Mouvement Montréal tiendrait un référendum sur le statut linguistique de la métropole

Balarama Holness (sur notre photo) et Marc-Antoine Desjardins ont annoncé qu’ils comptaient demander à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) de mener une consultation sur l’utilisation de l’anglais et du français à Montréal.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Balarama Holness (sur notre photo) et Marc-Antoine Desjardins ont annoncé qu’ils comptaient demander à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) de mener une consultation sur l’utilisation de l’anglais et du français à Montréal.

Malgré leurs divergences concernant la question du français à Montréal, les deux dirigeants de Mouvement Montréal, Balarama Holness et Marc-Antoine Desjardins, ont convenu de tenir une consultation et un référendum sur le statut linguistique de la métropole.

Avant de fusionner son parti avec celui de Marc-Antoine Desjardins, Balarama Holness avait émis le souhait de doter Montréal d’un statut bilingue, estimant que cette position refléterait mieux la réalité de la métropole, une ville multiculturelle où les deux langues ont leur place.

Lorsque les deux partis se sont unis le mois dernier, pour mieux lutter contre Valérie Plante et Denis Coderre, Marc-Antoine Desjardins avait assuré que Montréal ne deviendrait pas bilingue. « La Charte de la Ville de Montréal ne sera pas modifiée. La valorisation de notre culture et de notre langue française sera maintenue comme prévu dans notre programme. On s’entend sur le fait que nous avons plus de points en commun que de divergences », avait-il écrit sur Twitter après la fusion des deux partis.

Mardi, les deux co-chefs ont toutefois annoncé qu’ils comptaient demander à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) de mener une consultation sur l’utilisation de l’anglais et du français à Montréal, allant même jusqu’à promettre de tenir un référendum sur le statut linguistique de la ville.

« Notre désaccord ne l’emporte pas sur une possibilité de Plante ou Coderre [à la mairie]. On est d’accord qu’on n’est pas d’accord », a résumé Balarama Holness au Devoir. Selon lui, la question de la langue n’est pas un enjeu électoral. Ce thème arrive au 9e rang des préoccupations des Montréalais alors que le logement, la sécurité, l’économie et l’environnement figurent en haut de liste, avance M. Holness.

Mouvement Montréal compte aussi réduire le budget du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Balarama Holness refuse d’utiliser le terme « définancement », préférant parler de réallocation des ressources « à la bonne place » pour lutter contre le crime organisé et la prolifération des armes à feu. « Présentement, il y a 100 millions de dollars de trop [dans le budget du SPVM]. Il faut avoir une réallocation de fonds et une reddition de comptes », explique M. Holness, qui reproche à Valérie Plante et à Denis Coderre d’investir « aveuglément » dans le SPVM, ce qui a fait exploser son budget.

Pour réduire les dépenses, le candidat à la mairie de Montréal suggère l’abolition de postes de cadres au sein du SPVM et l’abandon de projets comme celui du champ de tir de 57 millions de dollars.

Rejet du référendum

La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, s’est dite opposée à l’idée d’un référendum sur le statut linguistique de Montréal. « Il n’y a pas de raison de remettre en question le statut francophone de la Ville de Montréal », a-t-elle indiqué mardi. « Pour moi, c’est une approche qui vise à mettre les communautés en opposition. Je suis donc très inconfortable avec cette proposition-là. »

Son adversaire Denis Coderre rejette aussi la proposition d’un référendum. « Le rôle d’un maire, c’est de rassembler, pas de diviser. Nous avons une métropole francophone dont je suis fier, cosmopolite, qui a une charte qui est claire, qui peut donner des services à l’ensemble des concitoyens et concitoyennes. Je m’objecte complètement à un référendum sur cette question. »

Avec Zacharie Goudreault

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