Deux visions divergentes pour faire rayonner Montréal

Valérie Plante et Denis Coderre se sont retrouvés sur la même scène, mercredi midi, pour parler du rayonnement de Montréal à l’étranger, à l’invitation du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Si Valérie Plante mise sur la transition écologique pour rendre la ville attrayante pour les investisseurs, Denis Coderre a plutôt insisté sur l’importance de la diplomatie et du rôle du maire comme ambassadeur. Tous deux se sont toutefois montrés réticents à une candidature de Montréal et de Toronto pour la tenue des Jeux olympiques.

La rencontre animée par le directeur du Devoir, Brian Myles, ne se prêtait pas aux confrontations directes entre les deux adversaires. Ils disposaient chacun d’un temps de parole prédéterminé pour faire valoir leur point de vue sur les thèmes comme l’attractivité de Montréal, l’enseignement supérieur, la place des immigrants dans l’économie, la langue française et les grands événements.

La question des Jeux olympiques a fait sourciller l’assistance. Questionnée sur son éventuel appui à une alliance entre Montréal et Toronto pour la tenue des Jeux, Valérie Plante a montré une certaine ouverture à un tel projet devant l’auditoire. « Ce genre d’événement là, c’est enthousiasmant de prime abord. On aime l’idée de recevoir un grand événement comme celui-là. […] Moi, je veux avoir les détails du financement et savoir comment ça va fonctionner. De prime abord, oui. »

La réponse de son adversaire a été beaucoup plus tranchée : « Non, pas du tout », a lancé Denis Coderre. « On a déjà donné. Je pense qu’on devrait miser sur une stratégie d’événements internationaux. Il y a des grands championnats du monde qu’on pourrait avoir. »

Quelques minutes plus tard, la mairesse a cependant rejeté l’idée d’accueillir des Jeux olympiques, lorsqu’elle a été interrogée par les journalistes en point de presse. « Je vais fermer la porte à ça tout de suite. Les événements internationaux, c’est toujours intéressant et il faut les étudier. […] J’ai répondu parce que, moi, j’aime les Jeux olympiques, mais ce n’est pas dans cette direction que je veux amener Montréal », a-t-elle expliqué.

Visions différentes

Questionné sur le type d’industries que Montréal devrait attirer, Denis Coderre a mentionné l’intelligence artificielle et la cybersécurité comme des secteurs aussi prometteurs qu’essentiels. Valérie Plante a notamment évoqué les entreprises liées à la mobilité durable, l’électrification des transports et les entreprises créatives.

Les priorités des deux candidats ? Valérie Plante a énuméré l’agrandissement du Palais des congrès, les grands projets de transport collectif comme la ligne bleue ou le Réseau express métropolitain (REM), ainsi que la transition écologique avec la création du Grand parc de l’Ouest et celui de l’Est qu’elle a récemment promis.

Denis Coderre a souligné la nécessité d’infrastructures de qualité, avec notamment le Parc olympique et le Vieux-Port, qu’il souhaite rapatrier, de même que l’importance des relations internationales avec un maire qui agit comme « catalyseur ». « Ce n’est pas qui tu es, mais qui tu connais », a-t-il répété à plus d’une occasion. Il a aussi mentionné l’importance de retenir à Montréal les organisations internationales comme l’Agence mondiale antidopage et l’Association du transport aérien international (IATA), qu’il craint de voir partir. « Il faut que la Ville ne se comporte pas comme un village, mais comme une métropole. »

L’aspirant maire en a aussi profité pour lancer quelques flèches à l’intention de son adversaire. « Si on veut recevoir la visite, il faut commencer par faire le ménage. Quand tu arrives à Montréal, assurez-vous donc que ce soit propre. […] J’aime beaucoup Beyrouth, mais je ne veux pas toujours lui ressembler. »

Valérie Plante a qualifié cette comparaison d’« insultante pour le peuple libanais ». Elle a aussi reproché à son adversaire de faire inutilement étalage de l’étendue de son réseau de contacts. « La différence, c’est que je ne fais pas du name dropping pour montrer que je parle à des gens », a-t-elle dit.

La mairesse a aussi rappelé que lorsqu’elle avait pris la parole lors du sommet des Nations unies sur le climat en 2019, Montréal était alors la seule ville invitée à cette prestigieuse tribune. « Montréal se démarque à l’étranger parce que, maintenant, on est une des villes modèles en Amérique du Nord en termes d’action pour la résilience écologique. »

Bien que neuf candidats soient maintenant dans la course à la mairie de Montréal, seuls Valérie Plante et Denis Coderre ont été invités au débat du CORIM. La semaine dernière, Balarama Holness et Marc-Antoine Desjardins s’étaient d’ailleurs plaints de ne pas y avoir été invités. Le CORIM avait toutefois déterminé que pour participer à leur débat, les candidats à la mairie devaient pouvoir compter sur plus de 10 % des intentions de vote.

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