Valérie Plante veut doubler l’aide aux personnes itinérantes

Valérie Plante a aussi promis d’ajouter 300 logements par année pour les personnes itinérantes ou à risque de le devenir.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Valérie Plante a aussi promis d’ajouter 300 logements par année pour les personnes itinérantes ou à risque de le devenir.

La candidate à la mairie de Montréal et mairesse sortante, Valérie Plante, s’est engagée lundi matin à doubler le budget de la Ville destiné à l’aide aux personnes itinérantes. Il passerait annuellement de 3 millions de dollars à 6 millions de dollars, soit 24 millions de dollars au terme d’un mandat de quatre ans.

La cheffe de Projet Montréal a rappelé l’estimation de la Ville selon laquelle il y a deux fois plus de personnes sans abri depuis le début de la pandémie. Elle a qualifié la situation de « crise humanitaire ».

« Les personnes en situation d’itinérance et les organismes communautaires ont besoin de sentir qu’ils sont épaulés sur le long terme », a affirmé Mme Plante. Selon elle, ce financement pourra servir aux organismes communautaires pour embaucher et retenir du personnel. Elle a plaidé pour la mise en place d’une approche de soutien 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, notamment dans les refuges, et pour des lits supplémentaires adaptés spécifiquement aux Autochtones. Elle a cité le refuge de l’Hôtel-Dieu comme étant un modèle à suivre.

Mme Plante a aussi promis d’ajouter 300 logements par année pour les personnes itinérantes ou à risque de le devenir. Elle a appelé les autres ordres de gouvernement à doubler, eux aussi, leur financement lié à l’itinérance dans la métropole.

Alors que les campements de fortune se sont multipliés à Montréal puis ont été démantelés, Mme Plante estime que son administration a géré la crise de façon responsable et bienveillante.

Accueil positif des organismes

Les propositions de Mme Plante sont alignées sur les orientations des organismes communautaires en itinérance, telles qu’elles sont décrites dans le plan quinquennal « Un pas de plus », fait remarquer le président-directeur général de la Mission Bon Accueil, Samuel Watts.

« J’ai vu dans ses remarques qu’elle veut bonifier le concept de 24/7. C’est un aspect essentiel. Si quelqu’un entre au refuge à 20 h et repart à 8 h, on n’a pas le temps de l’écouter ni de comprendre sa situation, de l’aider à sortir de la précarité », a-t-il indiqué. Les nouveaux logements pour les personnes itinérantes devront aussi être assortis de services d’accompagnement, ajoute M. Watts.

Or, des services d’urgence seraient aussi nécessaires à court terme. Alors que l’hiver approche seulement, les organismes débordent déjà. « L’itinérance est en croissance à Montréal. La pandémie a accéléré le phénomène, ici et dans d’autres villes d’Amérique du Nord », a affirmé le président-directeur général de la Mission Old Brewery, James Hughes.

Une telle bonification du budget alloué à l’itinérance aurait dû être faite bien avant, croit toutefois le parti de Denis Coderre, Ensemble Montréal.

« Après avoir brillé par son absence, Projet Montréal se réveille en pleine campagne électorale pour promettre des mesures en itinérance qui auraient dû être mises en place au cours des quatre dernières années, a réagi le porte-parole d’Ensemble Montréal en matière d’itinérance, Benoit Langevin. Après avoir annoncé que le nombre de personnes en situation d’itinérance a doublé et malgré notre levée de drapeau rouge, l’administration Plante a fait le choix de ne pas augmenter le financement consacré à l’itinérance lors du dernier budget. »

Ensemble Montréal doit présenter ses propres engagements en la matière plus tard cette semaine.

À voir en vidéo