Montréal compte interdire la circulation automobile dans le parc Jean-Drapeau

Le plan directeur d’aménagement du parc Jean-Drapeau est le fruit d’un travail de longue haleine. En 2018, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) avait tenu plusieurs séances de consultation en prévision de son élaboration.
Photo: Pierre Lahoud Le plan directeur d’aménagement du parc Jean-Drapeau est le fruit d’un travail de longue haleine. En 2018, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) avait tenu plusieurs séances de consultation en prévision de son élaboration.

Le parc Jean-Drapeau sera verdi, le nombre de places de stationnement sur les deux îles sera considérablement réduit et la circulation automobile y sera interdite, a appris Le Devoir. Avec le plan directeur de conservation, d’aménagement et de développement du parc Jean-Drapeau, qui sera dévoilé mercredi par Valérie Plante, la Ville de Montréal entend mettre en valeur le caractère naturel et patrimonial de cet espace vert au cœur de la métropole.

Le plan, qui s’échelonne jusqu’en 2030, prévoit notamment l’aménagement d’une promenade riveraine s’étendant sur 900 mètres entre le débarcadère de la navette fluviale de l’île Sainte-Hélène, la plaine des Jeux et le mont Boullé.

Le document résumant les grandes lignes du plan, que Le Devoir a pu consulter, comporte de nouveaux éléments destinés à mettre en valeur les attraits naturels et paysagers du parc de 206 hectares qui regroupe les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame. Le document évoque ainsi le concept de « passerelles signatures ». La passerelle du cosmos, qui relie les deux îles, est d’ailleurs qualifiée d’« élément majeur » du parc et servira à la fois d’axe piétonnier, de corridor vert et de place publique.

Accès au fleuve

Le plan précise que l’ancien site du théâtre des Lilas sera réaménagé et doté de canaux navigables. En bordure du circuit Gilles-Villeneuve, la Ville prévoit entre autres l’aménagement de marais filtrants. La plaine des Jeux sera pour sa part destinée aux rassemblements pour la pratique de sports non organisés et d’autres activités libres. Le plan vise aussi à favoriser l’accès au fleuve et des aménagements spécifiques seront réalisés en rive, notamment derrière la place des Nations.

Certains aménagements sont déjà connus, comme celui de la place des Nations, pour laquelle le comité exécutif a récemment approuvé des investissements de 75 millions de dollars. Le document mentionne aussi des éléments existants, comme l’amphithéâtre naturel construit par l’administration Coderre au coût de 73 millions de dollars pour accueillir des spectacles, ainsi que les paddocks du circuit Gilles-Villeneuve érigés pour le Grand Prix de Formule 1 au coût de près de 60 millions de dollars.

Avec ce plan, la Ville entend supprimer la majorité des places de stationnement et éliminer la circulation automobile dans le parc. Seuls les autobus, les véhicules d’entretien et les camions de livraison pourront circuler sur les deux îles. Le document évoque aussi la construction d’un édifice multifonctionnel qui accueillera des garages et des ateliers de réparation, ainsi que des bureaux administratifs pour La Ronde et le parc Jean-Drapeau.

Divergences de visions

Le plan directeur d’aménagement du parc Jean-Drapeau est le fruit d’un travail de longue haleine. En 2018, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) avait tenu plusieurs séances de consultation en prévision de son élaboration. Ces consultations avaient mis en relief les divergences d’opinions quant à la vocation du site. À l’époque, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain avait insisté sur l’importance des attraits événementiels du parc et sur la nécessité d’augmenter l’offre commerciale sur le site afin que le parc devienne « le terrain de jeu de la métropole ».

L’OCPM avait plutôt conclu que le parc Jean-Drapeau devait retrouver sa vocation de grand parc urbain et que son caractère naturel et ses espaces verts devaient être mis en valeur. Il recommandait aussi que la Ville y favorise les transports actifs et réduise l’espace consacré aux stationnements. L’OCPM notait d’ailleurs que l’occupation par les festivals et les spectacles d’espaces importants dans le parc avaient des conséquences environnementales non négligeables et que leur présence causait des inconvénients importants aux autres usagers du parc.

 

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