Les débardeurs du Port de Montréal en grève générale illimitée dès lundi

<p>À moins d’un revirement de dernière minute, les 1150 débardeurs cesseront de travailler dès lundi à 7h, ce qui aurait pour effet de paralyser le port.</p>
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

À moins d’un revirement de dernière minute, les 1150 débardeurs cesseront de travailler dès lundi à 7h, ce qui aurait pour effet de paralyser le port.

L’escalade de tension vient de franchir une nouvelle étape au port de Montréal, alors que le syndicat des débardeurs a envoyé vendredi un préavis de grève générale illimitée de 72 heures à l’Association des employeurs maritimes (AEM).

À moins d’un revirement de dernière minute, les 1150 débardeurs cesseront de travailler dès lundi à 7 h, ce qui aurait pour effet de paralyser le port.

À partir de ce moment, le syndicat affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affirme que les débardeurs seront en grève légale.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a appelé sur Twitter le gouvernement fédéral à « intervenir rapidement », sans préciser ce qu’il souhaite exactement.

« Le @PortMTL est un service public stratégique pour la relance de notre économie, a-t-il noté. Ce n’est pas le temps de le paralyser avec une grève. Nos entreprises ont déjà assez souffert de ce conflit de travail. »

Son collègue des Transports, François Bonnardel, s’est dit « très préoccupé » des impacts de cette grève sur la chaîne d’approvisionnement et a noté que « l’économie québécoise ne peut se permettre que ce conflit de travail perdure ».

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique a réclamé que le gouvernement Trudeau défende les droits des travailleurs et lui a demandé de ne pas déposer de projet de loi forçant le retour au travail.

« Ottawa a déjà laissé entendre qu’une telle loi était dans les cartons ; rien de surprenant venant des libéraux, qui n’ont à cœur que l’intérêt des plus riches », a affirmé Alexandre Boulerice, le chef adjoint du NPD.

Michel Leblanc, le p.-d.g. de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a pour sa part estimé que « le syndicat prend l’économie en otage », une situation qu’il estime être « totalement irresponsable et inacceptable ». Il réclame que le gouvernement impose le maintien des activités.

Dans ce concert du monde des affaires, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a également estimé que la grève sera « très dommageable ». Son vice-président pour le Québec a affirmé que 53 % des PME québécoises croient qu’une grève au port de Montréal aurait des répercussions sur leurs entreprises et que 72 % demandent aux élus d’« agir ».

Les débardeurs, qui mènent une grève des heures supplémentaires et qui font une grève le week-end depuis les 17 et 18 avril, disent répliquer à une modification de leurs quarts de travail que veut leur imposer dès lundi leur employeur.

Dans une déclaration écrite, l’Association des employeurs maritimes a confirmé avoir reçu le préavis de grève et a insisté sur le fait que l’utilisation des horaires dits à quart figure dans la convention collective et qu’elle est « nécessaire pour pallier certaines conséquences de la grève actuelle ».

« Nous sommes déçus de la décision de l’exécutif syndical d’entamer une grève générale illimitée alors que la fluidité de la chaîne logistique est essentielle à la relance économique. L’AEM examine actuellement ses options et souhaite un règlement rapide. »

Les débardeurs du port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018. Ils avaient déclenché une première grève l’été dernier, qui avait pris fin par une trêve qui a duré sept mois.

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