Craig Sauvé restera associé à Projet Montréal sur les bulletins de vote

Même si le conseiller compte siéger comme indépendant s’il est élu, son nom restera sur les bulletins de vote.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Même si le conseiller compte siéger comme indépendant s’il est élu, son nom restera sur les bulletins de vote.

Visé par des allégations d’agression sexuelle, le conseiller municipal Craig Sauvé, élu sous la bannière de Projet Montréal, compte siéger comme indépendant s’il obtient un troisième mandat. Mais pour des raisons logistiques, son nom restera associé au parti de Valérie Plante sur les bulletins de vote cette fin de semaine.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux jeudi soir, M. Sauvé a annoncé qu’il se retirait « de [son] plein gré » du caucus de Projet Montréal pour « éviter de devenir une distraction dans cette campagne électorale ». Une annonce qui est survenue le jour même de la publication d’un reportage de CBC qui a rapporté des allégations d’agression sexuelle concernant un événement qui serait survenu en 2012. Un processus de médiation impliquant M. Sauvé et la présumée victime a depuis eu lieu en 2018 et la police a fermé son enquête en février dernier.

La victime alléguée de M. Sauvé, qui a requis l’anonymat, a toutefois confié au Devoir jeudi qu’elle n’écarte pas de possibles actions légales contre son agresseur présumé.

« M. Sauvé, basé sur de possibles recours de la plaignante, a jugé que c’était la bonne chose à faire [de se retirer de Projet Montréal] et je suis d’accord avec lui parce qu’on veut laisser le processus suivre son cours », a d’ailleurs réagi vendredi matin la cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, lors d’un point de presse tenue dans un parc de Montréal-Nord.

« On a discuté ensemble et ça s’est imposé de soi-même », a-t-elle ajouté par la suite.

Toujours associé à Projet Montréal

Craig Sauvé continuera toutefois d’être membre et candidat pour Projet Montréal jusqu’au terme de cette élection. Son nom sera donc associé à celui du parti sur les bulletins de vote que rempliront les citoyens montréalais samedi et dimanche. La période de candidature s’est effectivement terminée le 1er octobre dernier. Il est donc maintenant « impossible » pour un candidat de « modifier son appartenance à un parti », a confirmé par courriel une porte-parole d’Élections Montréal, Mathilde Saint-Vincent.

« Donc, à moins qu’il ne décide de retirer complètement sa candidature, ce qui n’est pas le cas pour le moment, il n’a pas d’autre choix que d’être affiché sous Projet Montréal sur le bulletin de vote. Il pourra ensuite décider de siéger comme indépendant », a-t-elle ajouté au sujet de M. Sauvé.

En attendant, le candidat « n’est pas exclu du caucus » de Projet Montréal, a d’ailleurs confirmé Mme Plante vendredi, tout en assurant que celui-ci « siégera comme indépendant », s’il est élu.

La formation de Denis Coderre réclame pour sa part le retrait pur et simple de la candidature de Craig Sauvé dans cette course électorale. Le conseiller brigue un troisième mandat dans un district de l’arrondissement du Sud-Ouest. Dans les dernières années, il a notamment siégé au comité exécutif comme conseiller associé à la mobilité, puis en matière d’habitation. Il est d’ailleurs toujours vice-président du conseil d’administration de la STM.

« La transparence ça s’applique aux autres, mais pas à Valérie Plante, a déploré le chef d’Ensemble Montréal, dans un communiqué émis vendredi. À 24 heures du vote, Projet Montréal maintient un candidat sur qui pèsent des allégations sérieuses d’agression sexuelle. C’est une aberration. »

Jeudi soir, le parti Ensemble Montréal a d’ailleurs tenu des propos particulièrement durs à l’encontre de Mme Plante dans cette affaire. Le parti accuse entre autres celle-ci d’avoir menti devant les médias, à l’hiver 2020, lorsqu’elle a affirmé qu’aucun des élus membres de sa formation n’était à sa connaissance concerné par des allégations de harcèlement ou d’agression sexuelle.

« Après avoir menti et tenté de manipuler l’électorat, il est clair que Valérie Plante non seulement tolère, mais accepte la présence d’agresseurs sexuels présumés dans son équipe », a écrit le parti sur Twitter, dans une publication d’une rare violence. Des propos que Mme Plante a condamnés vendredi.

« Il y a clairement de la panique et une intention de nous attaquer de façon vicieuse », a-t-elle déploré, en référence à l’opposition, au moment où un récent sondage de la firme Recherche Mainstreet obtenu par L’actualité place Valérie Plante en avance sur Denis Coderre. Le coup de sonde accorde 46 % des intentions de vote à Mme Plante, contre 40 % pour Denis Coderre. Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, récolte 5 % des appuis. Le sondage, qui se base sur un échantillon de 850 répondants, fait état de 7 % d’indécis.

Dans les dernières semaines, plusieurs coups de sonde successifs ont placé Valérie Plante et Denis Coderre au coude-à-coude.

Les électeurs montréalais se dirigeront dans les bureaux de vote samedi et dimanche, de 9 h 30 à 20 h.

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