite aux mains de la candidate de Projet Montréal Julie Roy. « Le vote pour Denis Coderre s’est effondré en fin de campagne », estime le conseiller sortant du district de Saint-Sulpice.

Mais Hadrien Parizeau attribue une part de sa défaite à la décision prise par Denis Coderre de demander des modifications au projet de loi 96 afin de revoir la définition d’« anglophones historiques ». « J’étais très mal à l’aise avec cette position, et M. Coderre ne semblait pas capable de l’expliquer. Les gens m’abordaient à ce sujet dans mon district », a indiqué M. Parizeau, qui prônait la création d’un conseil montréalais de la langue française. La position « alambiquée » de M. Coderre était indéfendable pour lui.

Hadrien Parizeau ne croit pas que Denis Coderre assumera les fonctions de chef de l’opposition. Le chef risque donc de quitter la vie politique en laissant un parti encore plus endetté qu’en 2017, dit-il.

Le Devoir a tenté de joindre d’autres candidats d’Ensemble Montréal, mais sans succès. Le parti se retrouve décimé à la suite de ce scrutin, et plusieurs piliers de l’équipe ont dû déclarer forfait. C’est le cas de Lionel Perez, chef de l’opposition pendant quatre ans, qui a subi une défaite inattendue contre Gracia Kasoki Katahwa, de Projet Montréal, à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Karine Boivin-Roy, leader de l’opposition, a été battue à la mairie de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve face à Pierre Lessard-Blais, tout comme Guillaume Lavoie, qui a vu la mairie deVilleray–Saint-Michel–Parc-Extensionlui échapper au profit de LaurenceLavigne Lalonde. Nadine Gelly, que Denis Coderre comptait nommer présidente du comité exécutif, n’a pas été élue non plus.

Professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP), Rémy Trudel ne croit pas qu’Ensemble Montréal fera long feu. « Il n’y a pas d’avenir pour Ensemble Montréal. […] C’est un parti qui avait été mis à l’orphelinat pendant trois ans », a-t-il rappelé.

Quant à Denis Coderre, il retournera possiblement à son rôle de consultant et pourrait même siéger au sein de conseils d’administration d’organisations nationales, pense M. Trudel. « Pour l’heure, il faut mettre une croix sur sa carrière politique même si c’est une bête politique. Dans la grande région de Montréal, ce ne sont pas les boxeurs qui ont triomphé, ce sont les résilients. »

Si le résultat des élections demeure inchangé, Projet Montréal détiendra 37 sièges au conseil municipal, contre 23 pour Ensemble Montréal. Équipe LaSalle aura trois sièges, et Équipe Anjou, deux.

 

Des luttes chaudes à Montréal

La lutte a été serrée entre les candidats de Projet Montréal et d’Ensemble Montréal – Équipe Denis Coderre dans certains arrondissements de Montréal. Les yeux étaient rivés sur Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, où Gracia Kasoki Katahwa l’a finalement emporté sur Lionel Perez.

La candidate de Projet Montréal a gagné de justesse par 177 voix, après que les urnes des 299 bureaux de vote ont été dépouillées en avant-midi lundi. Chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal pendant quatre ans, Lionel Perez était un poids lourd de l’équipe menée par Denis Coderre. Il était élu comme conseiller municipal depuis 2010. Ensemble Montréal demandera-t-il un dépouillement judiciaire ? L’équipe de Denis Coderre n’a pas encore fait part de ses intentions.

Dans Outremont, Laurent Desbois, d’Ensemble Montréal, l’a finalement emporté avec 23 voix d’avance sur Philipe Tomlinson, maire d’arrondissement sortant qui portait les couleurs de Projet Montréal. Le parti n’écarte pas la possibilité de demander des dépouillements judiciaires.

Le district de Tétreaultville, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, est aussi dans la mire du parti pour un éventuel second dépouillement, selon ce qu’a indiqué Suzie Miron, la conseillère défaite de Projet Montréal. Le candidat d’Ensemble Montréal, Julien Hénault-Ratelle, l’a emporté par 50 voix.

Anne-Marie Provost

Anne-Mrie Provost


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