L’embauche d’Alain Babineau dénoncée par la Fraternité des policiers de Montréal

L’ancien policier de la GRC agira comme conseiller attaché au SPVM sur les questions de racisme et de discrimination.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir L’ancien policier de la GRC agira comme conseiller attaché au SPVM sur les questions de racisme et de discrimination.

La commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques de la Ville de Montréal, Bochra Manaï, a nommé l’ancien policier de la GRC Alain Babineau au poste de conseiller au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Cette nomination fait sourciller la Fraternité des policiers de Montréal, qui lui reproche son militantisme et ses propos critiques envers les policiers.

Dans un message envoyé à ses membres mercredi, le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, reproche à Bochra Manaï d’avoir arrêté son choix sur M. Babineau. M. Francœur souligne que M. Babineau est un « militant » et qu’il a travaillé pour le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), un « organisme dont l’une des spécialités est d’accuser les policiers et policières de profilage racial dans les médias ».

« Il y a quelques mois, M. Babineau déclarait qu’il pouvait repérer un cas de profilage racial à l’odorat, une image inappropriée dans le contexte de dossiers souvent aussi sensibles que complexes », écrit M. Francœur dans sa missive aux membres de la Fraternité.

Selon lui, un « militant plaidant dans les médias contre les policiers et policières est mal placé pour susciter l’adhésion », et une plus grande impartialité aurait été requise pour ce poste. Récemment, M. Babineau a représenté des personnes ayant déposé des plaintes en déontologie et a aidé les plaignants contre des policiers, souligne M. Francœur.

En janvier dernier, la nomination de Bochra Manaï au poste de commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques avait suscité de nombreuses critiques. On lui reprochait notamment son association avec le Conseil national des musulmans canadiens, qui avait contesté la Loi sur la laïcité de l’État en 2019. François Legault avait déploré cette nomination.

Le Devoir a sollicité une entrevue avec Bochra Manaï, mais la Ville de Montréal a décliné notre demande. Dans un courriel, cette dernière se limite à dire que Mme Manaï a été embauchée à la suite d’un processus d’embauche « rigoureux » et qu’elle s’est entourée de « personnes expérimentées et aux parcours exceptionnels ».

On souligne que la commissaire a rencontré les différentes unités administratives de la Ville, parmi lesquelles le SPVM et les arrondissements, en vue d’une transformation organisationnelle jugée nécessaire. « Depuis janvier, le dialogue se fait dans un esprit d’écoute, de respect et de collaboration afin d’assurer la représentativité de la diversité de la population montréalaise au sein de l’administration municipale », soutient la Ville.

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