Jolin-Barrette rebuté par les propositions de Balarama Holness sur la langue française

Holness porte atteinte au statut de «vaisseau amiral de la langue française» de la métropole, a affirmé le ministre.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Holness porte atteinte au statut de «vaisseau amiral de la langue française» de la métropole, a affirmé le ministre.

En proposant de reconnaître Montréal comme une ville bilingue, le candidat à la mairie Balarama Holness porte atteinte au statut de « vaisseau amiral de la langue française » de la métropole québécoise, affirme le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette.

Chef du parti Mouvement Montréal, M. Holness prévoit lancer un référendum sur le statut linguistique de la ville s’il est porté au pouvoir lors des élections municipales du 7 novembre. Appelé à réagir, jeudi, M. Jolin-Barrette a reproché au candidat son manque de « sensibilité ».

« L’ensemble des candidats à des postes électifs doivent prendre conscience de la fragilité du français au Québec, et particulièrement sur l’île de Montréal », a soutenu le ministre.

Au Québec, une poignée de municipalités et d’arrondissements jouissent d’un statut bilingue. En vertu de la « loi 101 », elles peuvent utiliser « à la fois la langue officielle et une autre langue » dans leurs communications internes et dans leur dénomination.

Or, Montréal n’en est pas. La Charte de la Ville, qui a été adoptée au début du siècle, établit que « Montréal est une ville de langue française ».

« Donc, la ville de Montréal est la métropole du Québec, elle est de langue française et elle demeurera de langue française, a martelé M. Jolin-Barrette jeudi. Et surtout, je crois que tous les élus montréalais et tous les candidats à un poste électif devraient avoir cette sensibilité-là et cette compréhension-là que la langue française est ce qui nous distingue et c’est ce qui doit nous rassembler. »

Une consultation

Balarama Holness souhaite passer par l’Office de consultation publique de Montréal pour demander aux Montréalais s’ils souhaitent, oui ou non, donner un nouveau statut linguistique à la métropole.

Dans une tournure d’événements inédite, le chef de Mouvement Montréal a gagné, puis perdu l’appui d’un autre candidat à la mairie, Marc-Antoine Desjardins, après des mésententes sur le français. À ce jour, M. Holness maintient sa position.

Interrogé à savoir s’il demandait au candidat montréalais de retirer sa proposition, jeudi, Simon Jolin-Barrette a préféré ne pas répondre. « Je crois que les Montréalais auront l’occasion de juger sa proposition aux élections », s’est-il contenté de dire.

Selon le ministre, il y a « des avancées significatives qui ont été faites au cours des derniers mois par l’administration [de la mairesse Valérie] Plante relativement à la prise de conscience de l’importance du français ».

Selon un sondage CROP–Radio-Canada paru jeudi matin, l’ex-maire Denis Coderre mène le bal avec 26 % des intentions de vote, tout juste devant Mme Plante (25 %). Balarama Holness arrive au troisième rang, avec 5 % des appuis.

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