Un candidat à la mairie de Verdun défend son intégrité

Comme d’autres arrondissements, Verdun est aux prises avec une montée de la spéculation immobilière et une hausse de coût des loyers.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Comme d’autres arrondissements, Verdun est aux prises avec une montée de la spéculation immobilière et une hausse de coût des loyers.

Le candidat d’Ensemble Montréal à la mairie de Verdun, Antoine Richard, estime qu’il est le mieux placé pour défendre les dossiers d’habitation, même s’il a eu recours à des pratiques interdites lorsqu’il a réalisé des « flips » immobiliers très profitables en 2019 et en 2020.

Comme ses deux adversaires Marie-Andrée Mauger, de Projet Montréal, et Jayoti Nanda, de Mouvement Montréal, Antoine Richard participait mardi soir à un débat présenté à l’initiative d’organismes locaux au Quai 5160 de la Maison de la culture de Verdun.

Cela faisait près de deux heures que les candidats à la mairie de Verdun discutaient de différents thèmes comme l’environnement, la crise du logement, l’itinérance et la démocratie quand un citoyen s’est présenté au micro pour interpeller Antoine Richard concernant la revente rapide de deux immeubles achetés auprès de clients alors qu’il était courtier immobilier. Ces transactions lui auraient rapporté des gains de 471 000 $.

« Il y a un éléphant dans la pièce ce soir », a indiqué le citoyen Pierre Gauthier qui a demandé à Antoine Richard si, dans les circonstances, la population de Verdun pouvait lui faire confiance sur les questions de logement et d’éthique.

« J’ai toujours été transparent dans ma pratique de courtier immobilier et je vais continuer à l’être. Il n’y a pas eu aucune action illégale », a assuré M. Richard. Le candidat d’Ensemble Montréal a soutenu qu’en 11 ans de pratique à titre de courtier immobilier, il n’avait jamais fait l’objet de poursuite de la part d’un client ou de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ). Il a rappelé avoir déposé des avis de divulgation pour déclarer son intérêt avant de procéder aux transactions controversées.

Selon lui, il est mieux placé que ses adversaires pour défendre les intérêts des résidents de Verdun. « Pour connaître l’immobilier, si jamais il y a une personne ici qui est à la bonne place pour gérer et pour lutter contre les by-pass de tous les développeurs, je peux vous dire que je les connais », a-t-il dit avant d’être interrompu par les rires provenant de l’assistance. « Si vous ne connaissez pas vos interlocuteurs, vous ne savez pas négocier. Aujourd’hui, je connais les interlocuteurs. »

La candidate de Projet Montréal, Marie-Andrée Mauger, n’était pas de son avis et a reproché à son adversaire de naviguer dans la zone grise de la morale et de l’éthique. « Je pense que, malheureusement, on est déshonorés par ça », a-t-elle dit. « C’est déjà difficile d’aller en politique. On a une tache comme si on était tous des crosseurs, du monde qui va là pour s’en mettre plein les poches. [Il persiste] à dire qu’il n’y a rien d’illégal alors qu’il y aurait moyen de reconnaître que ce ne sont pas de bonnes pratiques. On a un devoir d’exemplarité. Et franchement, là-dessus, je suis choquée par la réponse [de M. Richard]. »

La semaine dernière, dans la foulée des révélations du Journal de Montréal sur le recours par Antoine Richard à des pratiques jugées interdites par l’OACIQ, Denis Coderre s’était porté à la défense de son candidat.

Comme d’autres arrondissements, Verdun est aux prises avec une montée de la spéculation immobilière et une hausse de coût des loyers. Au cours du débat mardi soir, plusieurs citoyens ont fait état de cas d’expulsions de locataires pour des rénovations. Antoine Richard a dénoncé la pratique des « rénovictions » et a encouragé les locataires à faire valoir leurs droits.

Le débat était organisé par le Comité d’action des citoyen.ne.s de Verdun (CACV), la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Demain Verdun et Vire au Vert.

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