Denis Coderre s’engage à construire 1800 logements pour les itinérants

«Il est temps d’agir, maintenant. On est en 2021, ça n’a pas de maudit bon sens cette situation d’itinérance», a déclaré Denis Coderre, que l'on voit ici s'entretenir avec Douglas, un itinérant, sur l'avenue du Parc, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Il est temps d’agir, maintenant. On est en 2021, ça n’a pas de maudit bon sens cette situation d’itinérance», a déclaré Denis Coderre, que l'on voit ici s'entretenir avec Douglas, un itinérant, sur l'avenue du Parc, à Montréal.

Si elle est portée au pouvoir le 7 novembre, une administration de Denis Coderre mettrait en place une « stratégie de santé urbaine » afin de venir en aide aux personnes en situation d’itinérance. Le candidat à la mairie de Montréal propose de construire 1800 logements pour les sans-abri, d’augmenter les équipes d’intervention mixtes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de maintenir ouverts 24 heures sur 24 les refuges d’urgence.

Denis Coderre a l’intention d’investir 60 millions de dollars sur quatre ans dans la lutte contre la pauvreté et l’itinérance, avec la collaboration de Québec, et d’augmenter la contribution de la Ville à 36 millions pour cette même période. Selon lui, l’administration de Valérie Plante n’a pas su gérer ce dossier dans le contexte de la pandémie, qui a exacerbé le phénomène de l’itinérance. « Il est temps d’agir, maintenant. On est en 2021, ça n’a pas de maudit bon sens cette situation d’itinérance. C’est non seulement l’affaire de tous, mais ça peut toucher tout le monde », a-t-il dit.

Le tiers des 1800 logements promis seraient destinés aux femmes et un autre tiers seraient réservés aux membres des Premières Nations et aux Inuits. Ces logements permanents seraient assortis de services d’accompagnement psychosocial.

Un sommet sur l’itinérance

Dès son élection, Denis Coderre convoquerait un « sommet » avec des représentants des autres ordres de gouvernement, ceux des milieux communautaire et institutionnel ainsi que des membres du secteur privé, afin de mieux coordonner les efforts.

Il assurerait aux organismes communautaires qui œuvrent auprès des itinérants un financement sur trois ans « au lieu qu’ils aient à remplir de la paperasse à toutes les années ». Finalement, il lancerait une nouvelle opération de dénombrement, comme il l’avait fait en 2015, afin d’avoir une idée plus précise des besoins et des investissements requis.

Denis Coderre a évoqué la question de judiciarisation des sans-abri et l’importance d’instaurer un climat de confiance avec les itinérants pour les accompagner vers une transition. « C’est sûr qu’il y a des voies de fait et qu’il y a [des infractions] pour trouble de la paix, mais quand bien même on leur donnerait 25 tickets, il y a d’autres moyens que de les amener en cellule », a expliqué M. Coderre.

« On arrive avec une plateforme qui change la game », a pour sa part soutenu Benoît Langevin, candidat au poste de conseiller dans Pierrefonds-Roxboro et porte-parole d’Ensemble Montréal en matière d’itinérance.

De son côté, Valérie Plante s’est engagée il y a quelques jours à doubler le budget de la Ville destiné à l’aide aux personnes itinérantes en le faisant passer de 3 à 6 millions de dollars par année, pour un total de 24 millions au terme d’un mandat de quatre ans. Elle a aussi promis d’ajouter 300 logements par années pour les sans-abri.

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