Projet Montréal dévoile son plan pour les familles

«C’est de l’argent que les familles pourront mettre ailleurs», notamment en investissant dans les commerces locaux, a fait valoir Valérie Plante jeudi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «C’est de l’argent que les familles pourront mettre ailleurs», notamment en investissant dans les commerces locaux, a fait valoir Valérie Plante jeudi.

La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, s’engage à réduire de moitié le coût du transport en commun pour les 12 à 17 ans, en plus de permettre aux jeunes d’accéder gratuitement à plusieurs musées de la métropole. Elle compte aussi répondre au besoin criant de nouveaux centres de la petite enfance (CPE) dans plusieurs quartiers, si l’aide de Québec est au rendez-vous.

Les enfants âgés de 12 à 17 ans bénéficient déjà d’un tarif mensuel limité à 54 $ pour l’utilisation des services de bus et de métro de la Société de transport de Montréal (STM). Si elle est reportée au pouvoir en novembre, Mme Plante s’engage cependant à couper de moitié le coût de la passe mensuelle pour cette tranche d’âge, le faisant ainsi passer à 27 $ d’ici « la rentrée 2023 », tandis que la facture pour un passage unique passerait de 2,50 $ à 1,25 $.

« Pour une famille avec deux ados – ça, c’est mon cas, par exemple – ça représente une économie de 648 $ par année. Et ça, c’est de l’argent que les familles pourront mettre ailleurs », notamment en dépensant dans les commerces locaux, a fait valoir la mairesse jeudi matin, lors d’une conférence de presse tenue dans le quartier Parc-Extension.

La cheffe de Projet Montréal, qui évalue le coût de cette mesure à 20 millions de dollars annuellement, devra toutefois obtenir l’aval de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) avant d’aller de l’avant avec cette mesure, si elle est réélue. « On s’engage à faire les négociations tout de suite [après les élections] », a assuré Mme Plante.

Les enfants de 11 ans et moins n’ont, pour leur part, déjà plus à payer pour utiliser le transport collectif de la métropole, à condition qu’ils soient accompagnés d’une personne de 14 ans et plus qui dispose d’un titre valide.

Plus de CPE

La candidate, advenant sa réélection, compte d’ailleurs travailler avec Québec pour faciliter l’arrivée de centres de la petite enfance (CPE) à différents endroits de la métropole, notamment afin de mettre fin à certaines iniquités territoriales en la matière.

« Ce qu’on veut, c’est vraiment de pouvoir soutenir la création de CPE dans les différents milieux de vie. Et à cet égard, on voit des disparités. Dans certains quartiers de Montréal, il y en a plus de CPE, dans certains autres, il y en a moins », a souligné Mme Plante, qui estime notamment que le nombre de places en garderie est « insuffisant » dans le quartier Parc-Extension.

Ainsi, tout en reconnaissant que la création de places en garderies subventionnées relève du gouvernement provincial, Mme Plante estime que la Ville peut jouer un rôle en autorisant l’aménagement de CPE dans des bâtiments municipaux excédentaires. Projet Montréal propose aussi de profiter des démarches de planification urbaine de nouveaux quartiers en cours, notamment dans le secteur Louvain Est et sur le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets, pour y prévoir l’inclusion de CPE, aux côtés d’espaces verts et d’écoles.

« On doit éviter de se retrouver à créer de nouveaux quartiers où on ne se retrouve pas dans des conditions gagnantes pour retenir les familles », a fait valoir la cheffe.

Projet Montréal soulève d’autre part la possibilité que les terrains privés sur lesquels elle s’est donné la priorité d’achat dans différents arrondissements de Montréal par le biais du droit de préemption puissent un jour accueillir non seulement des logements sociaux, mais aussi des CPE. Une idée que salue l’organisatrice communautaire du Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), Amy Darwish, tout en demandant des comptes à la Ville.

« Le droit de préemption, c’est un outil utile. On a déjà vu quelques acquisitions pour le logement social dans le quartier. Mais il faut absolument que l’administration aille plus loin », a-t-elle réagi au Devoir, en marge de cet événement. La Ville, souligne-t-elle, tarde à acquérir plusieurs terrains sur lesquels elle s’est dotée de son droit de préemption dans l’arrondissement. Or, les besoins sont criants pour plus de logements sociaux dans ce quartier en plein embourgeoisement, a-t-elle enchaîné.

Des musées gratuits

Valérie Plante promet d’autre part d’offrir, d’ici 2023, un accès gratuit pour les jeunes de 17 ans et moins aux musées qui sont sous l’égide de la Ville de Montréal. Parmi ceux-ci, on retrouve les installations d’Espace pour la vie et le musée Pointe-à-Callière, entre autres. Selon Mme Plante, cette mesure coûterait 2,5 millions de dollars par année.

« Les mesures qu’on annonce aujourd’hui vont vraiment venir soutenir les familles de notre arrondissement », a conclu la candidate de Projet Montréal à la mairie de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Laurence Lavigne Lalonde. Cette dernière s’oppose d’ailleurs à deux anciens élus de Projet Montréal dans cette course, soit l’actuelle mairesse — indépendante — Giuliana Fumagalli, qui a fondé son propre parti, et Guillaume Lavoie, qui se présente cette fois sous la bannière d’Ensemble Montréal.

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