Denis Coderre présente son plan en mobilité

Ensemble Montréal promet de permettre le paiement par téléphone intelligent aux bornes du métro et par carte bancaire dans les autobus de la STM.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Ensemble Montréal promet de permettre le paiement par téléphone intelligent aux bornes du métro et par carte bancaire dans les autobus de la STM.

Le candidat à la mairie Denis Coderre a présenté samedi matin ses engagements en matière de mobilité pour la métropole, tout en gardant ceux concernant les cyclistes pour plus tard. En facilitant l’accès aux stationnements de la métropole tout en modernisant le réseau de la Société de transport de Montréal (STM), il propose d’améliorer la « cohabitation » entre les différents usagers de la route.

En tournant en rond dans les rues de Montréal pour trouver une place de stationnement disponible, les automobilistes augmentent leurs émissions de gaz à effet de serre, a fait valoir le chef d’Ensemble Montréal lors d’une conférence de presse à Montréal en compagnie de quelques-uns de ses candidats. Ainsi, le candidat à la mairie propose notamment de réviser les panneaux de stationnement sur rue de la métropole afin qu’ils soient plus faciles à déchiffrer par les automobilistes, en plus de revoir le modèle de tarification des places de stationnement payantes dans la métropole.

« On va développer un nouveau modèle d’affichage simplifié, intuitif, un nouveau standard que les gens pourront facilement comprendre pour se stationner », a ainsi fait valoir la candidate à la mairie de Lachine Josée Côté, tout en précisant que le réseau de bornes de recharge électrique actuel sera bonifié et étendu plus largement dans la métropole.

Ensemble Montréal promet d’autre part, s’il est porté au pouvoir le 7 novembre, d’augmenter « considérablement » l’offre de véhicules en libre-service (VLS) dans la métropole, notamment en remplaçant progressivement les véhicules municipaux désuets utilisés par les fonctionnaires municipaux – à l’exception des policiers – par ce type de voitures plus largement accessibles aux Montréalais.

« Notre administration va faire un programme pour inciter à réduire la flotte municipale de véhicules municipaux. Notre objectif sera de voir par quel moyen la Ville, à la fin de la vie de chacune de ses autos, peut s’assurer que le même genre de service pourrait être remplacé par l’accès à un véhicule en libre-service », a expliqué le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui voit là une occasion pour la Ville de réaliser des économies à long terme.

Le parti permettrait par ailleurs aux utilisateurs de ce type de véhicules et à ceux qui effectuent du covoiturage d’emprunter les voies réservées de la STM afin de contourner le trafic. Les utilisateurs de VLS pourront aussi se stationner gratuitement aux places tarifées à Montréal, tandis que les Montréalais qui font du covoiturage bénéficieront d’une « tarification incitative du stationnement », promet le parti d’opposition.

« Ce que nous proposons aujourd’hui, c’est une solution pragmatique pour s’assurer que si on parle de mobilité, on ne parle pas de congestion », a ainsi affirmé Denis Coderre, qui a insisté sur l’importance, selon lui, d’assurer une meilleure « cohabitation » entre les différents usagers de la route.

Denis Coderre n’a toutefois rien proposé pour les cyclistes samedi, ce que l’élu responsable de la mobilité au comité exécutif et candidat de Projet Montréal, Éric Alan Caldwell, a eu vite fait de déplorer, en entrevue au Devoir.

« Une chose qui m’étonne, c’est qu’il n’y a rien sur le transport actif, comme si la mobilité active, c’était un moyen de transport de seconde zone », a laissé tomber M. Caldwell samedi. Denis Coderre s’est toutefois fait rassurant sur ce point.

« Ne vous inquiétez pas, dans les prochains jours, on va parler des vélos », a-t-il déclaré, en promettant « une stratégie spécifique là-dessus ».

Des projets à compléter

En matière de transport en commun, Denis Coderre promet avant tout de terminer les projets déjà annoncés, et qui sont en partie déjà en cours de réalisation. Il a notamment fait référence au prolongement de la ligne bleue du métro de Saint-Michel à Anjou, à la création d’un lien de transport structurant entre Lachine et le centre-ville – ce que Valérie Plante a qualifié de « tronçon ouest de la ligne rose » – et du prolongement de la ligne orange du métro jusqu’à Bois-Franc.

« On nous a proposé souvent de beaux projets. Mais est-ce qu’on peut terminer ceux qui sont là ? », a lancé M. Coderre, qui compte aussi parmi ses chevaux de bataille le parachèvement du boulevard Cavendish pour réduire la congestion routière sur le boulevard Décarie et faciliter le développement du site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets.

« C’est un projet qui aurait pu facilement aller de l’avant, mais en quatre ans [de Projet Montréal], on n’a rien vu », a déploré M. DeSousa, sur ce point.

Ensemble Montréal, qui promet la gratuité du transport en commun pour les Montréalais de 65 ans et plus, s’engage d’autre part à créer une « Charte d’engagement de la qualité » de la STM. Celle-ci déterminerait des critères en matière de sécurité, de ponctualité et de propreté du réseau du métro et bus que l’organisme de transport serait contraint de respecter.

« Afin d’inciter les citoyens et les citoyennes à utiliser le transport en commun, il faut que le réseau leur fasse envie. En ce sens, le confort, la propreté, la sécurité et la ponctualité dans l’offre de service sont essentiels », a indiqué le candidat au poste de conseiller du district de Loyola, dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Gabriel Retta. Ce dernier promet d’ailleurs que le rythme de nettoyage accru du réseau de bus et de métro, depuis le début de la pandémie, sera maintenu de façon durable si la formation de Denis Coderre prend le pouvoir le mois prochain.

Ensemble Montréal promet d’autre part de permettre le paiement par téléphone intelligent aux bornes du métro et par carte bancaire dans les autobus de la STM. Des mesures qui sont déjà « étudiées » actuellement par la Ville et l’organisme de transport, rétorque Éric Alan Caldwell qui ne voit ainsi « rien de neuf » dans le plan de mobilité de Denis Coderre.

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