Denis Coderre promet 50 000 logements en quatre ans

Pour accélérer la mise en chantier des logements sociaux financés par Québec par l’entremise du programme Accès-logis, une administration Coderre créerait un fonds municipal d’investissement de 25 millions $.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Pour accélérer la mise en chantier des logements sociaux financés par Québec par l’entremise du programme Accès-logis, une administration Coderre créerait un fonds municipal d’investissement de 25 millions $.

Alors que Projet Montréal s’est engagé à faire construire 60 000 logements abordables en dix ans, Denis Coderre en promet 50 000 « de tous types » en quatre ans. Et si son parti prend le pouvoir le 7 novembre, il abolira le Règlement pour une métropole mixte (connu sous le nom de 20-20-20) pour le remplacer par des mesures plus « flexibles ».

« Je n’ai pas le syndrome du voisin gonflable. Ce n’est pas une guerre de chiffres », a soutenu Denis Coderre vendredi, alors qu’il présentait le plan d’Ensemble Montréal en matière d’habitation. « Si on commence à comparer les chiffres, on va voir qu’ils [les élus de Projet Montréal] n’ont pas livré la marchandise dans les quatre dernières années. Comment se fait-il que Blue Bonnets n’est pas encore commencé ? Comment il se fait qu’à l’Îlot Voyageur, il n’y a rien qui a été fait ? », a-t-il demandé.

Denis Coderre évalue que sur les 50 000 logements promis, 10 000 seront des logements sociaux. Pour accélérer la mise en chantier de ces logements sociaux, qui sont financés par Québec par l’entremise du programme Accès-logis, une administration Coderre créerait un fonds municipal d’investissement de 25 millions $.

Comme il l’avait déjà dit au printemps, Denis Coderre abolirait le Règlement pour une métropole mixte entré en vigueur en avril dernier. Selon lui, les contraintes que ce règlement impose aux promoteurs immobiliers les incitent à fuir Montréal pour se tourner vers les banlieues. La formule proposée par Ensemble Montréal serait plus « flexible ». « Notre attitude en sera une incitative et non punitive. Nous allons quand même exiger, pour les constructions de 25 unités et plus, un 15 % de construction de logements sociaux », a expliqué Karine Boivin-Roy, candidate à la mairie de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve pour Ensemble Montréal. L’équipe de Denis Coderre souhaite que ces règles s’appliquent sur l’ensemble du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Une administration Coderre mettrait aussi en place une stratégie pour développer les terrains sous-utilisés appartenant à la Ville de Montréal et imposerait l’inclusion de 30 % de logements sociaux, étudiants et familiaux sur ces sites. Elle encouragerait aussi les propriétaires de plex à ajouter un étage à leur immeuble de manière à favoriser une plus grande densité « dans le respect des normes architecturales du quartier ». Ensemble précise par ailleurs que ce sont les arrondissements qui ont le pouvoir de déterminer les hauteurs autorisées sur leur territoire.

Un recul, selon Projet Montréal

Pour Projet Montréal, les propositions avancées par Denis Coderre constituent un recul pour la métropole. Selon Robert Beaudry, candidat au poste de conseiller dans Saint-Jacques avec Projet Montréal, Denis Coderre prône une dérèglementation de l’habitation, avec des règles encore moins exigeantes que celles de la stratégie d’inclusion de logements sociaux mise en place par l’administration de Gérald Tremblay en 2005. « C’est de donner un chèque en blanc aux promoteurs immobiliers pour développer encore plus d’offres de luxe qui va bénéficier à qui au final ? Aux acheteurs étrangers, aux Airbnb, aux mieux nantis de la société et qui va encore faire plus de pression sur les loyers à la hausse », croit M. Beaudry.

Robert Beaudry soutient que le Règlement pour une métropole mixte ne fait pas fuir les promoteurs. « Les promoteurs continuent à déposer des projets. Montréal continue d’être attractif pour le développement immobilier », soutient-il.

 

Une seconde chance pour un candidat

Denis Coderre a dû se défendre de garder dans son équipe son candidat au poste de conseiller dans Outremont, Dan Kraft, qui, sur les réseaux sociaux, a partagé du contenu climatosceptique et publié des commentaires remettant en question la discrimination envers les Noirs, tel que le rapportait jeudi Radio-Canada.

 

« Je ne suis pas content. […] On s’est parlé. Il s’est excusé. Il a droit à une deuxième chance et That’s it. On va passer à autre chose. On va s’assurer qu’il ne le refasse plus », a indiqué Denis Coderre vendredi.

 

Le mois dernier, M. Coderre avait montré la porte à son candidat au poste de conseiller dans Loyola, Joe Ortona, après que celui-ci eut remis en question la reconnaissance du Québec comme une nation. Dan Kraft aura une deuxième chance, mais dans le cas de M. Ortona, il s’agissait de sa troisième chance, a dit M. Coderre.



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