Le SPVM veut être davantage à l’image de la population montréalaise

À l’heure actuelle, les minorités visibles constituent 8,21% des employés du SPVM. Or, elles représentent 33% de la population montréalaise.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne À l’heure actuelle, les minorités visibles constituent 8,21% des employés du SPVM. Or, elles représentent 33% de la population montréalaise.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) cherche à recruter des personnes issues des communautés culturelles pour être davantage à l’image de la population qu’il dessert.

Dans un contexte où les appels à « définancer la police » se font entendre et où le lien de confiance est rompu dans certaines communautés, ceci ne s’avère pas une mince tâche.

À l’heure actuelle, les minorités visibles constituent 8,21 % des employés du SPVM. Or, elles représentent 33 % de la population montréalaise, soit le tiers. En ce qui concerne les minorités ethniques, 13 % des employés du SPVM se déclarent issus de ce groupe.

Pour changer la donne, le corps de police a travaillé de pair avec son département des ressources humaines ces deux dernières années pour élaborer un plan visant à favoriser l’embauche de personnes autochtones et issues de la diversité, a-t-il annoncé lundi en vidéoconférence.

La chef de division des ressources humaines, Marie-Claude Fradette, a expliqué que le recrutement est important, mais ce qui l’est plus encore est d’offrir un environnement inclusif pour que les recrues puissent évoluer, progresser et demeurer au sein du SPVM.

L’inspecteur Miguël Alston, ancien chef du poste de quartier de Montréal-Nord et aujourd’hui responsable de l’attraction et de la rétention de la main-d’œuvre diversifiée, abonde dans le même sens. Il ajoute qu’il est important d’avoir « une stratégie globale en diversité et inclusion » et qu’elle doit être appuyée par la direction.

C’est d’ailleurs grâce au soutien de la direction que le service de police a pu mener des enquêtes internes, questionner des policiers issus de la diversité récemment embauchés et des partenaires communautaires comme le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) pour orienter les pistes de solutions.

Se basant également sur de bonnes pratiques observées dans les corps policiers à Vancouver, à Londres et en Nouvelle-Zélande, entre autres, le SPVM a multiplié sa participation aux activités communautaires et sportives, des festivals et des fêtes de quartier pour se rapprocher des différentes communautés de la métropole et attirer de futurs policiers.

Changer l’image de la police

Parce que s’il y a un élément majeur qui fait obstacle au recrutement auprès des minorités ethnoculturelles, c’est d’abord l’image de la police, a rappelé M. Alston.

« Il faut changer cette image et donner un côté humain à la police. Montrer sa diversité et ses exemples de réussites aussi », a-t-il ajouté.

Comme celui de Farah Ben Osmane fuyant l’Algérie pour s’installer au Québec. De réfugiée politique elle est devenue policière ainsi qu’un modèle pour des jeunes qui voient peut-être pour la première fois une femme maghrébine au sein des forces de l’ordre.

Le SPVM est d’avis qu’il faut intéresser les jeunes au métier le plus tôt possible, dès le secondaire et même le primaire, avec des tournées de policiers dans les écoles ou des activités de jumelage, par exemple.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse canadienne pour les nouvelles.

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