Valérie Plante restera cheffe en cas de défaite

Animé par Patrice Roy sur les ondes de Radio-Canada, le débat a duré une heure et a abordé plusieurs thèmes allant du logement à la mobilité, en passant par la sécurité, l’environnement et l’économie.
Photo: Ivanoh Demers Radio-Canada Animé par Patrice Roy sur les ondes de Radio-Canada, le débat a duré une heure et a abordé plusieurs thèmes allant du logement à la mobilité, en passant par la sécurité, l’environnement et l’économie.

Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal, Valérie Plante pour Projet Montréal et Denis Coderre pour Ensemble Montréal, se sont à nouveau fait face dans un débat télévisé lundi soir. La mairesse sortante a notamment révélé qu’elle souhaiterait rester cheffe dans l’opposition advenant une défaite.

Animé par Patrice Roy sur les ondes de Radio-Canada, le débat a duré une heure et a abordé plusieurs thèmes allant du logement à la mobilité, en passant par la sécurité, l’environnement et l’économie. Si le débat de la semaine dernière avait été cacophonique et querelleur, les échanges ont cette fois-ci été beaucoup plus civilisés.

La question des milliers de personnes ayant quitté Montréal, un phénomène accentué pendant la pandémie, a ouvert le bal. Comment garder les familles à Montréal, et comment accroître l’offre de logement, a demandé l’animateur aux deux candidats.

Pour Denis Coderre, il faut « doper » l’offre pour influencer les prix, ce qui passe par une plus grande densité. Il s’en est ensuite pris au règlement « 20/20/20 » mis en place par l’administration de Valérie Plante et qui oblige les constructeurs de projets résidentiels de cinq logements et plus de contribuer à l’offre de logements sociaux, abordables et familiaux. « On a besoin d’une nouvelle stratégie d’habitation plus pragmatique, a-t-il insisté. La majorité des développeurs sont contre le 20/20/20. »

La mairesse a de son côté défendu sa politique. « Il n’y a pas de réglementation à Toronto et à Vancouver, on voit que ça ne fonctionne pas », a-t-elle répliqué. Elle a rappelé que son parti promet de construire 60 000 logements abordables sur dix ans et d’acheter des terrains pour contrer les « flips immobiliers ».

Partir ou rester ?

Les deux candidats y sont allés de révélations lorsqu’ils ont été questionnés sur leur intention de rester ou non en cas de défaite. « Moi, je considère que si la population veut me donner le rôle de cheffe de l’opposition, que j’ai déjà occupé et qui est important pour la démocratie, je serais au rendez-vous », a répondu Valérie Plante.

Denis Coderre a de son côté répondu qu’il avait « envie de rester, ça, c’est sûr ». « Mais le plan A, c’est vraiment de gagner », a-t-il ajouté.

De vifs échanges ont parfois eu lieu, notamment sur le déficit de 62 millions de dollars de la Société de transport de Montréal (STM), dont l’achalandage a été ébranlé par la pandémie et qui anticipe des coupures de service.

Si la population veut me donner le rôle de cheffe de l’opposition […], je serais au rendez-vous.

Valérie Plante a défendu sa décision de ne pas couper dans les services lors de la pandémie malgré la faible fréquentation. « J’ai tenu à garder les services, parce qu’on savait que plein d’infirmières et des gens de première ligne prenaient le métro, je ne voulais pas ajouter un temps d’attente », a-t-elle dit.

Une erreur, a répliqué Denis Coderre. « Si on n’avait pas donné le plein service, mais des services, pendant la pandémie, on ne serait pas dans cette situation aujourd’hui », a-t-il insisté, en ajoutant que des coupures de service dans l’avenir affecteront un grand nombre de personnes. Ce qui a piqué au vif la mairesse. « Ce n’est pas tout le monde qui a une voiture, M. Coderre », a-t-elle répliqué.

La mairesse a par ailleurs réitéré sa volonté de limiter la hausse des taxes municipales à 2 % en 2022 à l’instar de Denis Coderre, une promesse qu’elle a dévoilée lors d’une entrevue avec Le Devoir vendredi dernier.

Un « sommet du camion »

Appelé à se prononcer sur la mobilité et l’environnement, Denis Coderre a dit être en faveur de l’interdiction des véhicules à essence au centre-ville. « On a besoin d’arrêter avec les voitures à essence, je pense que tout le monde sera d’accord avec ça éventuellement », a-t-il dit. Concernant la circulation de gros camions de livraison à Montréal, il a proposé un « sommet du camion » pour élaborer une stratégie. « On pourrait se dire, par exemple, qu’entre 9 h et 11 h le matin, ce sera la livraison », a-t-il illustré.

Valérie Plante a de son côté défendu l’utilisation de camions électriques et l’initiative Colibri, un projet pilote qui s’implante graduellement dans des quartiers et qui vise à remplacer les camions par des vélos-cargo électriques.

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