Denis Coderre propose de retirer la clôture entre Mont-Royal et Parc-Extension

«Cette clôture-là est devenue un symbole qui éveille énormément de sentiments négatifs qui sont ni bienvenus pour les uns ni pour les autres», a soutenu Guillaume Lavoie, candidat à la mairie de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour le parti de Denis Coderre.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Cette clôture-là est devenue un symbole qui éveille énormément de sentiments négatifs qui sont ni bienvenus pour les uns ni pour les autres», a soutenu Guillaume Lavoie, candidat à la mairie de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour le parti de Denis Coderre.

Denis Coderre propose de retirer la clôture qui sépare la ville de Mont-Royal du quartier montréalais Parc-Extension et de transformer le boulevard de l’Acadie en boulevard urbain. La disparition de cette clôture pourrait améliorer les relations entre les deux villes, croit le candidat à la mairie de Montréal et chef d’Ensemble Montréal.

La clôture en question appartient cependant à la Ville de Mont-Royal (une ville liée) et Montréal ne pourrait la retirer comme bon lui semble. « Cette clôture-là est devenue un symbole qui éveille énormément de sentiments négatifs qui sont ni bienvenus pour les uns ni pour les autres », a soutenu Guillaume Lavoie, candidat à la mairie de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour Ensemble Montréal. « Le projet n’est pas d’agir contre Ville Mont-Royal, mais avec eux. Je soupçonne que Ville Mont-Royal sera très heureuse du réaménagement proposé. »

M. Lavoie dit avoir eu des discussions sur ce dossier avec l’actuel maire de la Ville de Mont-Royal, Philippe Roy, avant que celui-ci annonce, en mars dernier, son retrait de la vie politique au terme de son mandat en novembre prochain. Le plan d’Ensemble Montréal prévoit notamment le verdissement de l’artère pour éliminer les îlots de chaleur et une réduction de la vitesse de la circulation.

Dialogue possible

Joint par Le Devoir, Philippe Roy confirme avoir abordé le sujet avec le candidat d’Ensemble Montréal. « Il y a une raison pour laquelle cette clôture est là. C’est le résultat de la présence du boulevard de l’Acadie à six voies où il y a du transport lourd, du camionnage et du bruit », rappelle-t-il, en évoquant la présence d’habitations de part et d’autre de l’artère.

Il explique avoir également eu des discussions à ce sujet avec Anie Samson, ex-mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, en 2017, de même qu’avec l’élue qui lui a succédé, Giuliana Fumagalli. Même s’il ne sollicitera pas un autre mandat, M. Roy croit que le retrait de la clôture est envisageable. « Notre attitude, c’est qu’on ne va pas se battre pour garder la clôture, s’il y a un projet de réaménagement de l’Acadie plus vert et plus sensé. »

La clôture de deux kilomètres avait été érigée en 1960 à la suite de l’élargissement du boulevard de l’Acadie. Jusqu’en 2002, la Ville de Mont-Royal verrouillait plusieurs des cinq portes le soir de l’Halloween, empêchant ainsi les enfants d’aller chercher des bonbons chez les résidents plus fortunés de Mont-Royal.

La candidate à la mairie de Mont-Royal, Michelle Setlakwe, a dit se réjouir de l’engagement de Denis Coderre concernant le verdissement du secteur. « La Ville de Mont-Royal demande des améliorations au boulevard de l’Acadie depuis des années : réduction de la largeur, ajout d’une piste cyclable, etc. Comme mairesse, je serais disposée à engager des discussions avec Montréal dans une variété de dossiers qui touchent à la qualité de vie de tous les résidents de l’île de Montréal », a-t-elle indiqué dans un courriel.

Mme Setlakwe semble cependant moins pressée de retirer la clôture, qui appartient à la Ville de Mont-Royal. « Notre Ville est accueillante, les portes d’accès sont toujours ouvertes », a-t-elle signalé.

De son côté, Valérie Plante a salué la proposition de son adversaire à la mairie de Montréal. « Je serai toujours ravie que des candidats proposent des idées pour verdir. C’est évident. Mais est-ce que c’est un réveil tardif ? Oui », a-t-elle ironisé. La chef de Projet Montréal en a profité pour rappeler que lorsque Denis Coderre était au pouvoir, son administration avait fait couper 1000 arbres sur l’île Sainte-Hélène et asséché une partie d’un bassin afin de construire un « amphithéâtre de béton colossal » au coût de 73 millions de dollars.

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