Course contre la montre pour «faire sortir le vote» à Verdun

Les candidats d'Ensemble Montréal dans l'arrondissement de Verdun
Photo: Zacharie Goudreault Le Devoir Les candidats d'Ensemble Montréal dans l'arrondissement de Verdun

Les bénévoles et les candidats des différents partis municipaux sont à pied d’oeuvre cette fin de semaine pour inciter les électeurs montréalais à aller voter et tenter de convaincre les derniers indécis. Incursion à Verdun, un des arrondissements de la métropole où les candidats mènent une lutte particulièrement serrée.

Cette année, les électeurs montréalais peuvent se présenter aux urnes samedi et dimanche, de 9h30 à 20h. Ils étaient toutefois peu nombreux lors du passage du Devoir dans des bureaux de vote de Verdun samedi avant-midi.

« Ça fait longtemps qu’on habite ici et on veut être représenté avec nos valeurs et notre façon de voir les choses », indique Laura Payeur Le Blanc, une résidente du quartier rencontrée après avoir rempli ses cinq bulletins de vote pour autant de postes à combler dans cet arrondissement.

« C’est certain qu’en étant maman de jeunes enfants, il y a tout ce qui a rapport aux parcs et à l’accès à différentes activités [...] Ce sont les enjeux qui m’intéressent », souligne pour sa part la mère de famille Audrey D’amours, lorsqu’on lui demande ce qui l’a motivée à se déplacer un samedi matin pour aller voter à Verdun.

Une course serrée

Au cours des deux dernières élections municipales, l’équipe de Denis Coderre a réussi à tailler sa place à la tête de l’arrondissement de Verdun, qui a tout de même fait élire quelques candidats de Projet Montréal en 2017. La décision du maire sortant Jean-François Parenteau de siéger comme indépendant en novembre 2017 afin d’entrer au comité exécutif de la Ville est toutefois venue brouiller les cartes dans cet arrondissement.

Depuis, M. Parenteau a annoncé qu’il ne briguera pas un nouveau mandat, tandis que la conseillère d’Ensemble Montréal Véronique Tremblay a joint les rangs de Projet Montréal cet été. Le départ annoncé de Pierre L’Heureux, élu en 2013 dans l’équipe de Denis Coderre, a forcé Ensemble Montréal à repartir à neuf avec une toute nouvelle équipe dans cet arrondissement. La formation mise notamment sur les candidatures de la gestionnaire Nadine Gelly, de l’animateur et designer Jean Airoldi et du courtier immobilier Antoine Richard.

 
Photo: Zacharie Goudreault Le Devoir Jayoti Nanda, Jonathan Reinglas et Nathe Perrone, sont trois des quatre candidats de Mouvement Montréal dans Verdun.

« À date, on a plein d’amour, c’est ce qui est vraiment génial. Autant en porte à porte que dans les rencontres qu’on a faites et tout ça, c’est super positif [...] C’est ça qui est le plus chouette dans cette campagne », lance Mme Gelly, rencontrée en matinée dans le bureau de campagne du parti, sur la rue Wellington.

Autour de la candidate, qui se présente au poste de conseillère de ville dans Champlain-L’Île-des-Soeurs, les bénévoles s’activaient à définir le plan de match de la journée pour inciter les électeurs à aller voter. « On veut faire sortir le vote », résume Jean Airoldi, qui s’attend à des résultats très serrés dans l’arrondissement.

Appels téléphoniques, porte à porte, rencontres à l’improviste dans les rues de l’arrondissement, tous les moyens sont bons pour tenter de convaincre les indécis, qui sont d’ailleurs particulièrement nombreux cette année, aux dires du candidat à la mairie de Verdun Antoine Richard.

« On peut considérer ça comme une grosse machine de sortie de vote », lance-t-il en entrevue, en référence à la centaine de bénévoles déployés ce weekend dans Verdun par son parti.

L’enthousiasme du candidat s’estompe toutefois lorsqu’on lui demande s’il craint que la forte médiatisation des « flips » immobiliers payants qu’il a réalisés en 2019 et 2020 ait pour effet de nuire à son élection, après deux débats locaux à Verdun où cette controverse a mobilisé l’attention.

Après un moment de silence, le courtier immobilier fait valoir qu’il a réalisé jusqu’à maintenant quelque 330 transactions sans jamais subir de « condamnations » pour quoi que ce soit. « Donc, sur la question de la transparence et de la respectabilité, je suis à mille pour-cent tranquille », fait valoir M. Richard, qui estime n’avoir « aucun problème de crédibilité sur la question de l’immobilier ».

Projet Montréal « sur un pied de guerre »

Quelques mètres plus loin, les bénévoles de Projet Montréal étaient aussi bien actifs lors du passage du Devoir samedi matin dans leur bureau de campagne local, lui aussi situé sur la rue Wellington. En plus de miser sur la candidature de la conseillère Marie-Andrée Mauger pour briguer la mairie de cet arrondissement, qui a toujours été dirigé par des hommes, le parti espère gagner des voix cette année grâce à ses divers engagements en matière d’habitation, au moment où Verdun est la proie de la spéculation immobilière et d’un embourgeoisement rapide. Mais est-ce que sera suffisant pour convaincre les électeurs?

« Nos candidats sont sur un pied de guerre », lance le bénévole Sean English, qui souligne l’importance de « rencontrer les derniers indécis » pour tenter d’obtenir leur appui.

Photo: Zacharie Goudreault Le Devoir Sophie Deleuil-Millette et Sean English,deux bénévoles de Projet Montréal devant le bureau de campagne du parti dans Verdun. 

Militante de longue date pour Projet Montréal, Sophie Deleuil-Millette constate toutefois que le recrutement de bénévoles a été plus ardu qu’à l’habitude cette année dans le contexte de la pandémie.

« Je pense que les gens sont intéressés, les gens sont toujours aussi passionnés, mais l’idée d’aller cogner aux portes en temps de pandémie, ce n’est pas une idée qui plaît à bien des gens », évoque-t-elle. Le parti a tout de même pu compter « à différents moments » dans cette campagne sur « une centaine » de volontaires, assure Sean English.

« Nous sommes les bénévoles »

La formation de Balarama Holness, Mouvement Montréal, n’a pas bénéficié de la même chance. « Nous sommes les bénévoles », lance en riant l’aspirante mairesse de Verdun Jayoti Nanda, rencontrée devant la station de métro Verdun en compagnie de deux autres candidats de la formation dans cet arrondissement, Nathe Perrone et Jonathan Reinglas.

« On était content de voir que les gens étaient ouverts à nous parler, donc d’après moi, je suis contente de notre performance », lance Mme Nanda.

En ce qui a trait à la controversée position du parti en faveur d’un statut bilingue pour la Ville de Montréal, Mme Nanda relève là aussi l’importance, selon elle, d’avoir une approche « d’inclusion ».

« On veut dire, comme équipe, qu’on valorise la langue française. On sait que c’est en déclin en ce moment. Mais on veut avoir de l’inclusion, on veut avoir de l’empathie envers les gens, les nouveaux arrivants qui viennent ici apprendre la langue [...] On veut de l’inclusion pour tout le monde », fait-elle valoir.

Plante en avance

À l’échelle de la métropole, après avoir été au coude-à-coude pendant plusieurs semaines, les intentions de vote commencent à donner un avantage significatif à Valérie Plante. Samedi, un sondage Léger réalisé pour le compte de Journal de Montréal est venue confirmer cette avance en accordant 40 % des intentions de vote à Mme Plante, contre 35 % pour son principal opposant, Denis Coderre.

Balarama Holness, récolte pour sa part 23 % des intentions de vote chez les anglophones et 3 % chez les francophones, pour une moyenne de 13 % de tous les électeurs, selon ce coup de sonde.

En 2017, Valérie Plante a remporté l’élection municipale avec 51 % des voix, contre près de 46 % pour Denis Coderre.

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