Coderre se dit pour la vaccination obligatoire de tous les employés municipaux

«John Tory [le maire de Toronto] fait la bonne chose et je pense qu’on devrait avoir la vaccination obligatoire ici aussi», a déclaré M. Coderre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «John Tory [le maire de Toronto] fait la bonne chose et je pense qu’on devrait avoir la vaccination obligatoire ici aussi», a déclaré M. Coderre.

L’aspirant maire Denis Coderre se montre favorable à l’idée d’exiger la vaccination obligatoire de tous les employés municipaux, dans un effort de lutte contre la pandémie de COVID-19.

« Je crois que tous les employés de la Ville de Montréal devraient être vaccinés » contre la COVID-19, et ce, de façon obligatoire, a déclaré le chef d’Ensemble Montréal en marge d’une conférence de presse tenue jeudi matin dans le Vieux-Montréal. La métropole compte quelque 28 000 employés municipaux.

Denis Coderre s’est ainsi dit favorable à l’idée que Montréal suive les traces de Toronto, où le maire John Tory a décidé d’obliger tous les employés municipaux à se faire vacciner contre la COVID-19. Ceux-ci, qui avaient jusqu’au 30 septembre pour obtenir une première dose de vaccin, ont jusqu’au 30 octobre pour en obtenir une deuxième. Les employés non vaccinés seront suspendus pendant six semaines sans paie à partir du 1er novembre. Ils pourront revenir au travail s’ils présentent une preuve de vaccination. S’ils ne le font pas d’ici le 13 décembre, ils seront officiellement mis à la porte.

« John Tory fait la bonne chose et je pense qu’on devrait avoir la vaccination obligatoire ici aussi », a ajouté M. Coderre.

Prendre une décision « pragmatique »

La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, a également assuré que la vaccination est « primordiale » à ses yeux. Elle n’a toutefois pas voulu s’avancer sur son intérêt quant à l’idée d’imposer la vaccination obligatoire de tous les employés municipaux, une décision qui devrait être prise en concertation avec la Santé publique.

« On a plusieurs scénarios de prêts si le gouvernement du Québec décidait, par exemple, que les policiers, les pompiers et les premiers répondants devaient être vaccinés, on est prêts à aller de l’avant, mais il faut que ce soit fait en concertation et de façon cohérente », a déclaré Mme Plante, qui souhaite agir de façon « pragmatique » dans ce dossier.

« Alors moi, je ne sors pas une décision de mon chapeau comme ça sans qu’elle soit connectée avec les gens qui ont une expertise, dont les gens de la Santé publique de Montréal », a renchéri la candidate à sa réélection, envoyant ainsi une flèche à son principal adversaire dans cette campagne électorale municipale. Elle a d’ailleurs rappelé que la plupart des employés de la Ville sont toujours « en télétravail ou en formule hybride ». Ils sont donc moins en contact direct avec les citoyens.

Denis Coderre a d’autre part dit comprendre la décision du ministre de la Santé, Christian Dubé, de reporter d’un mois, soit jusqu’au 15 novembre, la date butoir d’ici laquelle les employés du réseau de la santé devront avoir été adéquatement vaccinés, sous peine d’être suspendus. Si l’ultimatum initial avait été maintenu, des milliers d’employés auraient manqué à l’appel dans le réseau de la santé dès vendredi.

« Je peux comprendre la frustration des gens, mais le rôle d’un ministre, c’est de s’assurer aussi que le système n’implose pas. Je vais faire confiance au ministre Dubé, qui est un homme de bon sens. Ce ne sont pas des décisions qui sont faciles. C’est un général des premières tranchées », a réagi M. Coderre. Ce dernier espère toutefois que les syndicats qui représentent les différents corps de métier dans le réseau de la santé prendront les mesures nécessaires dans les prochains jours pour s’assurer que leurs membres puissent se faire vacciner dans les prochains jours.

Avec Jeanne Corriveau

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