Sue Montgomery plaide qu’elle ne pouvait agir sans preuves

La mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery

Si Sue Montgomery n’a pas agi à la suite des allégations de harcèlement psychologique qu’aurait fait vivre un membre de son personnel à deux autres employés, c’est qu’elle n’avait pas de preuves de comportements répréhensibles, a-t-elle fait valoir, vendredi, lors de son contre-interrogatoire devant la Commission municipale du Québec (CMQ).

La mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce a été questionnée par l’avocat de la Direction du contentieux et des enquêtes de la CMQ sur sa réaction à l’enquête du département des Ressources humaines de la Ville qui, en décembre 2019, avait conclu à l’existence de harcèlement psychologique de la part d’une personne à son emploi.

Jeudi, lors de son témoignage principal, Mme Montgomery avait relaté que le contrôleur général, Me Alain Bond, lui avait signalé que si elle n’agissait pas à la suite des allégations de harcèlement psychologique, elle se retrouverait devant un tribunal. Sauf que, dit-elle, très peu d’informations lui ont été données sur les reproches allégués. « Et Me Bond n’a pas spécifié ce que je devais faire, a-t-elle dit. Comment puis-je réagir à quelque chose dont je n’ai pas les détails et aucune instruction sur ce que je dois faire ? »

Pour elle, cette « menace » de Me Bond allait au moins mettre le dossier sur la place publique et lui permettre de voir le contenu du rapport d’enquête.

Sans détenir une expertise spécifique en matière de harcèlement, Sue Montgomery estime qu’elle en connaît suffisamment pour juger de la situation. « J’ai lu beaucoup sur ce sujet. J’ai été moi-même victime de harcèlement criminel — un dossier qui est devant les tribunaux. J’ai une expérience de travail de 40 ans. Comme journaliste, j’ai couvert ce sujet. Je crois que je connais la différence entre des conflits de personnalités ou des enjeux de relations entre collègues et le harcèlement », a-t-elle expliqué au tribunal.

Tentative de congédiement

L’élue est revenue sur le cas d’une présumée victime de harcèlement a qui elle avait signifié un avis de congédiement car celle-ci ne se présentait plus au travail sur ordre du contrôleur général. Mme Montgomery a fait valoir que cette personne continuait de recevoir son plein salaire, payé par son bureau, et qu’elle-même souhaitait revenir au travail, mais en était empêchée par le contrôleur général.

« J’étais donc dans une situation ridicule où je devais congédier cette personne », a soutenu Mme Montgomery. L’élue n’a cependant pas réussi à mettre l’employé à la porte. Quelques mois plus tard, elle a appris que celui-ci avait été transféré dans un autre arrondissement.

Sue Montgomery a soutenu qu’elle avait le pouvoir de congédier les employés de son bureau puisqu’elle les embauchait, leur donnait des contrats et les payait.

Rappelons que Sue Montgomery doit se défendre de manquements en déontologie devant la Commission municipale du Québec pour ne pas avoir maintenu un climat de travail exempt de harcèlement, pour conflit d’intérêts et pour divulgation d’informations confidentielles. Jeudi, le juge Alain R. Roy a annoncé le retrait de trois chefs de manquements portés contre Mme Montgomery en raison de l’absence de preuves pour les appuyer.

La présentation de la preuve est terminée devant la CMQ et les plaidoiries auront lieu mardi prochain.