Les candidats à la mairie de Montréal courtisent les jeunes

Le débat organisé par «Le Devoir» et l'Institut du Nouveau Monde en août 2021. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le débat organisé par «Le Devoir» et l'Institut du Nouveau Monde en août 2021. 

Les candidats à la mairie de Montréal ont courtisé les jeunes mardi soir lors d’une rencontre tenue à l’Université de Montréal. Valérie Plante, Denis Coderre, Balarama Holness et Gilbert Thibodeau leur ont promis des logements abordables, une ville plus inclusive et des transports plus accessibles s’ils sont portés au pouvoir le 7 novembre.

L’événement présenté par plusieurs organisations parmi lesquelles Forces jeunesse, la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) et la Jeune chambre de commerce de Montréal, n’était pas un réel débat puisque chaque candidat montait sur scène à tour de rôle afin de répondre aux questions de l’animateur, le journaliste Alexis Tremblay, et ils ne pouvaient interagir.

Si les thèmes de l’habitation et de transport ont pris une grande place dans les propos des candidats, la question de l’inclusion est revenue à plusieurs reprises et les quatre protagonistes se sont appliqués à se montrer les plus proactifs en cette matière et les plus représentatifs.

Denis Coderre a présenté son parti comme celui de la réconciliation et de la diversité. « Nous avons plus de 35 % de candidats en bas de 35 ans et qui représentent la diversité », a-t-il dit. Le chef d’ensemble Montréal a rappelé que sous son administration, le pin blanc avait été ajouté au drapeau de Montréal afin de rappeler la contribution des Premières Nations. La montée de l’intolérance et la recrudescence d’événements à caractère raciste l’inquiètent. « Il faut qu’on trouve une façon pour qu’on puisse ramener le vivre ensemble », a-t-il dit.

Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, a reproché à ses adversaires de s’en tenir à des taux pour vanter leur représentativité. « Il y a des partis politiques qui vont vous dire qu’ils ont 35 % ou 37 % de diversité. À Mouvement Montréal, on ne sort pas notre calculatrice. Nous sommes à 100 % de diversité parce que c’est dans notre culture. On n’instrumentalise pas les candidats. » À l’animateur qui lui demandait s’il reconnaissait l’existence du racisme systémique, M. Holness a eu cette réplique : « Est-ce que vous savez qui je suis ? », a-t-il lancé en rappelant que c’est lui qui avait forcé la Ville à tenir une consultation sur le racisme et la discrimination systémiques.

Valérie Plante a plutôt été amenée sur le terrain de l’accessibilité universelle et de l’inclusion des personnes vivant avec des limitations fonctionnelles. « [On a fait] des aménagements, des saillies de trottoirs et des descentes plus douces. On a beaucoup rallongé les traverses piétonnes. C’est simple, mais pourtant, ça change la vie de plein de monde qui se sentent plus en sécurité », a-t-elle expliqué.

Gilbert Thibodeau, qui dirige Action Montréal, s’est fait demander comment il lutterait contre le profilage racial. « Que vous soyez blanc, jaune, orange, turquoise, banane, peu m’importe, pour moi, vous êtes montréalais », a-t-il dit avant de préciser que s’il était élu maire, il favoriserait l’embauche de membres des minorités au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Des logements par milliers

Les candidats ont promis de travailler à la construction de logements pour les étudiants. La mairesse sortante Valérie Plante et Denis Coderre en ont promis 2000 au cours du prochain mandat. Balarama Holness a soutenu que c’est l’abordabilité de l’ensemble des nouveaux logements qui devait être visée dans le contexte d’un « marché immobilier en feu ». Pour sa part, Gilbert Thibodeau a remis en doute le réalisme de promesses en habitation de Valérie Plante, qui s’est engagée à construire 60 000 logements abordables, et de Denis Coderre qui vise 50 000 logements de toutes catégories.

En matière de transport, Denis Coderre a évoqué les projets qu’il faudra compléter comme le prolongement de la ligne bleue, les deux phases du Réseau express métropolitain (REM) et le déploiement de bornes de recharge. Valérie Plante n’a pas écarté la possibilité d’envisager des tarifs réduits pour les étudiants à temps partiel. Quant à Balarama Holness, il a proposé la gratuité pour tous dans les transports en commun afin de favoriser la transition écologique, une mesure dont il estime le coût à 500 millions par année. De son côté, Gilbert Thibodeau a plaidé en faveur du prolongement de la branche ouest de la ligne orange du métro afin de désengorger la branche est très achalandée.

Sortir les itinérants de la rue

M. Thibodeau avait une solution bien particulière pour gérer la question des itinérants à Montréal. « Il est impossible de sortir les sans-abri de la rue. […] C’est un choix de vie », a-t-il affirmé avant de proposer de trouver un terrain « à l’écart des commerces ou à l’écart des résidences » pour que les itinérants puissent s’y installer et cultiver des légumes. « Peut-être qu’à l’automne, on pourrait même exiger qu’ils récoltent ce qu’ils ont fait [pousser] et qu’ils les vendent sur le bord de la rue », a-t-il expliqué.

Balarama Holness s’est pour sa part dit favorable à ce que les jeunes aient le droit de vote à 16 ans : « La seule façon d’avoir un avenir inspiré de la jeunesse, c’est de faire en sorte que la jeunesse vote ». Les autres candidats n’ont pas été interpellés sur cette question.

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