Québec met sur pied un comité d’experts pour le REM de l’Est

Le mandat du comité sera de faire des recommandations à CDPQ Infra sur l’ensemble du projet de REM de l’Est et pas uniquement sur le controversé tronçon aérien qui surplombera le boulevard René-Lévesque au centre-ville. Les membres du comité seront rémunérés.
Photo: CDPQ-Infra Le mandat du comité sera de faire des recommandations à CDPQ Infra sur l’ensemble du projet de REM de l’Est et pas uniquement sur le controversé tronçon aérien qui surplombera le boulevard René-Lévesque au centre-ville. Les membres du comité seront rémunérés.

Québec et CDPQ Infra ont mis sur pied un comité d’experts de 15 personnes pour les épauler dans la réalisation du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est et calmer les appréhensions quant à son intégration architecturale tout le long du tracé, notamment dans le centre-ville. Ce comité bénéficiera de « toute la latitude requise », a assuré sa présidente, Maud Cohen, ingénieure et présidente de la Fondation du CHU Sainte-Justine.

Québec a fait aussi appel à l’architecte français Jean-Paul Viguier. De renommée internationale, il est le concepteur de plusieurs grands projets en Europe, parmi lesquels le pavillon de la France à l’exposition universelle de Séville en 1992.

Le comité comptera aussi dans ses rangs les architectes Ken Greenberg, ancien directeur du service d’urbanisme de la Ville de Toronto et auteur de Toronto Reborn, Éric Gauthier, de FABG, qui a signé plusieurs projets parmi lesquels le réaménagement du Monument-National et de la Biosphère, ainsi qu’Éric Millette, consultant en conservation et en intégration architecturale.

À eux s’ajoutent des représentants du milieu des affaires et de la société civile tels que Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus, Marie Elaine Farley, présidente de la Chambre de la sécurité financière, Monique Simard, ex-patronne de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et Christian Savard, directeur général de Vivre en ville.

« C’est un regard multidisciplinaire qui va nous permettre de faire exploser les possibilités, d’ouvrir les œillères pour voir ce qui se fait de mieux à l’international, parce qu’il y a de très belles choses qui se font », a expliqué Maud Cohen.

Un « projet signature »

La ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, a promis que les structures aériennes du REM de l’Est ne ressembleraient pas à celles, massives, de la première phase du projet, qui relie Brossard à l’ouest de l’île de Montréal. « C’est réellement un projet signature », a-t-elle assuré. « Nous sommes très sensibles aux préoccupations. »

Ce sera d’ailleurs la mission du comité d’experts de faire des recommandations à CDPQ Infra sur l’intégration architecturale et urbanistique de l’ensemble du projet. Le vice-président de CDPQ Infra, Harout Chitilian, a par ailleurs confirmé que la firme d’urbanisme Lemay avait été recrutée pour réaliser la conception architecturale du projet et travaillera en étroite collaboration avec le comité aviseur. La firme prend ainsi la relève de Daoust Lestage Lizotte Stecker et de STGM, qui avaient claqué la porte en début d’année. Les plans prescriptifs réalisés par Lemay seront imposés aux soumissionnaires dans le cadre du processus d’appel d’offres pour le contrat de construction, a-t-il rappelé.

CDPQ Infra a aussi confirmé que le dernier kilomètre en direction de Montréal-Nord serait construit en souterrain. « C’est tout à fait normal qu’un projet de cette envergure évolue dans sa phase de planification détaillée qui, en passant, va se dérouler sur trois ans », a soutenu M. Chitilian.

CDPQ Infra a déjà rejeté toute possibilité que le REM de l’Est soit construit en souterrain au centre-ville compte tenu des risques, mais les études qui ont mené à cette décision ne seront pas dévoilées avant les consultations publiques, qui doivent débuter la semaine prochaine. Elles seront toutefois remises aux membres du comité aviseur et rendues publiques par la suite, avant les audiences du BAPE prévues pour le début de 2022.

La mairesse Valérie Plante semble s’être résignée à l’idée d’un REM aérien au-dessus du boulevard René-Lévesque. En janvier dernier, son administration avait fait adopter par le conseil municipal une résolution demandant au gouvernement d’étudier un scénario qui permettrait la construction en souterrain du futur train sous le boulevard René-Lévesque. Mardi, elle a indiqué que CDPQ Infra avait accepté plusieurs des demandes de la Ville, soit la tenue de consultations publiques, la création d’un comité aviseur et la divulgation des études. « Depuis le départ, je dis que ce projet doit se faire. Le REM de l’Est est fondamental pour le redéveloppement de l’Est de l’île, a-t-elle dit. C’est important de poser des questions. […] Je trouve qu’on va dans la bonne direction. »

Les membres du comité aviseur

  • Maud Cohen, présidente de la Fondation du CHU Sainte-Justine ;
  • Jean-Paul Viguier, architecte, Jean-Paul Viguier architecture ;
  • Ken Greenberg, architecte, Greenberg Consultants ;
  • Éric Gauthier, architecte, FABG ;
  • Éric Millette, Contexture ;
  • Paula Negron-Poblete, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal ;
  • Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus ;
  • Marie Elaine Farley, présidente et chef de la direction chez Chambre de la sécurité financière ;
  • Stéphanie Trudeau, vice-présidente exécutive chez Énergir ;
  • Monique Simard, ex-présidente de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) ;
  • Lindsay Daudier, directrice générale de Fusion jeunesse ;
  • Christian Savard, directeur général de Vivre en ville ;
  • Mouna Andraos, directrice générale par intérim de la Société des arts technologique (SAT) ;
  • Frédérick Bouthillette, sous-ministre aux projets stratégiques de transport collectif et ferroviaire au gouvernement du Québec ;
  • Luc Gagnon, directeur de Service de l’urbanisme et mobilité à la Ville de Montréal.

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